AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismePezeshkian fait face à de violentes attaques, la guerre de factions s’intensifie...

Pezeshkian fait face à de violentes attaques, la guerre de factions s’intensifie en Iran

Pezeshkian fait face à de violentes attaques, la guerre de factions s’intensifie en Iran
Masoud Pezeshkian, le président du régime iranien, entouré de journalistes, face à la montée des attaques politiques des factions rivales

Le président du régime iranien, Massoud Pezeshkian, est visé par de vives critiques par les factions rivales. De hauts responsables des médias du régime, des médias liés au CGRI et des personnalités politiques remettent ouvertement en question sa compétence et sa loyauté après ses récentes déclarations de politique étrangère. Ces attaques d’une violence inhabituelle reflètent une direction rongée par la méfiance interne, alors que Téhéran est confronté simultanément à des troubles intérieurs, des pertes régionales et des pressions internationales – un environnement où même les plus petits écarts par rapport à la ligne du Guide suprême sont considérés comme des menaces à la survie du régime.

Les derniers différends ont éclaté après les récents commentaires de Massoud Pezeshkian sur l’accord du corridor de Zanguezour entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, où il a qualifié la question d’« exagérée ». Ses propos ont été vivement condamnés par les médias radicaux et de hauts responsables, révélant la sensibilité des débats de politique étrangère au sein du régime.

Kayhan, un journal proche du Guide suprême Ali Khamenei, a averti le 10 août : « Les responsables de la République islamique n’ont pas seulement l’interdiction d’envoyer des signaux négatifs suggérant que tout accord sur le corridor de Zanguezour est sans importance, mais doivent, avant la finalisation d’un tel accord, transmettre clairement leur message à l’Arménie, à l’Azerbaïdjan et à la Turquie, et ne ménager aucun effort pour neutraliser ce complot. »

Les critiques se sont intensifiées lorsque Bulletin News, une plateforme médiatique affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a accusé Pezeshkian de saper la position du pays : « M. Pezeshkian, derrière le micro, il n’y a pas de place pour exprimer sa faiblesse face à l’ennemi. Chaque fois qu’il s’exprime sur la politique étrangère, dix autres responsables doivent intervenir pour réparer les dégâts et tenter de rétablir la situation.»

Hesamodin Ashna, ancien vice-ministre du Renseignement, s’est également joint aux critiques, exhortant Pezeshkian à « cesser de parler au hasard » et lui conseillant de mieux formuler ses propos en tant que « second responsable » du pays, voire de ne pas les diffuser en direct.

Avant même le récent fiasco, l’influent parlementaire Hamid Rasaï avait déclaré le 4 août que Pezeshkian « n’avait pas les compétences politiques » pour la présidence, se demandant s’il comprenait « les conséquences de ses propos ».

Ces reproches publics inhabituels reflètent plus qu’une simple animosité personnelle : ils soulignent la profonde méfiance factionnelle du régime à un moment de grande vulnérabilité. Si la rhétorique officielle reste centrée sur les adversaires extérieurs, la véhémence des critiques révèle que même les écarts mineurs par rapport à la ligne du Guide suprême sont considérés comme des menaces à la sécurité nationale.

Les enjeux sont exacerbés par la superposition de crises : une économie fragile, frappée par les sanctions, un mécontentement public croissant et une série de revers régionaux, notamment une influence réduite en Syrie, la pression exercée sur les milices alliées en Irak et au Liban, et, plus dangereux encore, une société intérieure explosive, attendant le bon moment pour exploser.

Dans ce climat, des déclarations autrefois discrètes sont désormais des déclencheurs publics d’attaques politiques. La propension des factions à saper le président dans les médias témoigne d’une érosion plus large de la cohésion interne du régime, une faiblesse que ses dirigeants peuvent difficilement se permettre face aux pressions simultanées nationales, régionales et internationales.