
Pas plus tard qu’en janvier, le régime iranien a activement cherché à mener une attaque terroriste sur le sol américain. Les Renseignements américains ont intercepté des communications qui comprenaient des discussions sur un complot conjoint des membres de la division des opérations spéciales étrangères du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et de la Force Qods. Les officiers des paramilitaires de la ligne dure s’étaient apparemment fixés comme cible le vice-chef d’état-major de l’armée, le général Joseph M. Martin, et prévoyaient de lancer une attaque contre le site militaire Fort McNair à Washington DC dans l’objectif de le tuer.
L’attaque s’inscrit dans la volonté persistante de vengeance du CGRI après l’élimination de Qassem Soleimani en janvier 2020. Ce dernier était le chef de la Force terroriste Qods et la deuxième personnalité la plus puissante d’Iran après le guide suprême des mollahs, Ali Khamenei.
En 2013, un agent de la Force Qods a été condamné à 25 ans de prison par un tribunal fédéral américain pour avoir tenté de faire sauter un restaurant fréquenté par l’ambassadeur d’Arabie saoudite aux États-Unis. Alors que l’ambassadeur Adel al-Jubeir était la seule cible spécifique du complot, les Iraniens impliqués dans la tentative d’attentat ont clairement indiqué qu’ils étaient prêts à accepter la mort de centaines d’innocents – un résultat très probable si le complot n’avait pas été contrecarré par les services de renseignement.
La révélation par la NSA (National Security Agency) du récent complot montre clairement que la Force Qods et le régime iranien n’ont pas modifié de manière significative leurs objectifs ou leurs tactiques au cours de la dernière décennie. De toute évidence, l’effort pour tuer le général Martin aurait suivi à peu près le même schéma que le complot d’assassinat précédent, avec le même mépris pour les dommages collatéraux. Et bien que ces deux incidents soient uniques en termes de répercussion médiatique aux Etats-Unis, il serait insensé de supposer qu’aucun autre complot n’a été démêlé ou abandonné dans l’intervalle.
En fait, si nous regardons à l’extérieur des États-Unis, il est clair que la volonté de Téhéran de lancer des attaques n’a pas diminué. Cela a été rendu particulièrement évident à l’été 2018 lorsque plusieurs services européens ont neutralisé un complot visant à déclencher une bombe près de Paris dans le rassemblement des opposants iraniens. Comme en 2011, le complot a été mis au point avec l’intention de tuer un individu spécifique, en l’occurrence la dirigeante de la Résistance iranienne Maryam Radjavi. Et une fois de plus, les auteurs de ce complot n’ont pas hésité à aller de l’avant lorsqu’il est devenu clair que l’explosion pouvait tuer des centaines de personnes et que la bousculade qui en aurait résulté aurait pu augmenter encore plus le nombre de morts.
Le complot à la bombe de 2018 était un véritable témoignage du sentiment d’impunité du régime iranien. Quatre agents ont été traduits en justice en Belgique pour leur implication, dont un diplomate de haut rang nommé Assadollah Assadi. Alors qu’il était en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne, Assadi a utilisé une valise diplomatique pour faire passer en contrebande les explosifs en Europe en vue de l’attaque. Il ne fait aucun doute que de telles activités n’auraient pas pu être entreprises sans la connaissance et le consentement des autorités supérieures, y compris le ministre des Affaires étrangères Javad Zarif. Et les enquêteurs belges ont déterminé qu’Assadi n’avait pas agi de sa propre initiative, mais sur les instructions explicites de personnalités à la tête du régime.
L’opération qui était censée tuer des militants expatriés sur le sol européen aurait également probablement tué plusieurs centaines de dignitaires politiques qui ont pris part au rassemblement pour l’Iran libre de 2018, représentant les États-Unis, la plupart des pays européens et diverses autres parties du monde. Une telle menace directe pour des législateurs et des universitaires de haut niveau a motivé les responsables belges et allemands à porter plainte contre Assadi – le premier diplomate iranien à faire face à des poursuites pour ses liens avec le terrorisme, mais certainement pas le premier à être soupçonné pour ce genre d’activités.
Pourtant, l’Union européenne, le Royaume-Uni et même les États-Unis semblent hésiter à admettre que ces complots découlent tous des plus hauts dirigeants du régime iranien et du système théocratique.
Heureusement, cette hésitation n’est pas partagée par tous les législateurs et politiciens des pays concernés. Plusieurs membres du Congrès américain, des membres du Parlement européen et d’anciens responsables politiques ont signé une déclaration récemment qui appelaient à des politiques plus fermes visant à condamner le régime iranien comme principal État commanditaire du terrorisme dans le monde.
Ces déclarations ont plaidé pour un plus grand isolement économique et diplomatique du régime iranien, en attendant un engagement plus ferme pour démanteler l’infrastructure terroriste du régime et le forcer à abandonner définitivement ses complots sur le sol européen. Une déclaration signée début janvier par l’ancien ministre italien des Affaires étrangères Giulio Terzi et 20 autres responsables d’une douzaine de pays ont déclaré que «l’ampleur du crime exige que l’Union européenne réexamine son approche vis-à-vis de l’Iran. »

