De Saul Hudson
Reuters Le Conseil de Sécurité de lONU pourrait donner à lIran deux chances de mettre fin à ses programmes nucléaires avant que des sanctions ne soient imposées, a déclaré jeudi lambassadeur américain à lONU, tout en reconnaissant que rassembler le soutien nécessaire pour cette stratégie serait une tâche difficile.
Les Etats-Unis peinent à surmonter la résistance à une action contre lIran de deux membres du conseil ayant pouvoir de veto, la Chine et la Russie, mais espèrent toujours intensifier la pression sur le programme de développement de bombes nucléaires par Téhéran, selon les Américains.
« Il sagit dune approche calibrée, progressive et réversible », a expliqué lambassadeur américain John Bolton, en faveur de mesures fermes contre lIran, lors dune conférence presse.
Si lIran ignore la déclaration de lONU, qui lui demande de suspendre ses activités denrichissement duranium avant la fin du mois, alors le conseil délivrera probablement un avertissement plus sévère exigeant que lIran se soumette à ses obligations, selon Bolton.
« Puis nous envisagerons la prochaine étape, qui pourrait bien être une résolution du Chapitre 7 qui impose des sanctions », a déclaré Bolton aux journalistes, en référence à une mesure de lONU ayant légalement force obligatoire en vertu de la loi internationale.
LIran, dont les dirigeants nont pas encore commenté la stratégie de Bolton, nie être en train de produire une arme nucléaire et affirme que ses programmes ont pour objectif de générer de lélectricité pour subvenir aux besoins de sa population croissante.
Les Etats-Unis, avec Bolton souvent positionné en tête du mouvement, cherchent depuis des années à renvoyer le dossier nucléaire de lIran devant le Conseil de Sécurité. Depuis que cet objectif a été atteint plus tôt cette année, Washington estime que le processus ne va pas assez vite.
Une tactique extérieure
Les Etats-Unis faisant face à un foyer de résistance au sein du conseil, Bolton a réitéré que Washington envisageait une tactique en-dehors du cadre des Nations Unies afin de faire pression sur lIran.
Les hauts responsables américains disent pouvoir former une coalition de nations qui soutiennent les Etats-Unis et qui désirent imposer leurs propres sanctions à lIran.
Le fait quil a fallu deux semaines dergotage pour que le conseil sentende sur une déclaration de la présidence du Conseil de Sécurité exigeant que lIran respecte ses obligations prouve à quel point il est difficile pour les Etats-Unis de persuader les nations de cet organisme de la nécessité dune action contre lIran, selon Bolton.
« Cela nous donne une idée de la difficulté de la tâche devant nous », a-t-il dit.
La Russie et la Chine ont des liens commerciaux très forts avec lIran mais certains diplomates affirment quune des raisons de cette résistance aux USA est la volonté décarter toute possibilité dune action militaire dans le cas où les USA poussaient lIran, membre de lOPEP, vers une confrontation en raison de ses travaux nucléaires.
Les Etats-Unis avaient demandé une action de lONU contre lIrak pour ses programmes darmes avant linvasion du pays en 2003.
Les Etats-Unis disent se concentrer sur une solution diplomatique à limpasse iranienne mais refusent dexclure la possibilité dune attaque pour venir à bout de ce quils considèrent comme la plus grande menace à la stabilité du Moyen Orient.
Le conflit nucléaire vient sajouter aux inquiétudes autour des stocks de brut sur les marchés du pétrole et des prix mondiaux qui demeurent élevés.

