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Système de castes numériques : L’Iran codifie l’accès à Internet par la loyauté

Le 15 juillet 2025, le Conseil suprême du cyberespace, présidé par le président du régime iranien Massoud Pezeshkian, a approuvé une politique visant à mettre en œuvre un « Internet à plusieurs niveaux ». Ce système crée un système de castes numériques, accordant un accès privilégié et sans filtre aux fidèles du régime, tout en condamnant le grand public à un réseau national fortement censuré et surveillé.

Cette décision révèle la nature irréformable du régime théocratique, où le président n’est qu’un exécutant du programme répressif du Guide suprême, et où la « réforme » est un outil pour absorber le mécontentement public, et non pour instaurer un changement significatif. Les tentatives du régime pour justifier cette politique ont été marquées par une série de contradictions flagrantes. Après l’approbation du plan, la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a insisté sur les réseaux sociaux sur le fait que la nouvelle réglementation « n’avait aucun lien avec la restriction d’Internet ». Pourtant, elle avait précédemment admis que certains groupes nécessitaient un traitement particulier, déclarant : « Naturellement, si un journaliste a besoin d’un Internet plus libre, il doit le lui offrir. »

Pezeshkian lui-même a fait écho à cette rhétorique fallacieuse, déclarant que « l’accès à l’information libre est le droit de tous, et pas seulement d’une classe sociale spécifique ». Cette déclaration est intervenue après que son administration a approuvé le plan même qui codifie un tel système de classes, une politique testée pour la première fois lors de la répression sanglante des manifestations de novembre 2019.

Un outil de contrôle et de corruption
L’Internet à plusieurs niveaux n’est pas conçu pour la « facilitation » économique, mais pour le contrôle politique. En créant un système où l’accès est un privilège accordé par les agences de sécurité, le régime peut récompenser ses propagandistes, surveiller les dissidents et paralyser l’économie en ligne pour les citoyens ordinaires. On l’a vu lors de la récente guerre de 12 jours, lorsque des personnes bénéficiant d’un accès privilégié ont diffusé le discours de l’État alors que le reste du pays était sous le coup d’une panne d’électricité. Ce système institutionnalise également la corruption, créant un nouveau marché sur lequel le régime peut vendre l’accès, enrichissant ainsi ses proches.

Cette politique a provoqué une vive réaction de la société civile iranienne. À Téhéran, le média d’État Eghtesad 24 a pris la mesure extraordinaire d’avertir que ce plan discriminatoire pourrait entraîner une « explosion sociale ».

Cet aveu interne met en évidence la crainte profonde du régime de la colère populaire. Les critiques ont également souligné l’hypocrisie des soi-disant « réformistes », le programmeur Vahid Farid soulignant que les deux coupures d’Internet les plus graves – en novembre 2019 et lors de la récente guerre de 12 jours – se sont produites sous des administrations « réformistes ».

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Pour garantir l’impossibilité de sortir de sa prison numérique, le régime mène simultanément une guerre contre Starlink, le service Internet par satellite qui offre un lien vital avec le monde extérieur. Le 22 juin, le régime a déposé une plainte officielle auprès de l’Union internationale des télécommunications (UIT) contre Starlink pour exploitation « illégale ». Le Parlement a ensuite adopté une loi criminalisant l’utilisation, la vente ou la possession d’équipements Starlink, passibles de peines allant jusqu’à deux ans de prison. Le régime colmate systématiquement toutes les fissures de son mur de censure, pleinement conscient que sa survie dépend de l’isolement du peuple iranien de la libre circulation de l’information.

La politique de « l’Internet à plusieurs niveaux » n’est pas un ajustement technique ; Il s’agit d’un acte de répression stratégique mené par un régime terrifié par sa propre population. Combiné à la répression agressive contre des alternatives comme Starlink, il révèle un gouvernement dont la fonction première est de réprimer ses citoyens. Il ne s’agit pas d’actions d’un gouvernement confiant, mais des manœuvres désespérées d’un régime en déclin qui construit une prison numérique pour retarder son inévitable règlement de comptes avec une nation aspirant à la liberté.