mercredi, décembre 7, 2022
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Les Nations Unies doivent sanctionner Al-Maliki concernant les violations des droits de l’homme

Par Lord David Waddington 

THE HILL (Congress Blog), 17 juin – Amnesty International a récemment publié un rapport accablant exposant en détails les diverses violations des droits de l’homme commises par les autorités irakiennes pour réprimer des protestations à l’encontre des dirigeants irakiens. Au cours de la seule semaine dernière, plus d’une douzaine de militants politiques ont été arrêtés en Irak dans le but de tenter d’empêcher de nouvelles protestations face au manque de réformes au sein du pays.

Malheureusement au milieu du déluge de protestations se propageant au sein du Moyen-Orient, le sort du peuple irakien et les violentes mesures de répression de la part des forces de Nouri al-Maliki à l’encontre des protestations pacifiques de la population irakienne ont été oubliés.

Alors que la Syrie, la Libye et de nombreuses autres nations en Afrique du Nord et le Moyen-Orient sont au bord de la révolution, l’Occident ne doit pas oublier le devoir qu’il a vis-à-vis du peuple irakien. Les membres de la coalition qui sont entrés en Irak en 2003 ont promis d’apporter la liberté et la démocratie à la population irakienne, non de la laisser entre les mains d’un dirigeant qui semble résolu à montrer sa loyauté au régime iranien plutôt que d’écouter son peuple qui demande des progrès démocratiques.

Une affaire a été particulièrement soulignée par Amnesty International. Cette affaire étant celle d’une attaque le 8 avril de la part des forces irakiennes à l’encontre du camp d’Achraf, lieu de résidence de 3 400 dissidents iraniens et membres du plus grand groupe d’opposition, l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI). Des enregistrements vidéos de l’attaque, filmés par des résidents montrent les forces irakiennes utilisant des balles perforantes de mitrailleuses Kalachnikov pour abattre des résidents non-armés et les écrasant avec de lourds véhicules militaires et des Humvees. Ces résidents s’étaient vus garantir une protection par la coalition.

L’attaque qui, l’ONU l’a confirmé, a fait 36 morts parmi les résidents et 350 blessés, a été un massacre militaire de civils non-armés sanctionné par l’État. Ce massacre a été perpétré par une force militaire irakienne formée et armée avec l’argent des contribuables britanniques, européens et américains. Ce n’est pas l’Irak pour lequel les troupes de la coalition ont donné leur vie.

Les gouvernements britannique et américain, les acteurs clés de la coalition qui ont débuté l’invasion en 2003 ainsi que l’Union européenne, qui a désormais de vastes relations commerciales avec l’Irak doivent envoyer un message simple et clair à Nuri Al-Maliki. Le message étant que de tels actes ne seront pas tolérés. Malheureusement pour le moment il semble que la conciliation avec Al-Maliki soit à l’ordre du jour, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague et la Secrétaire d’État américaine Clinton ne peuvent même pas se décider à qualifier l’attaque du camp d’Achraf comme un massacre, mais c’était indubitablement un massacre.

La semaine passée, Al-Maliki a ordonné l’expulsion d’Irak d’une délégation bipartite du Congrès américain, après que le groupe de six membres de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre ait demandé à visiter le camp d’Achraf pour enquêter sur le massacre.

Les gouvernements britannique et américain de même que l’UE ne doivent pas demeurer silencieux face à une telle brutalité et doivent empêcher l’Irak d’étouffer l’affaire. Laissez Al-Maliki massacrer des opposants non armés de ses alliés de Téhéran et rapidement ses armes seront pointées sur ses opposants politiques en Irak alors que Téhéran gagnera le contrôle de chaque centimètre du sol irakien.

Si les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’UE échouent à tour de rôle à faire face à l’agression d’Al-Maliki, à ses violations des droits de l’homme et à ses mesures de répression systématiques des protestations, alors l’Irak reviendra pas par pas à l’époque de la persécution et du meurtre des minorités.

Pour envoyer un message clair à Al-Maliki indiquant que ces actions ne seront pas acceptées, le gouvernement britannique, l’administration américaine et l’UE doivent présenter une résolution au niveau du Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant des sanctions contre le gouvernement irakien si les droits des résidents d’Achraf ne sont pas protégés et si les violations des droits de l’homme se poursuivent. Chacun doit également préciser que l’aide apportée à l’Irak et le commerce cesseront si ces actions se poursuivent.

S’il y a des mesures afin d’assurer la protection, par les Nations Unies, des résidents du camp d’Achraf, l’Irak que nous promettions quand nous avons envoyé nos troupes dans ce pays en 2003 pourrait devenir une réalité. Ne pas agir maintenant signifie renforcer un homme prêt à faire allégeance à la plus grande menace pour la paix dans le monde aujourd’hui, le régime au pouvoir en Iran.

L’Honorable Lord David Waddington QC, est un ancien ministre de l’Intérieur britannique et leader de la Chambre des Lords britannique, à la retraite.

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