samedi, décembre 3, 2022
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Pourquoi le régime iranien a-t-il saisi des navires grecs ?

Pourquoi le régime iranien a-t-il saisi des navires grecs ?

Les Gardiens de la révolution du régime iranien (pasdaran) ont saisi deux pétroliers grecs dans le détroit d’Ormuz, apparemment en guise de représailles. Mais tous les faits sur le terrain confirment cette piraterie éhontée, conforme à la campagne d’extorsion de Téhéran.

Le ministère grec des Affaires étrangères a qualifié la saisie des pétroliers d' »actes de piraterie », et des appels ont été lancés pour que Téhéran soit tenu responsable de son terrorisme maritime.

Vendredi, les forces des pasdaran ont abordé le Prudent Warrior, un navire appartenant à la Grèce. Le second navire est identifié comme le Delta Poseidon. Téhéran a saisi ces navires un mois après qu’Athènes a saisi le pétrolier Pegas, alias Lana, battant pavillon russe, pour avoir transporté du pétrole iranien sanctionné. Les États-Unis ont annoncé cette semaine qu’ils avaient pris le pétrole du Lana.

Dans leur communiqué de vendredi, les pasdaran ont déclaré sans ambages : « Il s’agit du golfe Persique et il n’y a qu’un seul gardien. » Hossain Shariatmadari, rédacteur en chef du quotidien Kayhan, a applaudi le terrorisme maritime du régime et a exhorté à davantage d’actions de « représailles » contre les « nations hostiles » pour garantir les « intérêts » du régime. »

Kayhan est le porte-parole du Guide Suprême, Ali Khamenei. Ainsi, lorsque Shariatmadari souligne que « l’Iran a le droit de fermer le détroit d’Ormuz lorsque ses intérêts sont menacés », il met en évidence la politique étrangère hostile de Téhéran.

Téhéran a saisi les pétroliers grecs quelques jours après que les États-Unis ont annoncé qu’ils maintiendraient les pasdaran sur la liste des organisations terroristes étrangères (FTO). En outre, les pourparlers de Vienne visant à rétablir très lacunaire accord nucléaire de 2015 de l’Iran avec les puissances mondiales sont au point mort en raison des demandes effrontées de Téhéran, comme la révocation de la désignation des pasdaran.

La saisie du brut du régime s’inscrivait dans le cadre des sanctions imposées aux exportations de pétrole iranien, dont les revenus ont été dilapidés dans le terrorisme par la théocratie au pouvoir. Mais pourquoi Téhéran n’a-t-il pas agi immédiatement et n’est pas passé à l’action plusieurs semaines après la saisie de son pétrole brut ?

Cette action est, en effet, conforme à la politique étrangère hostile du régime, centrée sur l’extorsion et le terrorisme. Mais elle pourrait avoir de graves conséquences pour
Téhéran, d’autant que de nombreux diplomates occidentaux engagés dans les pourparlers de Vienne sapent la possibilité de parvenir à un accord avec le régime des mollahs.

Téhéran ayant désespérément besoin de liquidités pour financer ses activités illicites, le régime entend poursuivre sa campagne d’extorsion, soit en violant ses engagements au titre de l’accord nucléaire de 2015, soit par des actes explicites d’hostilité et de terrorisme.

L’Iran souffre d’une crise économique due à la corruption, à l’incompétence et à la mauvaise gestion du régime. Les sanctions internationales imposées en raison des politiques bellicistes du régime aggravent la calamité financière du pays.

Des manifestations ont éclaté dans tout l’Iran ces dernières semaines, les gens scandant des slogans contre le régime pour avoir créé et exacerbé les crises économiques du pays, laissant des millions d’Iraniens dans une pauvreté abjecte.

Ces protestations sont les signes d’une société instable. En plus de réprimer la société, Téhéran a besoin de faire une démonstration de puissance creuse et de faire des coups de sabre pour remobiliser ses troupes démoralisées.

En novembre 2021, le Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran) a empêché en grande pompe les États-Unis de « voler un pétrolier iranien dans la mer d’Oman ».

Le Pentagone a immédiatement rejeté cette affirmation, la qualifiant de « revendication bidon ». « J’ai vu les revendications iraniennes. Elles sont absolument totalement fausses et mensongères. C’est une revendication bidon », a déclaré aux journalistes John Kirby, porte-parole du Pentagone.

Il a ensuite été révélé que Téhéran avait saisi un pétrolier en octobre. Selon le site Tanker Trackers, le navire « a tenté d’effectuer une livraison de 700 000 barils de pétrole brut iranien à la Chine mais a été rejeté. Le SOTHYS [le navire] est alors rentré en Iran et a jeté l’ancre à Bandar Abbas. Hier, il a été déplacé vers le détroit d’Ormuz. »

Les responsables du régime qui se vantent de prendre de nouvelles « actions punitives » contre la Grèce et menacent de fermer le détroit d’Ormuz ne montrent donc aucune force.

Téhéran poursuit ses actes de piraterie et de terrorisme maritime en l’absence d’une politique ferme. Plus les puissances occidentales négocient avec le régime, plus elles enhardissent Téhéran à poursuivre ses extorsions.

Le sol tremble sous le régime des mollahs en Iran. Les gens réclament un changement de régime et les médias officiels reconnaissent qu’un nouveau soulèvement se profile à l’horizon.

Le 26 mai, l’agence de presse officielle Mehr a publié un article qu’elle a rapidement supprimé, mettant en garde les responsables contre la « chute inévitable » du régime.

« Les responsables ont depuis longtemps oublié qu’ils doivent servir le peuple. Nous sommes donc au bord du gouffre, et nos décisions erronées ont un prix. Après que la nouvelle de la corruption dans le cercle restreint du Guide Suprême est devenue publique, les protestations dues aux conditions de vie ont continué à s’étendre. Même les forces de sécurité sont insatisfaites, car elles doivent faire face aux protestations des membres de leur famille ou de leurs amis. Le temps est venu pour ceux qui dirigent le pays depuis 33 ans [Khamenei] de se retirer, et que d’autres prennent la tête du mouvement », peut-on lire dans l’article.

Ainsi, comme la Résistance iranienne le souligne depuis longtemps, « seule une politique ferme et l’imposition de sanctions internationales peuvent mettre fin à la piraterie et au terrorisme maritime de la dictature théocratique et terroriste au pouvoir en Iran. »

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