lundi, février 6, 2023
AccueilActualitésActualités: Droits humainsLes exécutions de mineurs se multiplient en Iran

Les exécutions de mineurs se multiplient en Iran

Alireza JaffarzadehPar Alireza Jafarzadeh

Fox News, 14 septembre – A moins d'un an de l’élection présidentielle de juin 2009, le régime de Téhéran est assailli par la montée des crises politiques au sommet de l’Etat. Pour tenter de repousser la déferlante, les ayatollahs intensifie la répression de la population. L'apparente accalmie dans la campagne internationale contre le programme d'armes nucléaires de Téhéran n’a apporté aucun répit aux condamnés à mort en Iran.

Au début du mois, le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s’est dit gravement préoccupé par les violations en Iran. Un responsable onusien des droits de l'homme, Rupert Colville, a déclaré « le 27 juillet, par exemple, il y a eu 29 exécutions. Un mois plus tard, le 28 août, cinq autres personnes, dont une femme, ont été exécutés. En tout, plus de 220 personnes, dont six mineurs délinquants, ont déjà été exécutés cette année en Iran. »

« L’obligation légale de ne pas punir de la peine de mort les mineurs a été assumée volontairement par l’Iran en ratifiant le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention relative aux droits de l'enfant, qui interdisent la peine de mort pour les délits commis par des individus au-dessous de l’âge de 18 ans », a ajouté Coleville.

L’indignation internationale contre la vague d'exécutions a grandi fin d'août quand le régime a exécuté deux adolescents, Reza Hejazi et Behnam Zareh, pour des délits présumés qu'ils auraient commis avant l’âge de 18 ans. Le 10 septembre, le quotidien officiel Etemad a indiqué que la Cour suprême des ayatollahs avait confirmé la condamnation à mort de Hossein, un adolescent de 17 ans, pour un délit présumé à l’âge de 14 ans. Selon les groupes de défense des droits de l’homme, 140 mineurs sont en attente d’exécution en Iran.

L'agence de presse italienne, Adnkronos International rapportait depuis Téhéran le 18 août que « quatre jeunes, mineurs au moment du délit, devraient être pendus les jours prochains». La dépêche parle de « Reza Hajizadeh, qui à l'âge de 13 ans a accidentellement tué un camarade de jeu au cours d'une querelle. Il vient d’avoir18 ans et a été immédiatement transféré au quartier des condamnés à mort de la prison de Radjaichahr dans la banlieue de Téhéran. »

Le 4 septembre, le Parlement européen a exprimé sa vive préoccupation devant les violations massives des droits de l’homme en Iran et l'exécution des mineurs.

Les troubles politiques grandissent dans les rangs des mollahs, en parallèle avec l'augmentation des protestations et des grèves dans tout le pays. Ils tentent de renforcer leur régime de plus en plus précaire avec une répression omniprésente, systématique, et hautement organisée de la population et des opposants.

Depuis leur arrivée au pouvoir en 1979, les ayatollahs ont utilisé leur mélange unique de démagogie religieuse et d'abondantes barbaries pour semer la peur, la confusion et le doute dans l'esprit des gens ordinaires dans le but de contenir leur désir et leur mouvement pour un changement démocratique. La cible essentielle de cette campagne de terreur contre les opposants iraniens a été la principale opposition, les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), dont les membres, selon le rapport du Département d'État sur les droits de l'homme, sont les principales victimes des exécutions politiques en Iran.

Depuis de nombreuses années, l’objectif de Téhéran d’éliminer ce groupe s’est étendu au-delà des frontières de l'Iran. L'Europe est devenue un terrain de chasse pour les escadrons de la mort des ayatollahs cherchant à assassiner des personnalités politiques de la résistance iranienne. Téhéran a également demandé et obtenu un précieux outil pour réduire au silence son opposition à l'étranger, en convainquant les capitales occidentales, notamment Washington, de mettre l’OMPI sur la liste noire comme geste de « bonne volonté » vers Téhéran.

Maintenant, l'Irak est devenu le terrain principal de la campagne de Téhéran pour priver les membres de l’OMPI résidant à la Cité d’Achraf en Irak, de leurs droits à la liberté et à la sécurité tels qu'ils sont garantis par la Loi humanitaire internationale et la quatrième Convention de Genève. Ces derniers mois, Téhéran a cherché sans répit le transfert de la protection des résidents d’Achraf des mains de la Force multinationale en Irak dirigée par les Américains, à celles du gouvernement irakien. L'étape suivante consistera alors à exercer une énorme pression sur le gouvernement irakien naissant et fragile pour livrer les membres de la principale opposition iranienne à Téhéran, où ils seraient torturés et exécutés.

Le 28 août, Amnesty International a publié un communiqué sur cette crise humanitaire. Amnesty a suivi la situation des membres et des sympathisants de l’OMPI à la Cité d’Achraf. Après l'intervention militaire en Irak menée par les Américains en 2003, environ 3400 membres de l’OMPI ont été désarmés par les forces dirigées par les États-Unis à la Cité d’Achraf. Depuis, les membres de l’OMPI qui vivent à la Cité, gérée par la Force multinationale, ont reçu le statut de « personnes protégées » en vertu de l'article 27 de la Quatrième Convention de Genève qui empêche l'extradition ou le rapatriement forcé vers l'Iran tant que la Force multinationale dirigée par les États-Unis sera présente en Irak. »

Le 14 août, dans une lettre au Secrétaire à la Défense Robert Gates, le sénateur Kit Bond (R-MO) a écrit que l'Iran « travaille à mettre fin la protection d’Achraf assurée par les Américains et à exposer l’OMPI aux forces pro-iraniennes visant à éliminer l’OMPI en tant que force de résistance crédible. » Le sénateur Bond a appelé les Etats-Unis « à conserver seuls la responsabilité de leur protection conformément à la quatrième Convention de Genève jusqu'à ce qu'une solution viable puisse être trouvée. »

En 1988, le régime de Khomeiny a mené le massacre de près de 30.000 prisonniers politiques, conformément au décret de Khomeiny : « Ceux qui sont dans les prisons dans tout le pays et restent attachés à leur soutien à [l’OMPI], sont en guerre avec Dieu et condamnés à mort (…) Détruisez les ennemis de l'Islam sur le champ. » Vingt ans plus tard, les ayatollahs veulent recommencer. D’éminents membres du Congrès pensent que la communauté internationale doit continuer à condamner Téhéran pour ses violations massives des droits de l’Homme et entraver sa campagne visant à créer une crise humanitaire pour les opposants dans la Cité d’Achraf.
———————————————-
 

Alireza Jafarzadeh est l'auteur de « The Iran Threat: President Ahmadinejad and the Coming Nuclear Crisis » (La menace iranienne : le président Ahmadinejad et la crise nucléaire à venir) (Palgrave: Février 2008).

Jafarzadeh a révélé les réseaux terroristes de l’Iran en Irak et ses camps d'entraînement terroristes depuis 2003. Il a d'abord révélé l'existence des installations d'enrichissement d'uranium à Natanz et l'installation d'eau lourde à Arak en août 2002.