BRUXELLES, 19 oct 2011 (AFP) – Les forces irakiennes se préparent à attaquer le camp d’Ashraf, au nord de Bagdad, où vivent quelque 3.400 réfugiés iraniens opposés au régime de Téhéran, a mis en garde mercredi la dirigeante du principal mouvement d’opposition iranien en exil, Maryam Radjavi.
L’attaque serait « imminente » et pourrait conduire à « un bain de sang », a affirmé Mme Radjavi à l’AFP en marge d’une réunion au Parlement européen à Bruxelles.
La présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a indiqué avoir obtenu des renseignements sur « l’imminence » d’une attaque « depuis l’intérieur du corps des gardiens de la révolution » iraniens.
« Selon ces informations, a-t-elle précisé, les forces irakiennes aux ordres de Nouri Al-Maliki (le président irakien, NDLR), viennent d’achever de planifier et de préparer une nouvelle attaque contre Achraf pour déclencher un bain de sang. Elles viennent également de terminer leur entraînement pour cet assaut. Selon ce rapport l’ensemble des étapes a été supervisé par le guide suprême des mollahs Ali Khamenei et la force +terroriste+ al-Qods », les forces spéciales du corps des Gardiens de la révolution iraniens.
Mme Radjavi a demandé à l’UE, aux Etats-Unis et à l’ONU d’agir « de toute urgence pour empêcher un nouveau bain de sang ». Elle a souhaité notamment « l’installation d’une équipe d’observateurs permanents de l’ONU à Achraf » et réclamé une nouvelle fois que le camp ne soit pas fermé tant qu’une solution, sous l’égide du HCR, n’aura pas été trouvée pour ses résidents.
Le gouvernement irakien a prévu de fermer le camp d’Ashraf d’ici au 31 décembre. Situé à 80 km au nord de Bagdad, ce camp abrite quelque 3.400 personnes, liées à l’Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI).
Déclaré hors-la-loi en 1981 par le régime islamiste au pouvoir à Téhéran, ce mouvement a été accueilli quelques années plus tard en Irak, en pleine guerre contre l’Iran.
Le camp a été désarmé après l’invasion des Etats-Unis et de ses alliés en Irak en 2003. Les Américains ont alors assuré la sécurité du camp avant de la transmettre en 2010 aux Irakiens.
Les Moudjahidine, qui demeurent des opposants résolus au régime iranien, sont depuis lors un sujet de contentieux entre Bagdad et Téhéran.
En avril, l’armée irakienne avait lancé un raid contre le camp causant la mort de 34 personnes et faisant plus de 300 blessés.

