
L’Afghanistan a critiqué les commentaires de hauts responsables du régime iranien qui révèlent les contacts de Téhéran avec les talibans.
Le vice-ministre afghan des Affaires étrangères, Idrees Zaman, a tweeté le 10 janvier : « Le ministère afghan des Affaires étrangères réaffirme que toute relation avec les talibans en dehors des relations bilatérales [entre l’Iran et l’Afghanistan] va affaiblir nos relations. »
Il répondait aux commentaires du ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, le 9 janvier, dans lesquels il révélait que les services secrets et le gouvernement iraniens poursuivent des pourparlers avec les talibans, ce qu’il soupçonnait depuis longtemps.
Zarif a déclaré : « Je pense qu’il serait impossible de voir le futur de l’Afghanistan sans les talibans. Mais nous croyons aussi que les talibans n’ont pas et ne devraient pas avoir un rôle dominant en Afghanistan. »
Il a ensuite affirmé que Téhéran ne maintient le contact avec les talibans que pour des raisons de sécurité à la frontière, parce que les talibans occupent une partie de la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan. Naturellement, cela a irrité beaucoup à Kaboul et le porte-parole adjoint du président afghan, Shah Hussain Murtazawi, a même accusé les responsables iraniens de travailler comme porte-parole des talibans.
Il a ensuite expliqué que Téhéran était inquiet du rétablissement de la démocratie et des droits civils en Afghanistan, d’où le regain d’intérêt pour les relations avec les talibans.
Il a affirmé : « Il n’y a pas de liberté de la presse [en Iran]. Vous avez besoin de l’approbation de l’ayatollah Ahmad Jannati [président du Conseil des gardiens] pour participer aux élections. Les minorités religieuses et ethniques subissent d’énormes pressions. L’Iran craint que les libertés en Afghanistan ne servent d’exemple et ne défendent donc les arguments des talibans. »
Dans un message sur Facebook qui a été supprimé par la suite, il s’est demandé pourquoi, si l’Iran est si déterminé à poursuivre les pourparlers diplomatiques, il ne regarde pas au niveau national et ne parle pas à son opposition, les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Ce groupe épouse la nécessité de la démocratie en Iran et est interdit dans ce pays depuis les années 80. Ses membres sont constamment pris pour cibles par le régime, même en dehors des frontières iraniennes.
Les talibans et Téhéran ont trouvé un terrain d’entente ces dernières années, malgré la mobilisation de l’Iran pour la guerre contre les talibans à la fin des années 1990. Une délégation des talibans s’est rendue à Téhéran et a rencontré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghci en décembre.
En fait, Téhéran a même approché Kaboul pour des pourparlers de paix entre le gouvernement afghan et les talibans.
Par ailleurs, les pourparlers de paix entre l’Afghanistan et les talibans, soutenus par les États-Unis et visant à mettre fin à une guerre de 18 ans, se sont heurtés à un problème après l’annulation par les talibans de la quatrième série de pourparlers au Qatar.

