CNRI – » Je sais ce que nous pouvons faire en tant que peuple avec nos voix, nos marches, avec notre engagement pour les droits de l’homme, et je viens dire que nous sommes ici pour faire savoir aux résidents d’Achraf que le monde sesoucie d’eux », a déclaré Naomie Tutu.
La militante sud-Africaine et fille de Desmond Tutu s’exprimait dans une conférence internationale le 18 octobre à Bruxelles sur l’invitation du Comité belge des Amis d’un Iran démocratique, qui réunissait des représentants du Parlement européen et du parlement belge, ainsi que des personnalités internationales de premier plan des États-Unis et d’Europe. Ils ont noté que le camp Achraf en Irak, qui abritent 3400 opposants au régime des mollahs iraniens et qui est menacé d’un nouveau massacre avant le 31 décembre, est le facteur le plus important de la confrontation à la dictature religieuse et terroriste iranienne qui se dirige vers l’acquisition de la bombe atomique. Dans le même temps, la défense d’Achraf est en ligne avec la promotion de la démocratie et des droits humains et la défense du printemps arabe dans la région.
Voici l’intervention de Naomie Tutu :
Nous sommes réunis ici entre ceux qui se reconnaissent des responsabilités mutuelles. Je viens en tant que sud-Africaine ayant grandi sous l’Apartheid et je me souviens lorsque j’étais petite et que j’entendais tous ces débats sur les droits de l’homme, les discours des dirigeants politiques sur la démocratie, je me demandais pourquoi mes droits humains ne faisaient pas partie de ces discussions.
Je viens donc aujourd’hui comme celle qui veut que notre monde ne soit plus jamais encore un lieu où les enfants se demandent si on se soucie de leurs droits.
Je viens comme celle également qui a été beaucoup plus soutenue par les paroles et les actes des peuples à travers le monde que par les nombreux dirigeants politiques qui disaient à l’époque qu’il était impossible d’imposer des sanctions, politiques, économiques et culturelles à l’Afrique du Sud, des peuples qui à travers le monde disaient que c’était possible et que ça se ferait. Quand les peuples d’Europe, des États-Unis, des pays d’Afrique, disaient qu’ils se tenaient aux côtés du peuple opprimé par l’Apartheid, et qu’ils s’assureraient que leurs gouvernements les entendraient et seraient forcés d’agir. Je suis donc celle qui sait que la pression populaire peut accomplir des choses étonnantes.
Lorsque je vivais aux États-Unis, au départ, c’était le temps où l’administration Reagan s’opposait aux sanctions contre l’Apartheid, et le peuple américain a manifesté et fait pression sur ses représentants, de manière à ce que non seulement ils ont pu voter une loi pour imposer des sanctions contre l’Afrique du Sud, mais le Congrès a également pu passer outre un veto présidentiel.
Je sais donc ce que nous pouvons faire en tant que peuple avec nos voix, nos marches, avec notre engagement pour les droits de l’homme. Je sais ce que c’est de penser que peut-être le monde s’en fiche, et je viens donc dire que nous sommes ici pour faire savoir aux résidents d’Achraf que le monde se préoccupe, que nous sommes ici pour également faire savoir à nos représentants politiques que nous n’allons pas rester là à ne rien faire et à nous taire pendant que les résidents du camp d’Achraf se trouvent confrontés aux menaces et à la date butoir du 31 décembre.
Nous sommes aujourd’hui ici à Bruxelles, le mois dernier à Genève, ce week-end à Washington, nous sommes ici en tant que peuples du monde unis en soutien aux droits de l’homme pour les habitants du camp d’Achraf et plus largement pour l’opposition iranienne.
Comme je l’ai dit, je suis très honorée d’être parmi cet incroyable panel et je ressent réellement beaucoup d’humilité. J’essaie de ne pas citer mon père trop souvent parce que j’ai eu à entendre ses discours encore et toujours en grandissant, par conséquent j’essaie de ne pas l’imposer aux autres. Cependant, une des déclarations qu’il m’avait faite durant l’Apartheid qui compte toujours dans nos vies : On ne peut pas choisir de rester neutre dans une situation d’oppression parce qu’en choisissant d’être neutre, on s’aligne sur l’oppresseur.
Nous sommes réunis pour dire que nous ne permettrons pas au monde de prétendre être neutre. Comme vous pouvez le constater, nous avons un panel assez considérable, et je vais tenter d’être une modératrice qui se tait le plus possible.

