jeudi, décembre 1, 2022
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Six femmes sont détenues en otages pour être livrées à l’Iran – François Colcombet

CNRI – « Je vais simplement mettre l’accent sur un ou deux points, au nom du Comité français pour un Iran Démocratique qui est composé de parlementaires, anciens parlementaires, anciens ministres, magistrats, toutes personnes impliquées dans la vie publique en France qui, depuis très longtemps, certains même avant la création du Comité, se sont mobilisés pour défendre l’OMPI qui  a beaucoup souffert », a déclaré François Colcombet, magistrat et ancien député français à Genève le 19 septembre.

Il s’exprimait dans une conférence internationale en marge de la session actuelle du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, réuni pour condamner le massacre de 52 réfugiés iraniens à Achraf le 1er septembre par les forces irakiennes, et demander la libération de 7 autres pris en otages par les mêmes forces. Il était entouré notamment de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, de Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien, et de Bernard Kouchner, ancien ministre français des Affaires étrangères.

Voici les points forts de son intervention :

Je vais simplement mettre l’accent sur un ou deux points, au nom du Comité français pour un Iran Démocratique qui est composé de parlementaires, anciens parlementaires, anciens ministres, magistrats, toutes personnes impliquées dans la vie publique en France qui, depuis très longtemps, certains même avant la création du Comité, se sont mobilisés pour défendre l’OMPI qui  a beaucoup souffert

 Car ce qui se passe là n’est qu’un événement dramatique dans une série d’évènements qui ont été dramatiques à des titres divers.

En particulier, vous vous en souvenez sans doute, les États-Unis, à un moment pour faire une bonne manière à l’égard du régime iranien, avaient inscrit l’OMPI sur la liste des organisations terroristes. Ils avaient ensuite utilisé tout leur poids pour inciter les Anglais d’abord, puis l’Europe à faire la même chose. Il a fallu des combats juridiques longs, difficiles, pour que l’OMPI soit radiée de ces listes.

Je voudrais sur ce point dire une chose qui n’a pas été assez dite, c’est que les décisions qui ont été prises, les décisions judiciaires et les décisions politiques, ont établi que non pas l’OMPI ne devait plus être inscrite sur les listes des organisations terroristes, mais qu’elle n’aurait jamais dû y être, et que les éléments qui avaient été relevés contre elle étaient des éléments erronés, voire des mensonges délibérés. 

Disons-le clairement, l’OMPI est, parmi les organisations démocratiques qui luttaient contre le régime intégriste et théocratique qui est en place en Iran, probablement une des seules à avoir survécu. C’est une organisation démocratique, une organisation laïque et une organisation qui donne aux femmes leur place, la Présidente étant une femme. C’est un symbole, mais c’est un symbole qui n’est pas innocent. Car il y a un point sur lequel je crois qu’il est utile d’insister encore, c’est que parmi les otages, il y a six femmes, comme par hasard, un seul homme. Six femmes. Pourquoi six femmes ? Elles étaient les moins nombreuses à l’intérieur du camp. Beaucoup ont été abattus. On a gardé six femmes, évidemment, pour les livrer à l’Iran.

Je ferais encore appel à un souvenir qui n’est pas si ancien. Lorsque nous essayions de lutter, sans succès je dois le dire, contre la tentation et la pratique généralisée de la peine capitale en Iran, vous savez que l’Iran est le pays dans lequel, proportionnellement à la population, cette peine est davantage utilisée que partout ailleurs au monde. Notre attention avait été attirée sur le fait que le régime était différent, l’exécution capitale était différente pour les femmes et pour les hommes. Une célèbre vidéo montrait trois hommes qui allaient être exécutés pendus à de grandes grues, et une femme. Et on voyait le bourreau s’approcher de la femme, déplacer le nœud coulant, on mettait le nœud coulant sous le menton de la femme alors que les hommes avaient le nœud coulant ici [derrière la nuque], les trois grues s’élevaient, et on voyait les corps des trois hommes qui arrêtaient de gigoter très vite et la femme, pendant à peu près dix minutes, continuait de souffrir. Pourquoi ? Parce que dans ce régime, quand on exécute la peine capitale contre les femmes, on l’exécute d’une autre façon que pour les hommes : on rajoute la torture à l’exécution. 

Le seul vrai combat des laïcs, c’est d’affirmer l’égalité. C’est probablement par-là que les choses pourront changer dans le monde. C’est un combat central et ces malheureuses qui sont actuellement otages, espérons que nous arriverons à les délivrer.

Enfin, que la commissaire de l’ONU pour les Droits de l’Homme soit une femme, je pense que c’est peut-être une obligation supplémentaire, s’il était possible, de tout faire pour que ces femmes soient rendues à la liberté, pour qu’elles échappent à ce qui les attend.

Et en cela, Madame la Présidente, je crois avoir exprimé à la fois réellement ce que je ressens très profondément, car ce dossier que l’on peut aborder de façon juridique, un peu distanciée, un peu froide, il arrive des moments où on ne peut qu’exprimer la passion qu’on ressent.

 

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