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Lord Clarke : Le projet de l’ambassadeur Butler pour le camp d’Achraf est absolument dangereux

Par Lord Clarke of Hampstead

Roll Call (Le Journal du Capitol Hill), 3 août – Le Général Hugh Shelton, l’ancien commandant suprême des forces américaines, l’a formulé poliment lorsqu’il a demandé récemment dans le cadre d’une conférence à Washington au sujet du projet de l’ambassadeur Lawrence Butler pour le camp d’Achraf : « Qu’est-ce que cet homme a bu ? ».

Les 3400 femmes et hommes du camp d’Achraf, en Irak, sont les ennemis des ayatollahs d’Iran – les mêmes ayatollahs qui ont financé, entraîné et armé les groupes terroristes responsables du meurtre de troupes britanniques et américaines en Irak et en Afghanistan.

L’organisation politique à laquelle appartiennent les résidents d’Achraf, l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), était la première en 2002 à lever le voile sur le programme clandestin des armes nucléaires des ayatollahs. De fait, les ayatollahs d’Iran feraient littéralement n’importe quoi pour éliminer ces opposants iraniens.

En 2004, les plus hauts responsables militaires américains ont reconnu les résidents du camp d’Achraf comme « personnes protégées » en vertu de la Quatrième Convention de Genève, et ont signé des accords avec chacun de ces hommes et femmes, promettant de les protéger jusqu’au moment où leur situation finale serait déterminée.

En 2009, revenant sur sa promesse malgré les protestations internationales, le Département d’État a accédé aux demandes du premier ministre Nouri al-Maliki (l’homme des ayatollahs en Irak) de donner les résidents d’Achraf aux forces irakiennes sous son commandement. C’était une scène  rappelant des forces néerlandaises accédant aux demandes de Ratko Mladic de remettre les Musulmans bosniaques à Srebrenica à son Armée de la République Serbe. A l’instar du cas de Mladic et des forces néerlandaises, Maliki a donné aux États-Unis des assurances que les résidents d’Achraf ne seraient pas malmenés. Cette promesse était aussi creuse que celle de Mladic, et le Département d’État savait cela.

Maliki a immédiatement ordonné de placer le camp d’Achraf sous un siège et d’interdire à toute personne d’entrer ou de sortir du camp. Des congressmen américains et des parlementaires européens en visite en Irak se sont vus refuser l’accès au camp, tout comme les journalistes, les avocats et les membres de famille des résidents du camp.

Peu de temps après avoir été remis entre les mains des forces de Maliki en 2009, et sous le regard du personnel militaire américain, les forces de Maliki ont attaqué les résidents du camp d’Achraf, tuant 11 personnes et blessant plus de 500 autres.

Deux ans après, les scènes de tuerie et de pillage des forces de Maliki se sont répétées – mais cette fois en pire. Trente-six résidents, dont huit femmes, ont été tués par balle ou écrasés par des véhicules militaires blindés.

Les résidents du camp d’Achraf, hautement diplômés et technologiquement avancés, ont été en mesure d’envoyer des vidéos de l’attaque à travers le monde par le biais d’internet. Les images étaient véritablement atroces.

Condamnant cette attaque, la chef des Droits de l’Homme de l’ONU, Navi Pillay, a appelé à une enquête sur les meurtres et déclaré : « Il n’y a pas d’excuse possible pour ce nombre de victimes ».

Heureusement, Mladic est désormais à La Haye, face aux accusations de crimes de guerre, et Maliki est convoqué par la justice en Espagne pour les crimes commis à Achraf. La place légitime de Maliki est dans la cellule voisine de celle de Mladic, et avec un peu de chance, c’est là qu’il finira.

Tout comme leurs compatriotes en Iran et leurs semblables manifestants pour la démocratie à travers le monde arabe, les résidents d’Achraf possède un dispositif technologique et le pouvoir d’internet. Utilisant les téléphones portables, les appareils photo et vidéo et autres technologies sophistiquées, les résidents d’Achraf ont été en mesure, en quelques minutes, de communiquer par le biais d’internet avec le monde extérieur et de rapporter les crimes commis contre eux. La communauté internationale a alors été obligée de répondre, avec des condamnations étendues et généralisées des gouvernements britannique, américain et autres.

C’est dans ces circonstances que le projet de l’ambassadeur Lawrence Butler de déplacer les résidents d’Achraf vers une zone plus éloignée en Irak contre leur volonté est absolument dangereux. Le transfert mènerait à la désagrégation du groupe et mettrait un terme à leur capacité de communiquer avec le monde extérieur en utilisant les technologies et l’internet. Cela laisserait les résidents à la merci des forces de Maliki.

Il n’y a tout simplement pas la moindre justification pour le projet de l’ambassadeur Butler, autre qu’apaiser les ayatollahs de Téhéran et leur agent Maliki. Pour un représentant du gouvernement américain, faire la basse besogne des ayatollahs d’Iran (l’État au monde le plus actif en tant que commanditaire du terrorisme) est une honte.

J’ai un message pour l’ambassadeur Butler : Maliki peut montrer davantage d’engagement à commettre des crimes contre l’humanité qu’à respecter le droit international, mais vous, vous êtes obligé d’agir dans le cadre de la loi et des normes internationales.

Prenez de la distance des souhaits des ayatollahs d’Iran et, au lieu de cela, soutenez la solution humanitaire présentée par le Parlement européen de transférer les résidents d’Achraf vers les pays européens et d’autres pays démocratiques dans lesquels leurs droits humains primaires seront respectés.

Le Département d’État est entièrement responsable et redevable de la situation difficile actuelle des résidents d’Achraf, et ce n’est pas une responsabilité face à laquelle les congressmen américains et les législateurs européens laisseraient filer le Département d’État.

Lord Clarke of Hampstead est un ancien président du parti travailliste britannique et un membre du Comité parlementaire britannique pour un Iran libre.