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Iran : un parc de Téhéran « nettoyé » des traces du site nucléaire

Iran : un parc de Téhéran « nettoyé » des traces du site nucléaire CNRI – Con Coughlin, rédacteur en chef pour la défense et la sécurité du Daily Telegraph a divulgué la tentative de dissimulation par le régime iranien de son programme nucléaire dont la nature est fortement suspecte aux yeux des diplomates et experts occidentaux. Le centre de recherche atomique de Lavizan fait l’objet de l’article rédigé par Coughlin :

Les gardiens de la révolution iraniens ont pris l’incroyable initiative d’abattre des milliers d’arbres à Téhéran pour empêcher les inspecteurs des Nations Unies de trouver des traces d’uranium enrichi provenant d’une usine nucléaire top secrète.

Les informations sur cette opération de nettoyage nous arrivent au moment où le conseil des 35 membres de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique est réuni aujourd’hui à Vienne pour décider de renvoyer ou non l’Iran devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour n’avoir pas respecté ses obligations en vertu du Traité de Non-prolifération.

Selon des sources des services de renseignements occidentaux, plus de 7000 arbres qui auraient pu contenir des traces nucléaires compromettantes ont disparu d’une zone d’espaces verts prisée de la ville située près du centre de recherche atomique de Lavizan.

A la réunion d’aujourd’hui, Mohamed ElBaradei, secrétaire général de l’AIEA, doit remettre un rapport cinglant sur le programme nucléaire de l’Iran, qui selon Téhéran a pour unique but de développer l’industrie de l’énergie nucléaire nationale.

Mais ElBaradei va informer le conseil qu’il n’est pas en mesure d’affirmer que le programme nucléaire est « entièrement pacifique ». Il reproche à Téhéran son manque de « transparence » concernant son programme nucléaire. Son rapport va venir renforcer les suspicions des gouvernements occidentaux qui croient que l’Iran poursuit un programme clandestin de développement d’armes nucléaires.

L’Iran a menacé de commencer l’enrichissement de l’uranium à grande échelle si l’AIEA renvoyait son dossier devant le Conseil de Sécurité. Le négociateur nucléaire en chef de la République Islamique a déclaré à une conférence de presse : « La recherche et le développement va dans l’intérêt de notre nation et l’Iran ne reculera pas sur ce point. S’ils (l’Amérique et les alliés) veulent avoir recours à la force, nous poursuivrons notre propre chemin ».

Une des préoccupations principales pour l’AIEA est le comportement du gouvernement au sujet du complexe de Lavizan. L’AIEA a été informée de son existence seulement lorsque des exilés iraniens ont fourni des détails sur sa localisation dans une base militaire de Téhéran en 2003.

L’Iran était accusé d’utiliser ces installations pour mener des recherches sur l’enrichissement de l’uranium. Des officiers militaires israéliens affirment que les prototypes de quatre têtes nucléaires sont entreposés dans ce site.

Les responsables des services de renseignements occidentaux pensent que le site a été installé délibérément dans une zone fortement habitée pour éviter que les États-Unis et Israël, qui sont déterminés à empêcher que l’Iran développe des armes nucléaires, mènent des attaques aériennes préventives.

Les Iraniens ont réagi à cette divulgation par les exilés en rasant le complexe en 2004, avant que les inspecteurs de l’AIEA puissent mener une enquête complète.

Afin d’assurer qu’aucune trace compromettante d’activité nucléaire ne soit trouvée, ils ont même labouré le site et retiré environ quinze centimètres de terre.

Malgré ces efforts, les inspecteurs de l’AIEA ont tout de même trouvé des traces d’uranium enrichi dans la terre prélevée sur le site. Les agents secrets en ont déduit que les traces provenaient d’équipements nucléaires achetés au Dr A Q Khan, le « père » de la bombe nucléaire du Pakistan.

Des tests réalisés récemment dans cette zone par des scientifiques travaillant pour l’Agence de l’Énergie Atomique d’Iran ont montré des concentrations inhabituellement élevées de contamination à l’uranium dans les feuilles et les branches des arbres entourant le site. Les scientifiques ont unanimement recommandé que des dispositions soient prises dans le cas où les inspecteurs de l’AIEA décidaient de conduire d’autres visites.

L’ordre d’abattre les arbres a été donné par Mohamed Baker Khalibaf, maire de Téhéran, proche du président Mahmoud Ahmadinejad. L’explication officielle pour la destruction des arbres est la création d’un parc national.

« La destruction des arbres est encore un autre exemple des mesures que les Iraniens sont prêts à prendre pour dissimuler la nature réelle de leur programme nucléaire », a déclaré un haut responsable occidental.

« Mais après trois années de tentatives délibérées de dissimulation de leurs activités à l’AIEA, aucun des États membres n’est prêt à leur accorder le bénéfice du doute. »