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Les USA ont une responsabilité morale et juridique vis-à-vis d’Achraf – Louis Freeh, ancien chef du FBI

CNRI – « Les faits et la loi sont tout-à-fait en contradiction avec le maintien de cette organisation sur la liste terroriste. Et ces absurdités et cette confusion de notre Département d’État et de certains de ses ambassadeurs, sont absolument sidérantes. Les États-Unis ont non seulement une responsabilité morale, mais également juridique, une responsabilité contractée de protéger les 3400 résidents dans le camp d’Achraf. Il s’agit d’un engagement signé », a déclaré Louis Freeh à Paris le 20 juillet 2011.

Cet ancien patron du FBI (1993 – 2001) s’exprimait dans une conférence internationale réunissant politiciens et juristes de haut rang des Etats-Unis, de Belgique, de Suisse, d’Espagne et de France, en présence de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne. Les interventions ont porté sur la situation du camp d’Achraf en Irak qui abrite 3400 opposants iraniens.

Sont intervenus à cette conférence présidée par Mme Anne-Marie Lizin, ancienne présidente du Sénat de Belgique : Maryam Radjavi, Howard Dean, président du parti démocrate américain (2004-2009), les députés français Jean-Philippe Maurer, Jean Dionis du Séjour, Abdolatifou Aly, le maire du 1er arrondissement de Paris Jean-François Legaret, l’ancien directeur de la DST Yves Bonnet, le magistrat François Colcombet, membre fondateur du Comité français pour un Iran démocratique, des juristes éminents comme Me Juan Garcès, avocat espagnol de premier plan, Mme Vera Gowlland-Debbas, professeur de droit international à l’université de Genève, et Me François Serres, directeur exécutif du comité international des juristes en défense d’Achraf.

Voici les moments forts de l’intervention de Louis Freeh :

Nous sommes fiers d’être Américains. Nous aimons notre pays, mais notre pays a fait de sérieuses erreurs dans cette région [du Moyen-Orient], et il fait des erreurs dangereuses et fatales à l’égard d’Achraf et de la politique que nous poursuivons. J’étais récemment à Londres. J’ai emmené mes enfants au musée de la guerre. Vous avez probablement vu, le bunker du Premier ministre sous la ville de Londres durant la guerre. Et cela m’a rappelé la courageuse lutte, Madame Radjavi, que vous et vos collègues avez poursuivie. Pas seulement ici, en France, mais certainement sur les lignes de front en Iran, et certainement aujourd’hui à Achraf. Et je vous recommanderais simplement, même si je sais que vous n’avez pas besoin de recommandations, les paroles du Premier ministre britannique en temps de guerre: « Ne capitulez jamais, jamais, jamais, jamais ». Je pense que vous menez ce combat de la liberté. Et dès que nous retirerons l’OMPI de la liste, mes collègues et moi, aux États-Unis, aimerions vous y accueillir. Et j’aimerais vraiment vous faire visiter notre siège du FBI lorsque vous viendrez à Washington.

Vous savez qu’ici nous sommes en France, le berceau de la liberté, qui a inspiré et sauvé  les États-Unis naissants alors qu’ils combattaient pour la liberté. Lors de la dernière guerre au sein de ce pays et ailleurs en Europe. Vous savez, les personnes qui résistaient à la violence, au terrorisme, à la terreur d’État, écrivaient des graffiti et des choses sur les murs, comme « liberté ».

En Iran, ils écrivent, « mah hastim » qui signifie, je pense, « nous existons et nous sommes libres, et nous avons besoin de votre soutien ». Le soutien doit à présent venir des États-Unis d’Amérique. Churchill a également déclaré, si vous vous en souvenez, qu’on peut compter sur les Américains pour prendre finalement la bonne décision après avoir épuisé toutes les autres possibilités. Eh bien, au bout de 14 ans, il n’y a plus de possibilité raisonnable vis-à-vis de ce qui se passe dans notre Département d’État, dans notre gouvernement, et de la mauvaise décision et de l’impact mortel que cela a pour l’OMPI et le camp d’Achraf. Nous demandons à notre Département d’État – Howard Dean et moi étions samedi à deux pas, quasiment, du Département d’État – de retirer l’OMPI de la liste, afin de protéger les courageux résidents du camp d’Achraf, et de protéger et soutenir les combattants de la liberté en Iran et en particulier l’OMPI dans leur rôle de leader – la seule organisation crédible et résolue en quête de liberté dans ce pays. C’est pourquoi le régime a fait tout ce qu’il pouvait, œuvrant directement mais également à présent, par le biais de son mandataire à Bagdad, pour ébranler et anéantir les combattants de la liberté et leurs dirigeants.

Vous savez, notre nouveau directeur de la CIA était à Bagdad récemment. Vous avez peut-être entendu ses déclarations et nous pensons aujourd’hui que c’est une déclaration très appropriée pour nos collègues du Département d’État qui révisent cette question depuis plus d’un an maintenant, une déclaration dont ils devraient tenir compte et qu’ils devraient comprendre. Ce qu’il a dit au premier ministre Maliki et ce que nous déclarons à notre Département d’État  c’est : « Zut, prenez une décision! » Comme nous venons de l’entendre du gouverneur Dean, la décision d’inscrire l’OMPI sur la liste des organisations terroristes étrangères était une décision purement politique. Elle n’a aucune base factuelle, elle n’a plus de base juridique et le Département d’État perd du temps, et il menace et met en péril de nombreuses vies avec ce retard prolongé, dont, comme vous le savez, c’était samedi l’anniversaire, cela fait un an que le Département d’État a envoyé cette question à la cour. La cour d’appel de Washington l’a renvoyé au Département d’État et a déclaré: « (1) vous avez violé les droits constitutionnels de cette organisation à une procédure régulière; (2) vous n’avez pas convaincu la majorité de la cour de la crédibilité des sources auxquelles vous vous fiez pour déterminer que ce groupe est une organisation terroriste étrangère. Remontez, refaites-le, et laissez l’OMPI voir vos renseignements ainsi que vos sources ».

Eh bien, cela ne s’est pas produit. En une année, ce que nous avons vu au Département d’État, c’est du retard, de l’obscurcissement, de l’obstruction, des entraves et aucune décision. Ce n’est pas, comme l’a déclaré le gouverneur Dean, une décision difficile. Cette décision, si vous la basez sur les faits et sur la loi, est évidente. Les faits sont ici très clairs. C’est une organisation qui a renoncé à la violence. Elle a remis ses armes aux forces américaines. Elle a fourni des renseignements primordiaux aux États-Unis ainsi qu’à d’autres gouvernements à l’égard du développement du Programme d’Énergie Nucléaire, comme ils l’appellent, à Téhéran. Toutes ses actions ont été faites dans le respect de la loi. Le plan en 10 points de Mme Radjavi est un plan éloquent, un excellent plan en matière de droits de l’homme, respectant les droits à la liberté de religion et des femmes, qui, non seulement en Iran, mais dans de nombreux autres lieux à travers le monde, ne sont pas des droits protégés.

Et bien, c’était en 1997. Nous en sommes bien loin maintenant. Les faits et la loi sont tout-à-fait en contradiction avec le maintien de cette organisation sr la liste terroriste. Et ces absurdités et cette confusion de notre Département d’État et de certains de ses ambassadeurs, sont absolument sidérantes. Vous savez, ce « démantelez votre organisation et circulez ». Ce serait l’équivalent de ce que les puissances occidentales dans les années 1930 disaient, qu’il fallait démanteler le ghetto de Varsovie et que les Juifs piégés là-bas devaient aller ailleurs. Les États-Unis ont non seulement une responsabilité morale, mais également juridique, une responsabilité contractée, dirait un avocat, de protéger les 3400 résidents dans le camp d’Achraf. Il s’agit d’un engagement signé. C’était la promesse de notre gouvernement des États-Unis, faite par notre armée. Nous ne pouvons ignorer cela. Nous ne pouvons détourner nos têtes. Nous avons une responsabilité morale d’accomplir cela. L’idée que nous puissions déplacer et transporter le camp n’a absolument aucun sens.
 
En 1997, lorsque cela s’est produit, le FBI était au milieu d’une enquête sur des attentats. Vous vous en souvenez peut-être, en 1996, dans la province Est de l’Arabie Saoudite. Les tours Khobar. Ça avait explosé. Dix-neuf Américains avaient été tués. Alors, nous avons ouvert une enquête criminelle. Nous avons très rapidement découvert, avec beaucoup d’efforts, de dur labeur et d’enquêtes à l’extérieur des États-Unis, que le groupe du Hezbollah qui avait attaqué et tué ces 19 Américains était financé, entraîné, recruté et protégé par les pasdaran d’Iran. Il s’agissait d’une opération classique des pasdaran. C’était des membres du Hezbollah saoudien, mais ils s’étaient entraînés dans la vallée de la Bekaa. Ils avaient eu leur passeport à l’ambassade iranienne à Damas. Un certain général Charifi des pasdaran avait conçu et mené l’opération.

Nous avons alors rassemblé toutes ces preuves. Nous les avons amenées au Conseiller à la sécurité nationale des États-Unis. On a dit au Conseiller qu’il s’agissait d’une opération planifiée, conduite et exécutée par les pasdaran du gouvernement iranien. Et la réponse qu’il m’a donnée, à ce moment-là, une réponse incroyable : « Qui est au courant de cela ? ». Et j’ai répondu : « Beaucoup de personnes sont au courant maintenant et beaucoup d’autres le seront encore si nous poursuivons les charges et l’accusation criminelle ». Cela a pris un an ou deux pour les poursuivre. Et le gouvernement iranien était désigné dans cette accusation ; ce qui est toujours une accusation en suspens à l’encontre des 14 personnes qui ont commis ce crime.

Mais le fait est que les États-Unis à ce moment-là ne voulaient pas voir la réalité de ce qui se passait en Iran. Tout comme aujourd’hui ils ne veulent pas voir la réalité de ce qui se passe en Irak. Nous sommes devenus, comme l’a formulé le Gouverneur Dean, l’agent préposé du régime de Téhéran qui commet des crimes de guerre et réprime la seule force crédible et efficace pour un changement et la liberté en Iran. Cela doit donc cesser. Nous devons réagir rapidement. Avec tout le respect dû aux avocats et aux juges. J’étais moi-même juge fédéral aux États-Unis. La loi agit très lentement. Nous sommes déjà en retard par rapport à la date du retrait des forces américaines. Tous nos tribunaux ont statué à ce propos, ont donné des directives, ont dit aux décideurs politiques et aux politiciens ce qu’ils sont supposés faire. Nous les appelons à accomplir ce qu’ils sont doivent accomplir, faire ce qui est juste et correct, faire ce que leur obligation à la fois morale et légale les pousse à faire.

Ils doivent donc retirer l’OMPI de la liste. Ils doivent protéger les résidents du camp d’Achraf par tous les moyens qui sont nécessaires. Et ils doivent soutenir, le plus important, les organisations de lutte pour la liberté et les combattants de la liberté, ainsi que l’avenir de ces personnes qui sont en danger.

Je suis très fier d’être Américain. Je suis également ressortissant italien. Je suis très déçu par notre gouvernement – pas par notre pays – parce que nous sommes si loin en arrière, nous avons laissé passer tant de fois cette question. Et nous espérons, comme l’a déclaré le gouvernement, que nous ne la laisserons pas encore passer. Il est essentiel que les États-Unis agissent. Cela serait bien d’écouter davantage la justice, qu’elle soit à Washington, en Espagne ou ici à Paris. Mais il s’agit d’un impératif moral pour les dirigeants. Cela requiert un courage moral. Cela requiert de l’action de manière opportune. Et nous exhortons très fortement notre Département d’État à agir, parce que ne pas agir n’est pas seulement de l’inaction dans ce cas précis. En n’agissant pas, comme le premier ministre Maleki l’a dit il y a juste deux semaines aux membres du congrès, « votre propre gouvernement désigne l’OMPI comme une organisation terroriste, alors qu’attendez-vous de moi ? ».

C’st donc devenu un permis de tuer, un permis de commettre des crimes de guerre. je crains que cela ne devienne le moyen par lequel seront tués et exécutés des innocents. Il faut donc l’arrêter. les USA doivent agir. Notre gouvernement doit agir et nous continuerons à travailler très dur aux USA.  Nous ne sommes que deux aujourd’hui à représenter les USA mais comme vous le savez, ce n’est pas un problème politique, bipartite. Un groupe est venu ici pour y travailler. Nous avons d’anciens directeurs de la CIA, nous avons un ancien ministre de la justice, nous avons un ancien conseiller à la sécurité nationale du président. Nous avons un secrétaire à la sécurité intérieur. Nous avons trois chefs à la retraites de l’état-major des armées. Nous avons des généraux, des ambassadeurs. Nous avons des experts en contre-terrorisme. Pensez-vous que l’un d’entre nous dirait ce que nous disons si pendant une seconde il pensait que cette organisation avec des intentions ou des capacités ou des plans terroristes ? Elle n’en a pas et les USA doivent agir.

 

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