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Marché nucléaire entre l’Iran et un chef du crime organisé

Marché nucléaire entre l’Iran et un chef du crime organiséRobert Winnett, Correspondant à Whitehall

The Sunday Times – Le gouvernement britannique a été informé il y a plus de deux ans que l’Iran avait acquis illégalement un système de missile capable de transporter des têtes nucléaires.

Il s’est avéré qu’un gouvernement étranger avait issu cet avertissement à la Grande-Bretagne début 2004.

Par ailleurs, on a su que le système avait été vendu à l’Iran par un ancien haut membre des services de sécurité ukrainiens. Le marché a été négocié par un caïd du crime organisé et on craint que celui-ci ait contribué au programme nucléaire iranien actuellement au cœur d’un conflit international.

L’Iran a également payé de grosses sommes d’argent en liquide pour persuader par la ruse des techniciens et des scientifiques ukrainiens à travailler sur son programme nucléaire. Ces pots-de-vin ont aussi concerné l’ancien directeur du renseignement ukrainien, qui a reçu la somme de 5 millions de dollars en échange de son aide à cet Etat en marge, mais il a refusé.

On a également appris qu’en 2004, le gouvernement ukrainien avait mené une enquête sur le transport d’armes d’Irak à la Syrie et à l’Iran avant la guerre menant à la chute de Saddam Hussein. Maintenant que le vacarme autour des armes de Saddam s’est tu, c’est le programme nucléaire de l’Iran qui est cependant au cœur de la controverse.

La politique de la Grande-Bretagne consistant à utiliser la diplomatie silencieuse pour freiner les plans iraniens se démarque fortement du discours plus belliqueux provenant d’Amérique.

Les ministres britanniques n’ont cependant jamais révélé qu’ils avaient reçu des avertissements aussi loin qu’en 2004 selon lesquels l’Iran était arrivé au point de se procurer en secret des missiles capables de transporter des ogives nucléaires.
 
Une nouvelle intensification de la crise s’est produite la semaine dernière lorsque l’Iran a refusé de respecter le délai fixé par les Nations Unies pour stopper ses activités d’enrichissement d’uranium, après que le président George Bush ait déclaré « [l’attitude de l’Iran] doit avoir des conséquences », puis ajouté que le monde faisait face à « une menace grave provenant du régime radical d’Iran ».

Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, a réagi en qualifiant les accusations de fabrication d’armes nucléaires pesant contre son pays de « pur mensonge ». L’Iran insiste sur le fait que son programme nucléaire est destiné exclusivement à la génération d’énergie.

La Grande-Bretagne joue un rôle central dans le conflit opposant l’ONU et l’Iran autour du programme nucléaire de ce dernier, aussi bien en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité qu’en tant que l’un des trois négociateurs de l’Union Européenne.

L’idée que l’Iran développe des armes nucléaires éveille des craintes chez la communauté internationale en partie en raison des déclarations extrêmes d’Ahmadinejad, telles que son appel à la destruction de l’Etat d’Israël, et en partie aussi en raison du financement par le pays de groupes terroristes tels que les combattants du Hezbollah au Liban. Des bombes et des armes de fabrication iranienne ont été également utilisées contre les troupes britanniques en Irak.

Les tentatives de l’Agence internationale de l’Energie atomique pour déterminer l’évolution et l’objectif du programme nucléaire iranien ont échoué à plusieurs reprises. Une source de l’agence a affirmé que l’étendue de ses enquêtes sur les tentatives iraniennes d’acquisition de matériel pour des armes nucléaires était un « point controversé ». Il n’a pas confirmé si l’agence savait que l’Ukraine avait été un « acteur clé dans le processus ».

L’année dernière, le ministère public ukrainien a annoncé qu’ils enquêtaient sur la vente illégale d’au moins 18 missiles de croisière à l’Iran et à la Chine en 2001.

Les Ukrainiens étaient supposés avoir détruit ou transféré en Russie leur part de l’ancien arsenal nucléaire soviétique. Les Américains ont financé un vaste projet de désarmement, mais une partie considérable de cet arsenal aurait disparu pendant cette période d’intérim.

L’Ukraine a également hérité de milliers de tonnes d’armes conventionnelles d’Union Soviétique, certaines ont été retirées de la circulation et d’autres vendues à l’étranger, de manière légale ou illégale.