jeudi, février 2, 2023
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Une solution pour la crise d’Achraf

Le transfert des résidents du camp d’Achraf vers des pays tiers, en Europe et en Amérique du Nord, est la seule réponse, déclare l’eurodéputé Struan Stevenson.

Public Service Europe, 6 juillet – Le 8 avril, un massacre brutal a eu lieu au camp d’Achraf, en Irak du nord, où vivent depuis les 20 dernières années plus de 3 400 opposants iraniens. Sous la pression incessante du gouvernement iranien, l’armée irakienne a envoyé cinq divisions de troupes lourdement armées avec des chars et des véhicules blindés pour faucher des hommes et des femmes sans armes dans un assaut brutal qui a choqué le monde civilisé.

En tant que chef de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak, je me suis rendu à Bagdad et à Erbil à la suite du massacre afin d’exprimer notre horreur au Président Talabani, au Président Barzani et aux hauts responsables du gouvernement. Malheureusement, le gouvernement irakien a rejeté notre demande de visiter Achraf afin de constater par nous même les conséquences de la tragédie.

Je demeure profondément préoccupé par la possibilité d’une nouvelle attaque meurtrière à tout moment, menant à un anéantissement, du type de Srebrenica, des réfugiés non-armés du camp. Il est apparu évident d’après nos discussions à Bagdad qu’une solution d’urgence devait être trouvée à la crise d’Achraf. Le représentant du Secrétaire général des Nations Unies en Irak m’a demandé de me mettre en contact avec les dirigeants des réfugiés d’Achraf à leur siège de Paris, afin d’examiner les possibilités éventuelles d’une résolution à long terme.

De retour en Europe suite à mon séjour en Irak, je me suis immédiatement rendu à Paris et j’ai passé cinq heures dans d’intenses discussions avec les dirigeants de l’opposition iranienne. Ensemble, nous avons élaboré un plan qui fournit la seule alternative viable à la violence et à un nouveau massacre. La solution propose le rapatriement des résidents d’Achraf vers des pays tiers en Europe et en Amérique du Nord, une fois la situation à Achraf normalisée. La solution a été considérée comme étant la seule viable et réaliste pour Achraf – elle a engrangé un vaste soutien aux États-Unis, en Irak et dans d’autres pays arabes de même que parmi les nations européennes et les résidents d’Achraf eux-mêmes.

Le plan requiert la participation active de l’ONU, des États-Unis et de l’Union Européenne. Il reconnait le droit à la souveraineté du gouvernement irakien sur son propre territoire. Mais il reconnait également le droit des 3 400 résidents non armés d’Achraf à la protection en vertu de la Convention de Genève. Le plan jette les bases des négociations engageant le gouvernement irakien et présente une proposition visant à réinstaller tous les réfugiés aux États-Unis, au Canada, en Norvège, en Suisse et dans les 27 États membres de l’UE – selon le lieu où ils ont déjà des relations, des liens ou des contacts familiaux.

Mais j’ai précisé, lors de toutes les discussions avec le gouvernement irakien, que nous ne sommes pas disposés à engager de négociations avec eux tant que quatre conditions préalables ne sont pas satisfaites. Premièrement, les forces militaires doivent se retirer du camp d’Achraf. Deuxièmement, le siège sur le camp qui se poursuit sans interruption depuis plus de deux ans, impliquant des centaines de haut-parleurs hurlant des menaces et de la propagande à puissant volume 24 heures sur 24 – ainsi que les interruptions de fournitures médicales vitales et d’approvisionnement en énergie et en eau – doivent cesser immédiatement. Troisièmement, une enquête indépendante doit être menée sur le massacre du 8 avril – afin d’en identifier les auteurs et de les traduire en justice. Et quatrièmement, ceux qui ont été grièvement blessés lors de l’attaque du 8 avril doivent se voir accorder un accès immédiat aux soins hospitaliers requis. En d’autres termes, le gouvernement irakien doit rétablir un environnement aussi proche de la normalité que possible à Achraf, avant que les négociations ne puissent débuter sur une résolution à long-terme de cette crise.

C’est seulement si ces conditions sont satisfaites que nous serons sûrs que les autorités irakiennes ont réellement l’intention d’apporter une conclusion positive à cette situation. Mais lors de cette période de transition, l’ONU devra prendre le contrôle de la sûreté et de la sécurité du camp, garantissant que les résidents reçoivent tous les vivres et toutes les fournitures médicales nécessaires. Dans le même temps, une commission sera constituée afin de faire avancer le plan – elle sera composée d’individus clés de l’Union Européenne, des États-Unis, de l’ONU et de la Ligue Arabe de même que de membres du gouvernement et du parlement irakiens, de résidents du camp d’Achraf et de membres du Conseil national de la Résistance iranienne.

La Baronne Ashton et le Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne, avec le Président des États-Unis et le Secrétaire général de l’ONU, doivent à présent soutenir cette solution et l’appuyer de tout leur poids afin d’assurer que les vies des 3 400 Iraniens soient sauvées et que l’Irak s’avance sur un chemin où le respect des droits de l’homme et l’état de droit prévalent, sur une terre trop longtemps plongée dans la violence.

Struan Stevenson est un eurodéputé conservateur écossais, il est président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak et président de l’intergroupe des Amis d’un  Iran Libre.

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