Massacre à Achraf – n°108
Sur la base de nouveaux documents de l’intérieur de l’Iran, la Résistance iranienne révèle :
Le médecin légiste souligne que la plupart des victimes ont été tuées d’une balle dans la tête, et que beaucoup portaient des menottes
Selon des documents et des informations dignes de fois de l’intérieur de l’Iran, sur ordre du régime des mollahs, pour empêcher que l’ampleur du massacre du 1 septembre ne soit révélée et pour fuir les conséquences de ce crime contre l’humanité, dans une mesure inhumaine et contraire à l’islam, voilà près de quatre mois que Maliki empêche la restitution des dépouilles des 52 victimes à leurs familles et proches à Liberty pour les enterrer tout comme la publication des rapports d’autopsie à Bagdad. Les documents et rapports en question disent :
1- Les corps des victimes ont été envoyés par le médecin légiste de la ville de Baquba le 5 septembre pour autopsie et enquête à la direction médico-légale de Bagdad.
2- Tous les corps ont été autopsiés les 8 et 9 septembre par le médecin responsable de la section médico-légale de Bagdad qui a rédigé et signé un rapport pour chacun d’entre eux le 17 septembre. Dans les parties de ces rapports auxquelles il a été possible d’accéder, on peut lire les détails sur les blessures et la manière dont est morte chaque personne, la plupart du temps indiquant que « la cause du décès » est une « blessure par balle » à la tête.
3- Dans plusieurs cas des rapports médico-légaux, notamment les cas d’Ebrahim Assadi et Rahman Manani, il est souligné que « les mains étaient attachées dans le dos avec des menottes métalliques ». Or l’enquête factice de Maliki prétend qu’aucune menotte n’a été trouvée sur les corps des victimes.
4- La direction de la médecine légale de Bagdad a mis le 19 septembre les rapports d’autopsie de toutes les victimes dans des enveloppes scellées pour les remettre au « centre de police du « Nouvel Irak »/ Diyala » (le poste de police à Achraf). Mais les services du premier ministre irakien, redoutant que l’ampleur et les auteurs du crime ne soient révélés, n’ont pas permis que ces documents soient remis au juge d’instruction de la ville de Khalis. Le poste de police d’Achraf, sur ordre du juge d’instruction, a envoyé ses agents à plusieurs reprises, notamment le 5 novembre, récupérer ces documents. Mais les services du premier ministre refusent de les remettre au juge d’instruction.
5- Après plusieurs relances du juge d’instruction via le poste de police d’Achraf, finalement le 1er décembre seuls les rapports d’autopsies de 16 victimes (et non des 52) ont été remis à la police d’Achraf.
6- Il faut noter que puisque les corps des victimes avaient été remis à la médecine légale de Bagdad et bien que les autopsies fussent encore incomplètes, le bureau de la médecine légale avait demandé à l’avance au magistrat instructeur Azamiyeh d’autoriser l’enterrement des victimes au cimetière de Bagdad, faute de parents et parce que personne n’était venu les réclamer.
7- Il faut rappeler que le 2 septembre, les corps des victimes avaient été remis par les habitants d’Achraf à M. Francesco Motta, directeur du bureau des droits humains de la MANUI en Irak et aux forces irakiennes et les corps avaient été transférés à l’hôpital de Baquba. Ainsi en un bref laps de temps, les autopsies et les procédures légales ont été effectuées et il n’y a eu aucun obstacle pour empêcher la restitution des corps aux habitants.
8- Les représentants de la MANUI, ou tout autre organe international impartial dans ce domaine, n’étaient pas présents lors de l’autopsie en violation de l’accord initial. Or c’était une des conditions posées par les Achrafiens pour remettre les corps.
Par crainte des conséquences du crime contre l’humanité, pour s’en laver les mains et préparer la voie à de futures atrocités, Maliki cherche sans succès à détruire toutes les preuves. La non-restitution des corps des victimes et les obstructions faites à la procédure médico-légale entrent dans ce cadre.
Ces quatre derniers mois, dans des rencontres, des contacts téléphoniques et des courriers aux autorités américaines et onusiennes et par le biais de dizaines de rapports quotidiens de Liberty envoyés par le conseiller juridique des habitants à toutes les autorités concernées, les Achrafiens, leurs représentants et leurs avocats n’ont cessé ont demandé que les corps des victimes leurs soient restitués pour pouvoir les enterrer.
Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, a condamné maintes fois cette prise d’otages des dépouilles mortelles par le gouvernement irakien, notamment dans une conférence internationale à Paris le 7 décembre et dans une audition de la commission des droits de l’homme au sénat italien le 18 décembre. Elle a demandé qu’il soit mis fin à cette attitude inhumaine.
Une fois de plus, la Résistance iranienne souligne la nécessité pour l’ONU de mener une enquête indépendante et détaillée sur le massacre du 1 septembre à Achraf et de soumettre ce dossier à la cour pénale internationale. Elle considère que tout retard prépare le terrain à de futures atrocités. Le silence et l’inaction face au crime contre l’humanité encouragent des criminels comme Khamenei et Maliki à poursuivre leurs atrocités et à démentir la vérité.
Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 26 décembre 2013

