Sébastien MAILLARD, à Bruxelles
La Croix – Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé hier de nouvelles sanctions contre le régime iranien pour l’obliger à reprendre le dialogue. Sur l’Iran, l’Europe ne parvient pas seulement à parler d’une seule voix. Elle frappe. Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne, réunis lundi 26 juillet à Bruxelles – à l’exception de Bernard Kouchner retenu à Paris et remplacé par Pierre Lellouche, secrétaire d’État chargé des affaires européennes –, ont adopté une liste de nouvelles sanctions contre l’Iran, dont certaines entrent en vigueur après publication aujourd’hui et d’autres en septembre.
La mesure présentée comme la plus dure consiste à interdire tout nouvel investissement et envoi d’équipement dans les secteurs iraniens du gaz et du pétrole. Cette prohibition comprend aussi l’assistance technique et le transfert de technologies. En clair, Total, Shell, l’italien Eni, l’espagnol Repsol ne peuvent pas conclure de nouveaux contrats d’exploration pétrolifère ou gazière en Iran, exporter du matériel de raffinage et de liquéfaction du gaz.
« Il y aura des effets sur les investissements des entreprises européennes », confirme une haute source diplomatique française. Les échanges commerciaux deviennent aussi limités. Aucun vol-cargo de fret iranien ne pourra être autorisé en Europe.
L’objet reste de sanctionner d’abord l’Iran pour détourner Téhéran de son programme nucléaire. « Nous touchons aux canaux de financement de la prolifération en incluant les banques iraniennes par lesquelles transite ce financement », justifie un diplomate à Bruxelles.
« C’est un texte dur de sanctions »
Ces établissements ne pourront plus ouvrir de filiales en Europe. Tout transfert d’argent supérieur à 40 000 € venant d’Iran exigera l’autorisation du contrôle bancaire européen concerné dans les quatre semaines. Les sanctions européennes englobent aussi les transports, visant en particulier la compagnie de transport maritime de la République islamique d’Iran (IRISL), et ses filiales par des inspections dans les ports européens et en haute mer. Cette compagnie est accusée de violer l’embargo des Nations unies contre l’Iran.
Les Vingt-Sept s’en prennent aussi à ce que les diplomates nomment les « biens à double usage ». Enfin, la liste des personnalités iraniennes proches du régime interdites de visa pour se rendre en Europe est étendue.
En adoptant ce train de sanctions, l’Europe estime aller bien plus loin que les seules sanctions décidées contre l’Iran par le Conseil de sécurité de l’ONU le 9 juin dernier, qui seront elles aussi transposées en droit communautaire. L’UE n’est pas la seule à choisir ce durcissement. Les États-Unis, l’Australie et bientôt le Canada vont aussi au-delà des sanctions onusiennes.
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