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OMPI – Camp d’Achraf : « Annulez le délai répressif imposé par le gouvernement irakien ! »

Appel européen et américain à annuler le délai répressif du gouvernement irakien pour fermer le camp et empêcher une catastrophe humanitaire

Par Sammer Asar

Official Wire, Bruxelles, le 19 octobre  –  Une conférence au Parlement européen à Bruxelles le 19 octobre 2011 s’est penchée sur la situation humanitaire explosive dans un camp de réfugiés en Irak sur lequel se focalise les 27 dirigeants de l’UE, des États-Unis et de l’Iran depuis plusieurs mois.

Le camp d’Achraf, qui attire de plus en plus l’attention internationale, est sous les projecteurs depuis une attaque en avril dernier perpétrée par les forces de sécurité irakiennes qui ont tué 34 personnes et blessé des douzaines d’autres, déclenchant de vives condamnations.

Al-Maliki en Irak, a priori sur la demande de Téhéran, veut sa fermeture d’ici le 31 décembre.
Le camp, qui abrite depuis ces trente dernières années 3400 opposants iraniens, se trouve confronté maintenant à une expulsion meurtrière.

La conférence a appelé le Secrétaire général des Nations Unies, le Haut commissaire aux réfugiés de l’ONU, la Haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU ainsi que les gouvernements occidentaux à adopter des mesures urgentes pour garantir la protection d’Achraf et empêcher une catastrophe humanitaire, ainsi qu’à contraindre le gouvernement irakien à reporter son délai jusqu’à la réimplantation de tous les résidents dans des pays tiers.

Les participants ont en particulier accusé les États-Unis de n’avoir pas assumé leur responsabilité de protéger les résidents. La conférence a souligné que les États-Unis seraient totalement responsables d’un nouveau bain de sang à Achraf. La conférence a également appelé le président américain et le département d’État à retirer l’OMPI de la liste des organisations terroristes étrangères comme une première étape essentielle pour assurer la protection d’Achraf.

Les intervenants à la conférence, présidée par M. James Higgins, membre du bureau de la présidence du Parlement européen, étaient : Mme Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, le Dr. Alejo Vidal-Quadras, vice-président du Parlement européen, M. Stephen Hugues, vice-président du groupe socialiste ; le juge Michael Mukasey, ancien ministre de la Justice américain (2007-2009) ; M. Louis Freeh, directeur du FBI (1993-2001) ; M. Günter Verheugen, commissaire européen (1999-2009) et ancien secrétaire d’Etat allemand aux Affaires étrangères, le colonel Wesley Martin, ancien commandant du contre-terrorisme de la coalition en Irak et ancien commandant des forces de sécurité américain à Achraf.

Dans son discours, Maryam Radjavi a affirmé que des sources de la résistance en Iran l’avaient informée d’un plan associant le régime iranien au gouvernement irakien pour attaquer et occuper une nouvelle section du camp. Elle a ajouté : « Actuellement, le gouvernement irakien se prépare militairement pour mener ce plan. Le gouvernement irakien veut interrompre la mission du HCR de confirmer le statut de réfugié des résidents afin d’invoquer le manque de progrès comme prétexte à une autre attaque meurtrière fin de décembre. »

Elle a demandé au Secrétaire général de l’ONU ainsi qu’au Haut commissaire aux droits de l’homme de stationner des observateurs de l’ONU à Achraf au plus vite comme une garantie contre la prochaine catastrophe humanitaire. Elle a également exhorté les États-Unis, tous les États membres de l’UE, la Baronne Ashton ainsi que les Nations Unies à exprimer leur protestation contre le délai dangereux du gouvernement irakien pour la fermeture d’Achraf d’ici la fin de décembre pour ne pas être témoins d’une autre catastrophe dont ils auront été prévenus à l’avance.

Mardi, l’ancien candidat démocrate à la présidentielle américaine Howard Dean a déclaré : « Les États-Unis demeurent moralement responsables des personnes à Achraf. Il nous reste 74 jours jusqu’à la date butoir », a-t-il dit face à un rassemblement de centaines de personnes à Bruxelles. « Il nous reste 74 jours jusqu’à ce que toutes les troupes américaines se retirent et qu’il ne reste plus de protection. »

Les résidents du camp sont en train d’être évalués individuellement par le HCR après avoir sollicité le statut de réfugié, afin de leur permettre de se réinstaller ailleurs, mais les craintes demeurent que la procédure ne puisse être achevée dans le temps imparti par Bagdad.

Le mois dernier, la représentante de la politique étrangère de l’UE Catherine Ashton a nommé un envoyé spécial afin d’aider à résoudre la question, et le chef de la délégation du parlement européen pour les relations avec l’Irak, l’eurodéputé Struan Stevenson a déclaré que « l’ambassadeur Jean de Ruyt devrait se rendre à Achraf au plus tôt ».

Le message de la conférence était clair : « Annulez le délai répressif imposé par le gouvernement irakien, sinon il y aura une grande catastrophe humanitaire et un bain de sang au camp d’Achraf ».