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Un représentant du CNRI : l’exigence d’un changement d’attitude manque à l’accord iranien (Jafarzadeh)

CNRI- Les garanties par le Président américain Barack Obama et son Secrétaire d’État John Kerry que l’accord nucléaire signé mardi va empêcher le régime iranien d’obtenir une arme nucléaire sont chimériques, a affirmé Alireza Jafarzadeh, le directeur adjoint du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI) aux États-Unis.

M. Jafarzadeh a fait ces remarques dans une interview pour Radio American Online ce mardi.

« D’abord, l’accord n’empêche pas le régime iranien d’avoir une capacité nucléaire militaire. Ensuite, en réalité il maintient et rend légitime la totalité de l’infrastructure nucléaire iranienne », a-t-il affirmé.

M. Jafarzadeh a analysé l’accord et beaucoup d’aspects le préoccupent, à commencer par combien il restreint réellement des activités de Téhéran.

« Il instaure un plafond pour les 10-15 prochaines années, mais il permet au régime de construire un programme nucléaire de taille industrielle avec très peu de limitations pour environ 10 ans. Il permet aussi au régime iranien de poursuivre son programme de recherche et de développement sur les centrifugeuses », a-t-il déclaré.

« L’on parle de centrifugeuses considérablement plus efficaces qui permettent au régime iranien d’en utiliser moins, dans un lieu caché, pour fournir les matières fissiles dont ils ont besoin pour la bombe », a affirmé M. Jafarzadeh.

Et les inspections ? M. Jafarzadeh assure qu’on ne peut pas compter là-dessus pour accomplir quoi que ce soit.

« L’accord ne prévoit pas un accès sans conditions de lieu ou de temps à des sites nucléaires et militaires. Il prévoit en gros ce qu’ils ont appelé un accès supervisé, sous des délais considérables, ce qui ôte complètement tout élément de surprise. Cela sape l’objectif-même des inspections intrusives», a-t-il affirmé.

L’accord ne prévoit rien non plus en ce qui concerne l’autorisation des inspections de plusieurs sites dont les officiels du régime iranien ont bloqué l’accès aux inspecteurs des Nations Unies.

Tandis que Jafarzadeh estime que l’accord est laxiste sur la vérification, il affirme que les concessions des États-Unis et de ses alliés sont quant à elle très claires.

« Il est très spécifique sur le sujet de la levée des sanctions et la relâche qui est offerte au régime iranien, y compris la levée partielle de l’embargo de 5 à 8 ans sur les armes et les missiles, qui est un gros problème. Cela étend le réseau terroriste du régime iranien », a déclaré M. Jafarzadeh.

Il a ajouté : « Quand le principal sponsor du terrorisme dans le monde possède un programme nucléaire légitimé par la communauté internationale, et qu’avec le temps ils peuvent l’agrandir plutôt que de se voir obligé de le diminuer ou de changer leur attitude, c’est un problème grave, très grave. »

Les missiles balistiques intercontinentaux (abrégés ICBM en anglais) sont le système de lancement le plus probable pour une future arme nucléaire. M. Jafarzadeh signale que ce programme n’est pas non plus traité dans l’accord.

« Pourquoi vouloir un programme de Missile Balistique Intercontinental ? Sa seule utilité est de lancer des armes. Aucun pays dans le monde n’a jusqu’à présent développé ce programme sans l’utiliser pour des armes nucléaires », a-t-il affirmé.

Et alors que le programme nucléaire iranien sera légitimé, certains des groupes les plus dangereux, alliés avec le régime iranien, ne seront plus considérés comme des parias par les Etats-Unis.

« Un certain nombre d’entités et d’individus qui ont été impliqués dans le terrorisme et les armes de destruction massive et l’exportation de la violence dans la région seront enlevés de la liste », a déclaré M. Jafarzadeh, citant spécifiquement les forces Qods et les Pasdaran (Gardien de la Révolution, GRI), dans cette catégorie.

Plus tôt dans l’année, après qu’Obama ait annoncé qu’il ne proposerait aucun accord au Congrès sous la forme d’un traité formel, des leaders du Congrès ont fait en sorte que la loi donne aux législateurs le pouvoir de revoir et de voter l’accord. Quoi qu’il en soit, au lieu qu’il faille une majorité aux deux tiers pour le ratifier comme pour les traités, il faut maintenant une majorité aux deux tiers pour rejeter le veto promis par Obama et rompre l’accord.

M. Jafarzadeh a aussi sévèrement critiqué Obama pour avoir insulté le peuple iranien en faisant référence au régime et au peuple iranien de manière indifférenciée.

« Le peuple iranien rejette ce régime », a-t-il affirmé.

M. Jafarzadeh conteste également l’affirmation d’Obama que cet accord empêchera plutôt qu’il ne provoquera une course à l’armement au Moyen-Orient. Il affirme que les voisins de l’Iran savent exactement de quoi ce régime est capable.

« Regardez les pays qui sont déjà embarassés par le régime iranien alors qu’il n’a pas encore la bombe. Imaginez à quoi ressembleront les choses quand le régime iranien obtiendra la bombe », a-t-il suggéré.

Écoutez l’interview ici:  http://dateline.radioamerica.org/podcast/7-14-jafarzadeh-blog.mp3