lundi, décembre 5, 2022
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Persévérance pour une vie de liberté en Iran – Zolal Habibi

Persévérance pour une vie de liberté en Iran - Zolal Habibi

A la veille de la Journée mondiale des droits de l’Homme, l’Union des associations iraniennes en Europe a parrainé une conférence qui a eu lieu le mardi 8 décembre, en présence de Maryam Radjavi, la présidente élue de la Résistance iranienne, le sénateur Joseph Lieberman, ancien candidat à la présidence des Etats-Unis, et le professeur Alejo Vidal-Quadras, ancien vice-président du Parlement européen (de 1999 à 2014).

Zolal Habibi membre de la Résistance iranienne est intervenue lors de cette conférence.

Voici l’intervention qu’à prononcé Zolal Habibi à cette occasion:

Chers amis, éminents invités, je suis très heureuse d’être parmi vous aujourd’hui, Mme Radjavi, M. Vidal-Quadras. Tout d’abord, très sincèrement, depuis le jour où j’ai été stagiaire au Sénat des Etats-Unis, j’ai toujours espéré qu’un jour nous aurions à nos côtés des sénateurs précurseurs tels que vous, alors je suis très heureuse de vous voir aujourd’hui, et honorée d’être parmi vous.

Mon nom est Zolal et comme beaucoup de personnes de ma génération, je suis née à l’étranger et n’ai jamais eu la chance de voir l’Iran. Mes parents sont arrivés aux Etats-Unis en tant qu’étudiants avant la révolution. Mon père, un écrivain remarquable et activiste des droits de l’homme a reçu son doctorat à l’American University à Washington D.C., et à cause de la nature de son travail et des activités de ma mère, j’ai été familiarisée très tôt à la question de la situation des droits de l’homme en Iran et à la résistance, et je pense qu’en fait cela a été très important pour mon enfance et pour forger mon caractère, pour beaucoup de raisons.

Mon père était un infatigable défenseur des droits de l’homme. Il n’a jamais perdu espoir, et n’a jamais laissé passer une opportunité de démasquer et de dénoncer le régime. Je me souviens toujours avec quelle fougue il parlait des atrocités commises en Iran, et de ce qui arriverait aux enfants de mon âge entre les griffes de ce régime. Mais je me rappelle aussi de la lueur dans ses yeux lorsqu’il parlait du jour où la liberté arriverait finalement en Iran. Et chaque année nouvelle, il me disait : « L’année prochaine, nous serons dans un Iran libre ». Et il n’a jamais abandonné son espoir dans ce rêve.

En juillet 1988, mon père a été assassiné par le régime. Rien que pendant l’été 1988, 30 000 personnes ont été exécutées, et cela a eu un impact sur toute une génération d’enfants, mais je pense aussi que cela a eu un impact sur le pays entier.

Depuis ce jour, même si je n’avais que 7 ans à l’époque, j’ai senti que j’avais une responsabilité. Mon père n’avais pas sacrifié sa vie en vain et je savais qu’un jour, je pourrais réaliser l’espoir de le rendre fier.

En grandissant, maintes fois j’ai entendu les autres me dire, tu sais, quelle tristesse que toi et ton frère n’ayez pas eu la chance d’être avec votre père, ou d’avoir son influence dans votre vie. Mais pour être honnête, j’ai toujours pensé, nous avons eu les meilleurs modèles et les meilleurs parents dont nous aurions pu rêver. Parce qu’ils nous ont appris ce qui était important dans la vie, pas avec des mots mais avec des actions. Mon père m’a appris que parfois, la valeur de la vie est de la sacrifier pour la liberté et le bonheur des autres, et ma mère m’a appris à défendre ce en quoi je croyais, quel qu’en soit le prix. Et je suis fière de dire que ma mère est l’une des femmes en première ligne au Camp Liberty aujourd’hui.

Tout cela étant dit, il me semble que la raison de ma présence ici aujourd’hui est claire. Mais le choix n’était pas aussi simple qu’il n’y paraît. En grandissant, mes parents et tous ceux qui m’entouraient m’ont toujours encouragé à me concentrer sur mes études parce que, comme ils l’ont toujours dit, c’est la responsabilité de notre génération de reconstruire l’Iran après sa libération. Et j’ai toujours pensé, c’est ainsi que cela va se passer. La génération de nos parents libèrera l’Iran, et nous allons le reconstruire.

C’est la raison pour laquelle tous les autres, dans ma famille, sont devenus médecin, avocat, brillant entrepreneur ; mais quand je suis arrivée à ce tournant décisif j’ai réalisé qu’il existait une autre option valable. Et cette option, c’était rejoindre la résistance.

L’été précédent ma dernière année au lycée, je me souviens être tombée sur un article qui disait qu’il y avait 20 000 médecins iraniens aux Etats-Unis. Et ma première pensée à été : « Vas-tu devenir l’une de ces 20 000 personnes ? Ou vas-tu faire partie de ceux qui libèreront l’Iran, pour que ces 20 000 personnes puissent rentrer et soigner leurs compatriotes un jour ? » Et cela a eu un impact majeur dans ma vie.

Quelques jours plus tard, je parlai avec un membre de la résistance, et nous discutions simplement, et il m’a demandé : « Au fait, qu’est-ce que tu as l’intention d’étudier l’année prochaine ? » Et j’ai répondu : « Eh bien, je pense étudier *** avec une mineure en *** », et il m’a dit : « C’est génial, mais pourquoi pas aussi l’Humani
té ? », et j’ai dit : « Est-ce qu’ils enseignent cela à l’université ? »

Et il a dit : « Oui, mais dans une seule université. Et c’est celle d’Achraf. » Et ces deux événements ont fini par décider du cours de ma vie. Et après les évaluations de la fin de l’année en 1999, même si j’avais reçu une bourse complète, j’ai décidé de laisser cela derrière moi et de partir pour Achraf. Et j’y suis restée trois ans.

Depuis ce jour, j’ai travaillé pour la résistance dans plusieurs domaines au fil des ans, et actuellement je travaille surtout comme programmeur et développeur informatique, mais je suis également impliquée dans les droits de l’homme et le domaine des femmes.

Au fil des ans, et particulièrement ces dernières années, ce que je trouve intéressant, c’est de voir que la nouvelle génération s’avance pour porter le flambeau à son tour. Lorsque je parle à la jeunesse en Iran ou à ceux qui ont récemment quitté le pays, ce qui est frappant c’est leur soif de liberté.

Il y a un poème célèbre de Khosrow Golesorkhi, un poète révolutionnaire exécuté du temps du Shah, qui dit : « tu tues, tu abats, tu détruits, mais que feras-tu lorsque les boutons et les bourgeons repousseront inévitablement ? » Et je pense que c’est une chose à laquelle nous assistons dans cette résistance.

Au fil des ans ce mouvement s’est transformé en une façon d’être, un mode de vie ; vous ne pouvez pas tuez une idée ou une façon de penser, je pense, vous pouvez exécuter quotidiennement, détruire Achraf ou attaquer Liberty. Personne ne peut détruire le désir et l’aspiration du peuple iranien de faire advenir un Iran libre et démocratique, et alors que le temps passe, et avec l’arrivée de la nouvelle génération, et la lutte pour la liberté à la fois ici et en Iran, je pense que ma confiance et ma conviction ont grandi dans cette croyance qu’un jour nous vaincrons et serons capables de libérer l’Iran des griffes des mollahs.

Un jour, Mme Radjavi a prononcé en Norvège un discours que j’ai quasiment retenu par cœur parce que je pense qu’il résumait ce que nous avons tous dans le cœur ; c’était son discours « I have a dream ».

Elle a dit : « Je rêve d’un Iran libéré des exécutions et de la torture.

Je désire ardemment voir un pays où les grues sont utilisées pour bâtir, et non pour détruire la vie humaine,

Un pays où la lapidation et l’amputation des membres sont reléguées à un passé lointain,

Un pays où les tribunaux religieux et fantoches sont dissous,

Un pays où l’amour, l’amitié et la tolérance remplacent la méfiance, la haine et la vengeance. »

Et mon rêve, c’est d’être capable de faire de ce rêve une réalité.

Et comme elle l’a très justement affirmé, oui, nous cherchons un ordre nouveau, fondé sur la liberté, la démocratie, et l’égalité.

Nous avons choisi de persévérer et de nous battre, pour permettre à notre peuple de profiter d’une vie de liberté et de prospérité. Et notre motivation pour la résistance, pour la victoire, n’est pas la vengeance, mais notre amour pour la liberté et les droits de l’homme. C’est ce qui alimente notre ténacité et c’est le secret de notre endurance. Je pense que ce qui nous a donné la force c’est que nous sommes prêts à payer ce qu’il nous en coûtera.

Et c’est la voie qui, quotidiennement, nous est montrée par Mme Radjavi. Et alors, en dépit de tout, je pense que nous sommes une génération chanceuse, heureuse d’avoir l’opportunité de faire partie de ce mouvement. Alors, merci une fois de plus pour être ici aujourd’hui et nous sommes fiers d’être parmi vous.

 

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