lundi, décembre 5, 2022
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Les Moudjahidine réclament le transfert d’Achraf à l’étranger

Iran. A l’heure où l’Irak menace de fermer le camp de réfugiés fin 2011, plus de 300 résistants iraniens ont demandé hier à Genève la protection de l’ONU.

Par Pauline Cancela

Le Courrier (Suisse), 9 août – Alors que le sort des réfugiés iraniens d’Achraf est sur la sellette, des centaines de manifestants ont marqué hier le centième jour de sit-in devant le Palais des Nations à Genève. Depuis l’attaque du camp le 8 avril dernier par les forces irakiennes, la Résistance iranienne demande instamment à l’ONU et aux Etats-Unis leur protection. 

S’ajoute la question du transfert des habitants – membres de l’organisation des Moudjahidine du peuple (OMPI) pour la plupart- car le gouvernement de Bagdad a promis à Téhéran de fermer Achraf pour la fin de l’année 2011. A la tribune hier, Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la résistance en exil, a condamné les attaques de l’armée irakienne et pointé la responsabilité de Washington dans le massacre. Elle était accompagnée de parlementaires suisses ainsi que des membres du comité suisse pour la défense d’Achraf. Tous craignent un « nouveau Srebrenica ».

Face à l’ultimatum lancé par Bagdad, des eurodéputés ont proposé un plan de sortie de crise, aujourd’hui préconisé par la Résistance. Il exige, dans un premier temps, le retrait des troupes actuellement postées dans le périmètre d’Achraf et la fin du blocus imposé aux 2400 réfugiés. En outre, l’OMPI et les parlementaires européens demandent la mise en place d’une mission permanente de l’ONU et une protection de la part des troupes américaines encore sur place. Et ce jusqu’à ce que les résidents aient été transférés dans des pays tiers.

« Sans ces garanties, le risque d’un nouveau massacre est là », avertit Afchine Alavi, représentant l’OMPI. Il rappelle que l’Irak prévoit de déplacer les Achrafiens à l’intérieur de ses frontières. Ce qui les rendrait encore plus vulnérables aux régimes de Téhéran et de Bagdad. D’autant qu’en avril, l’attaque a fait 36 morts et 345 blessés, amenant à 47 le nombre total de tués depuis le premier raid de 2009. « A la suite de la révolte arabe, souligne M. Alavi, l’Iran est sous tension. Il craint l’effondrement de la Syrie, garant de son équilibre avec les Etats-Unis. Dès lors, la pression pèse sur l’Irak, dont le premier ministre Al-maliki est monté au pouvoir justement grâce au régime des Mollah, qui demandait, en contrepartie, le démantèlement d’Achraf ».

Désarmé en 2003, le camp était sous contrôle américain jusqu’à ce que le Pentagone en cède la protection à l’armée irakienne. Si les Moudjahidine restent très controversés, cette manœuvre a été fortement décriée par la communauté internationale. La haut commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay, a récemment reconnu que la situation est aujourd’hui « intenable ».

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