
Le régime iranien, la Russie et la Chine ont mené des exercices navals conjoints dans l’océan Indien et le golfe d’Oman le 14 mars. Les exercices de guerre, qui auraient impliqué plus de 20 navires des trois pays, ont été décrits par les médias internationaux comme une « démonstration de force dans la région.
Les médias d’État iraniens ont lancé une campagne de propagande extravagante, clairement destinée à impressionner le public tant au niveau national qu’international. Cette démonstration intervient à un moment où le monde perçoit le régime comme étant engagé dans une guerre par procuration au Moyen-Orient, ce qui ajoute de l’importance aux efforts de Téhéran pour faire montre de sa force et ses capacités.
Les États-Unis et le régime ont chacun capturé plusieurs navires commerciaux ayant des liens les uns avec les autres ces dernières années, alors que les États-Unis cherchaient à imposer des sanctions sur l’achat de pétrole iranien et que Téhéran cherchait à riposter contre les confiscations qui en résultaient. Juste avant le début des exercices navals de cette semaine, le régime a officiellement annoncé sa propre confiscation d’une cargaison de pétrole en provenance du Koweït vers les États-Unis en janvier, lorsque le pétrolier qui la transportait a été saisi par les forces du CGRI.
La perspective d’une coopération plus intense et plus approfondie entre les trois pays a sans doute été soulignée cette semaine par l’agence de presse Tasnim, un média ayant des liens étroits avec le CGRI, lorsque ses reportages sur les exercices navals conjoints ont souligné leur proximité avec « trois des cinq puissances du monde dans un détroit stratégique et une plaque tournante cruciale pour le trafic énergétique et commercial à l’échelle mondiale ».
La campagne de harcèlement des Houthis ces derniers mois a incité de nombreux transporteurs commerciaux à éviter l’un des cinq détroits mentionnés, celui de Bab-el-Mandeb, à l’embouchure de la mer Rouge, tandis que Téhéran a menacé à plusieurs reprises de fermer le détroit de Bahreïn dans le golfe Persique, Hormuz.
Peut-être enhardis par la perspective de voir les forces iraniennes contribuer ou compléter leurs propres attaques, les Houthis ont progressivement intensifié leur action tout en faisant des déclarations de plus en plus audacieuses sur leurs propres capacités. En effet, le 15 mars, le groupe a affirmé avoir ajouté un missile hypersonique à son arsenal. Ceci est très douteux, notamment parce que de nombreux lancements de missiles Houthis antérieurs ont raté leur cible ou ont été abattus par une coalition de sécurité maritime dirigée par les États-Unis, alors que les progrès vers des missiles hypersoniques suggéreraient des capacités correspondantes de classe mondiale pour cibler et échapper aux défenses antimissiles.
Dans d’autres déclarations récentes, les Houthis ont fait des références beaucoup plus vagues aux « surprises » imminentes lors de leurs affrontements militaires avec les puissances occidentales. Cela ainsi que la référence spécifique aux missiles hypersoniques visent probablement à donner l’impression que les forces yéménites ont accès à un large éventail de matériels appartenant au régime iranien. Téhéran avait précédemment affirmé avoir développé des missiles hypersoniques endogènes – un exploit autrement attribué uniquement aux États-Unis, à la Chine et à la Russie.
Le régime iranien a toujours tenté de se présenter comme immunisé contre les sanctions, quelle que soit leur gravité ou le nombre de dérogations actives. Dans le même temps, les responsables iraniens continuent de promouvoir le discours, sans doute contradictoire, selon lequel ces sanctions sont cruelles, illégales et profondément préjudiciables au peuple iranien. Ali Bahreïni, le représentant de l’Iran auprès des instances internationales à Genève, a de nouveau présenté ce dernier argument le 14 mars, dans un discours prononcé lors d’une réunion sur « l’impact des mesures coercitives unilatérales sur l’envoi de l’aide humanitaire et la performance des acteurs humanitaires ».
Plus de cinq mois après le début de la nouvelle crise au Moyen-Orient, le régime iranien a montré sa crainte de toute confrontation militaire avec l’Occident, notamment les États-Unis. Se cacher derrière ses forces mandataires et simuler des exercices militaires ne fait que souligner cette peur. Les déclarations récentes, telles que celles véhiculées par ses semi-milices mandataires, qui exhortent Téhéran à ne pas s’engager dans sa confrontation avec les États-Unis ou Israël, apparaissent comme rien de moins qu’une mascarade.
Même si les analystes politiques et les experts militaires peuvent croire certaines des démonstrations trompeuses et théâtrales de l’Iran, ils ne peuvent pas oublier la réalité de ce régime. Depuis plus de six ans, le régime est gravement déstabilisé par des soulèvements nationaux et régionaux, et les élections du 1er mars ont montré qu’une écrasante majorité d’Iraniens saisiront toutes les occasions pour exiger un changement fondamental.
Quels que soient les efforts du régime pour étendre la portée de ses missiles, augmenter le financement des mercenaires mandataires ou s’engager dans des exercices conjoints élaborés avec d’autres pays, la stabilité restera insaisissable. Ces actions ne servent qu’à rappeler à l’Occident que l’apaisement de Téhéran entraîne de graves conséquences.
Par conséquent, si l’Occident cherche véritablement des solutions à l’aventurisme du régime, il doit prendre conscience que la réponse ne se trouve pas à Vienne, à Mascate ou même dans la mer Rouge, mais plutôt à Vienne, mais plutôt dans les rues d’Iran.

