vendredi, février 3, 2023
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L’Iran prépare l’enrichissement d’uranium, selon des diplomates à l’AIEA

ImageAFP, Vienne – L’Iran est en train de jeter les fondations pour l’enrichissement d’uranium, un processus qui, une fois maîtrisé, est déterminant pour fabriquer l’arme nucléaire, déclarent des diplomates à deux jours de nouveaux pourparlers, mercredi à Vienne.
Certains diplomates, tout comme la résistance iranienne, affirment que l’Iran n’a jamais cessé de fabriquer des pièces pour des centrifugeuses qui, reliées entre elles en "cascade", fabriquent de l’uranium enrichi à partir d’hexafluorure d’uranium (UF6) obtenu par conversion.

Pour un diplomate membre du conseil des 35 gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), "l’Iran possède les machines-outils qui lui permettraient de construire chaque jour plusieurs P2 (centrifugeuses sophistiquées) et l’AIEA n’en saurait rien".

Interrogée à ce propos par l’AFP, l’AIEA s’est refusée à tout commentaire.
Enrichi à des degrés divers par des centrifugeuses, l’uranium peut servir à la fois de combustible dans les centrales nucléaires civiles mais aussi à la fabrication de l’arme atomique.
 
Pour le diplomate, "il existe des soupçons et un sentiment d’inquiétude à propos de l’activité soutenue dans plusieurs ateliers militaires comme Machhad, Moborakeh et Nobonyad".
"Le Conseil national de sécurité iranien est en train de délibérer sur le moment où le pays reprendra l’enrichissement", a indiqué à l’AFP un diplomate ayant accès à des sources de renseignement et qui a requis l’anonymat.
 
"L’Iran produit en série et assemble des pièces de centrifugeuses. La production s’est poursuivie sans interruption depuis qu’il en a acquis le savoir-faire", selon lui.

Le négociateur iranien en chef, Ali Larijani, a affirmé récemment que l’Iran ne renoncerait pas à ses ambitions de maîtriser tout le cycle du combustible nucléaire mais qu’il attendrait le résultat de nouveaux pourparlers avec les Européens avant de reprendre l’enrichissement suspendu depuis novembre 2004.
Selon un diplomate, l’Iran assemble ses centrifugeuses dans des ateliers militaires qu’"il n’a pas soumis aux accords de sauvegarde de l’AIEA".
Ces déclarations surviennent avant une reprise, mercredi à Vienne, de pourparlers entre l’Iran et trois pays de l’Union européenne — France, Allemagne et Grande-Bretagne (UE-3)– sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.
 
Ces pourparlers avaient été interrompus en août par l’UE-3 après que l’Iran eut repris ses activités de conversion de l’uranium, étape préalable à l’enrichissement.

La troïka de l’UE exige de la République islamique qu’elle renonce à toutes les activités liées à l’enrichissement, y compris la mise au point de centrifugeuses.
La recherche-développement (R-D) dans le domaine de l’enrichissement "est effectivement la phrase-clef et on peut imaginer que la stratégie de l’Iran consiste à obtenir l’approbation de l’UE pour cette R-D", a indiqué le premier diplomate.
Pour David Albright, expert en prolifération nucléaire à Washington, "ce qui importe c’est une mise en service de la +cascade+ expérimentale formée de 164 centrifugeuses (déjà construite sur le site de Natanz)". "Il n’est pas souhaitable que les Iraniens mettent en oeuvre des +cascades+ parce qu’une fois en route, comment faire pour les arrêter?", a-t-il noté.
Pour l’Occident, l’enrichissement de l’uranium constitue le point de non-retour avant une saisine du Conseil de sécurité des Nations unies, implicitement prévue dans une résolution adoptée fin septembre par le conseil des gouverneurs de l’AIEA, l’organe exécutif de l’agence onusienne.

L’Iran affirme que le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) lui donne le droit d’enrichir sur son territoire du combustible nucléaire civil.

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