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Les États-Unis doivent tenir leur parole vis-à-vis des opposants iraniens

par Muriel Turner of Camden

LONDRES, 10 octobre (UPI) – Un consensus bipartisan est une denrée rare à Washington ces jours-ci.  Tandis que Washington est englué dans le conflit budgétaire fédéral entre la Maison Blanche et le Congrès américain, un consensus a eu lieu entre les sénateurs américains des deux bords sur l’engagement américain envers les opposants iraniens en Irak au camp d’Achraf et la nécessité pour les Américains d’agir rapidement pour sauver la vie des sept exilés enlevés par le gouvernement irakien le 1er septembre.

C’est arrivé quand, le 3 octobre, la commission des affaires étrangères au sénat qui auditionnait la Sous-secrétaire aux Affaires Politiques du Département d’Etat, Wendy Sherman, sur le programme nucléaire de l’Iran.

Lors de son témoignage, les sénateurs John McCain, Répubilcain d’Arizona, et Robert Menendez Démocrate du NewJersey, l’ont interrogée sur les événements du 1er septembre dans la ville d’Achraf en Irak.

Le 1er septembre, 52 réfugiés iraniens innocents ont été tués de sang froid, plusieurs alors qu’ils essayaient de recevoir un traitement médical. Ils ont été menottés et exécutés. Sept personnes – six femmes et un homme – ont été pris en otage par les assaillants et nous n’avons aucune nouvelle d’eux depuis. Compte tenu de la sécurité autour du camp d’Achraf, seules les forces spéciales irakiennes étaient en mesure de mener cette attaque. L’Irak a bien sûr nié toute implication dans cet horrible incident et continue de nier savoir où se trouvent les otages.

McCain et Menendez ont confirmé avec Sherman que les Etats- Unis avaient garanti la sécurité des habitants du camp d’Achraf.

Quand Sherman a reconnu que les Etats- Unis avaient promis la protection de ces dissidents iraniens innocents, les deux sénateurs se sont prononcés sur le fait que les Etats- Unis auraient dû tenir leur promesse d’assurer la sécurité de ces réfugiés.

Menendez, président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat, a déclaré qu’« il est inacceptable de perdre une vie de plus alors que les commandants américains ont donné à ces personnes une garantie écrite concernant leur sécurité et cela envoie un message à d’autres dans le monde que lorsque nous disons que nous allons faire quelque chose et que nous ne le faisons pas, ils ne doivent pas nous faire confiance ».

Sherman a détaillé les actions qui avaient été prises au nouveau camp afin de protéger les réfugiés précisant que « le gouvernement irakien a déplacé 700 grands murs en T, plus de 500 bunkers,  plus de 600 petits murs en T et près de 50.000 sacs de sable ».

Menendez a répliqué que « lorsque des éléments des forces irakiennes peuvent très bien être complices de ce qui s’est passé, les sacs de sable ne vont pas régler le problème ».

Sherman a déclaré que le meilleur moyen de garantir la sécurité des réfugiés iraniens en Irak est de tous les sortir d’Irak, compte tenu de l’augmentation de l’influence iranienne et des forces d’Al-Qaïda en Irak.

Menendez a proposé que « les Etats -Unis pourraient diriger la façon de dire à l’ensemble de ces personnes que, en fait, vous pouvez être réinstallés aux États-Unis et cela pourrait permettre au reste du monde de proposer d’autres réinstallations ».

Compte tenu du rôle du gouvernement irakien dans le massacre du 1er septembre, McCain a déclaré que le Congrès devra « examiner le type d’aide (que le Congrès autorise) et comment nous prolongerons cela à l’Irak « si des actions comme celles-ci ont lieu ».

Menendez est allé un peu plus loin en suggérant que les Etats-Unis cessent la vente de toutes armes à l’Irak jusqu’à ce que les sept otages soient libérés.

Sherman a soulevé des objections vis-à-vis de cette ligne de pensée, mais Menendez a semblé ferme dans sa détermination sur ce point.

Il a poursuivi en disant que « si les sept otages venaient à mourir – nous croyons que le gouvernement de l’Irak sait où ils se trouvent –, cela compliquerait les choses » dans les relations entre les Etats-Unis et le gouvernement irakien.

Compte tenu des rumeurs sur la venue prochaine aux Etats Unis du Premier ministre irakien Nouri al -Maliki, ces paroles de la commission des Affaires étrangères du Sénat ne seront pas de trop.

Les États-Unis savent évidemment que l’Irak est responsable de l’horrible attaque du 1er septembre. En outre, ils prennent enfin des mesures concernant les sept otages détenus à Bagdad par les forces spéciales sur ordre de Téhéran.

Espérons que les mots de la commission sénatoriale seront également entendus par la Maison Blanche et que l’administration Obama exigera que l’Irak libère les otages ou subisse les conséquences à Washington.

Alors que la majorité du monde occidental semble fermer les yeux concernant l’attaque au camp d’Achraf, le Sénat américain a montré que ses membres sont prêts à aboutir sur cette question et sont prêts à prendre des mesures pour assurer la sécurité du reste des réfugiés iraniens ainsi que les sept otages retenus en captivité par le gouvernement irakien des forces spéciales à Bagdad.

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( La Baronne Muriel Turner of Camden a été Vice-présidente de la Chambre des Lords britanniques jusqu’en 2008 et elle est un membre éminent du Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran )

 

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