samedi, décembre 3, 2022
AccueilActualitésActualités: AchrafLes Etats-Unis ont de lourdes responsabilités vis-à-vis des Achrafiens – Alejo Vidal-Quadras

Les Etats-Unis ont de lourdes responsabilités vis-à-vis des Achrafiens – Alejo Vidal-Quadras

CNRI – Le 11 juillet le comité interparlementaire des Amis d’un Iran Libre au Parlement européen, tenait une réunion à Bruxelles sur la situation des habitants d’Achraf et de Liberty et des dernières pressions exercées à leur encontre. Voici l’intervention du Vice-président du Parlement européen, Alejo Vidal Quadras :

Chers amis, je vais être bref et me concentrer sur trois points. Tout d’abord, nous venons de voir sur l’écran ce grand rassemblement à Paris où nous avons tous participé récemment. Il est évident que le CNRI est un petit groupe marginal, comme il est dit, avec quelque 110.000 personnes qui sont passées sous les détecteurs. Il y a même des politiciens mal informés pour dire que ce groupe marginal n’a pas d’importance. Ce qu’un des orateurs a dit était vrai, que probablement aucun parti politique en Europe n’est en mesure de rassembler autant de personnes dans un espace comme le fait le CNRI. Je n’ai jamais parlé devant une foule pareille dans ma carrière politique, et c’est grâce au CNRI que j’ai fait l’expérience d’une telle exaltation. Ce soutien populaire vient contredire les allégations du département d’Etat américain. Les images parlent d’elles-memes. Il y a plusieurs centaines de milliers, voire des millions de personnes dans le monde qui soutiennent la résistance iranienne, qui la financent, qui la suivent et ce rassemblement en est la preuve. C’est pourquoi beaucoup de gens devraient fixer leur attention sur ce que ce meeting représente et sa signification.

Mon second point concerne la politique répressive du gouvernement irakien contre le camp Liberty. Comme je l’ai dit à Paris, nous sommes prêts à négocier avec le gouvernement irakien, mais franchement l’Irak ne devrait pas envoyer en Europe pour nous rencontrer le colonel Sadeq qui est le responsable de l’attaque d’Achraf avec plus de 40 victimes. Il est venu au Parlement européen le mois dernier et n’a pas été autorisé à entrer dans l’enceinte. Immédiatement après, il a été arrêté à Paris, parce qu’il est poursuivi par la cour nationale espagnole, en vertu de la juridiction universelle, pour ses crimes à Achraf. Cet homme est maintenant de retour en Irak et il est à nouveau responsable du camp Liberty. Peut-on faire confiance à un criminel pour prendre soin d’une population contre laquelle il a commis des meurtres il y a peu ? Je veux dire par là que c’est extrêmement cruel, que c’est une honte. Ils devraient avoir la décence de mettre à la tête de Liberty une personne qui au moins n’aurait pas… mais cela dépasse l’entendement. Nous avons affaire à un gouvernement qui malheureusement agit comme s’il était sous l’influence du régime des mollahs iraniens dont l’objectif est de réprimer, d’éradiquer l’opposition démocratique. C’est pourquoi nous allons insister pour que le gouvernement irakien donne la charge de Liberty à une personne dans laquelle nous pourrions avoir quelque confiance.

Et mon 3e point, c’est ce que certains de mes homologues au parlement britannique ont appelé le chantage que fait le département d’Etat américain aux Achrafiens. La semaine dernière, deux hauts responsables du département d’Etat, M. Daniel Benjamin et M. Daniel Fried ont tenu une réunion de presse sur Achraf et l’inscription de l’OMPI sur la liste noire. Franchement leurs propos ont été décevants, irraisonnés et non constructifs. Les déclarations ont reçu un accueil enthousiaste du régime des mollahs dans ses médias. Au lieu de rappeler à l’Irak ses obligations en vertu de l’accord de l’ONU pour la poursuite du transfert, ces deux responsables ont pointé du doigt les résidents, et les ont même effrayés en disant que la patience du gouvernement arrivait à son terme. C’est vraiment honteux. Cela revient à donner un feu vert au gouvernement irakien. Ces deux responsables américains ne sont pas, disons, des seconds couteaux. Ce sont des ambassadeurs de premier plan dotés d’une grande expérience au département d’Etat. Ils ont oublié que les Etats-Unis ont de lourdes responsabilités, les plus grandes responsabilités vis-à-vis du droit international et de leur accord mutuel avec les résidents d’Achraf concernant leur protection. Ils ont signé un document individuel avec chaque résident pour qu’ils soient protégés par les Etats-Unis. Maintenant ils veulent que les résidents se réinstallent à Liberty qui est en fait une prison et ils le font alors qu’aucune ou presque aucune de leurs requêtes humanitaires n’a été satisfaite. Ils font du déplacement des Achrafiens à Liberty une condition pour d’autres mesures politiques qui n’ont en fait aucun rapport, parce que chaque problème a une place qui lui est propre et que l’OMPI  doit être retirée de la liste noire aux Etats-Unis, parce que c’est ce que doit faire le département d’Etat et c’est ce que la justice à Washington a décidé. Donc ça c’est une chose, et le déplacement en est une autre. C’est pourquoi on ne doit pas lier les deux choses, cela pourrait ressembler à du chantage.

Donc une chose est une chose et une autre en est une autre, et cela doit être très clair. Le 1er juin, la cour d’appel américaine a prononcé un arrêt disant que la Secrétaire d’Etat Clinton devait se décider sur le retrait de l’OMPI de la liste noire, faute de quoi elle retirerait elle-même l’OMPI. Il est donc impossible d’être plus clair pour une cour de justice. Ainsi jusqu’à présent 2000 habitants ont été transférés à Liberty en cinq groupes sans le minimum de normes humanitaires et le gouvernement américain et l’ONU n’ont cessé de repousser à chaque fois la mise en œuvre de ce minimum requis après le déplacement du prochain convoi et il reste encore 1300 personnes à Achraf. Pour moi, il est clair que les Achrafiens veulent garder leurs promesses et partir à Liberty dès que ces conditions minimales humanitaires seront matérialisées. On peut les trouver dans un communiqué publié le 8 juillet et c’est vraiment le minimum que l’on puisse demander : la qualification du camp Liberty en camp de réfugiés, l’inspection du camp d’Achraf par les forces américaines, l’engagement par le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU Martin Kobler de s’abstenir de donner le moindre rôle au régime iranien pour intervenir sur le sort des Achrafiens. Ce sont toutes là des questions cruciales qui ne peuvent être ignorées et qui sont nécessaires à la sécurité des habitants d’Achraf et de Liberty. Je voudrais rappeler au Premier ministre Maliki qu’il sera jugé dans le futur sur la base de son attitude aujourd’hui et que comme nous le disons en Espagne : le temps est très long et à la fin du jour, chacun d’entre nous aura ce qu’il mérite. Souvenez-en vous M. Maliki !

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe