jeudi, décembre 8, 2022
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Les 7 otages pris par l’Irak doivent être immédiatement libérés

Huffington Post, 9 octobre – On pourrait penser que le gouvernement du premier ministre irakien Maliki avait assez de travail sur les bras, avec une montée désastreuse des conflits confessionnels, rappelant les pires heures de l’époque post-Saddam, sanglante et traumatisante, de l’Irak.

J’avais tort.

Tandis que l’attention internationale se concentre sur la crise syrienne, Maliki aurait ordonné aux agents de sa milice irakienne, avec leurs alliés des gardiens de la révolution iraniens de la force terroriste Qods, d’entreprendre un massacre injustifié des habitants restés dans le camp d’Achraf pendant le week-end.

Les 100 personnes qui ont été attaquées appartiennent à l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI). Elles étaient restés conformément à un accord mutuel entre l’ONU et le gouvernement irakien pour s’occuper des biens personnels restants de 3000 réfugiés transférés de force dans un camp plus petit, nettement plus délabré, connu ironiquement sous le nom de « camp Liberty », une ancienne base militaire américaine dans la périphérie de Bagdad. Suivant l’exemple de la Grande-Bretagne et de l’Union Européenne, les États-Unis ont volontairement retiré l’année dernière l’OMPI de la liste américaine des organisations terroristes par le biais de la secrétaire d’État Hillary Clinton après une enquête minutieuse de la Cour d’appel américaine du District de Columbia. Aussi bien la cour américaine que le Département d’État américain ont déterminé qu’il n’y avait pas la moindre raison de maintenir l’OMPI sur la liste américaine des organisations illégales. Sa direction soutient une fin du régime islamiste en Iran et la création d’une démocratie à part entière, laïque et alliée à l’Occident.

Depuis de nombreuses et terribles années, les habitants restants du camp d’Achraf et ceux du camp Liberty languissent et subissent des assauts irakiens périodiques contre leur lieu d’installation temporaire indéfendable, dans l’attente d’un déplacement comme réfugiés de l’ONU vers des pays tiers sous la protection directe de la Mission d’Assistance des Nations Unies pour l’Irak (MANUI). Ils font l’objet de persécution, de privation et de danger manifeste dans la mesure où le gouvernement irakien – qui les considère comme « des membres de la cinquième colonne » en son sein – fait tout ce qu’il peut pour leur rendre la vie la plus dure et terrifiante possible.

L’attaque préméditée du gouvernement de l’Irak contre ces personnes sans défense peut laisser présager un assaut plus large contre les habitants sans protection du camp Liberty si Maliki n’est pas tenu pour responsable et empêché d’agir ainsi par une intervention aux plus hauts niveaux du gouvernement américain et du secrétaire général des Nations Unies.

Les détails de l’attaque sont lentement divulgués aux médias internationaux. Afin de se préparer à l’attaque, un groupe d’agents du renseignement du cabinet du premier ministre dirigé par Haydar Azab a été déployé la nuit du 31 août à Achraf. Azab est d’ores et déjà inculpé par une cour espagnole pour sa participation à deux précédents massacres à Achraf en 2009 et 2011.

Et les faits qui se sont produits la nuit du 31 août sont terrifiants. Les habitants ont été alignés, à la manière de la Gestapo, menottés, et ensuite sommairement exécutés un par un, plusieurs d’entre eux abattus à bout portant dans les yeux avec un silencieux. 52 civils ont été tués dans un premier temps, des dizaines ont été blessés dans la mêlée, et 7 ont été pris en otages qui vont probablement être emmenés en Iran pour y être torturés et finalement exécutés par le gouvernement de l’Iran. Les vidéos sont bouleversantes et choquantes, et je mets en garde toute personne les regardant qu’elles sont très crues :

Que l’Irak et ses alliés iraniens puissent gratuitement entreprendre un tel massacre sous le nez même du personnel des Nations Unies assigné à protéger les résidents impose une enquête pénale internationale de la part de l’ONU et de la Cour Pénale Internationale.

Les survivants de l’attaque doivent être protégés et recevoir des soins médicaux adéquats et surveillés par l’ONU. Les otages pris par l’Irak doivent être immédiatement libérés et remis à la MANUI, et si la MANUI est incapable de faire ce travail, aux États-Unis.

Mais comme le massacre au camp d’Achraf l’illustre de manière si dramatique, il est nécessaire de d’évacuer de façon urgente les 3000 survivants restants du camp d’Achraf et du camp Liberty hors d’Irak, pour des raisons humanitaires, afin d’éviter d’autre désastre.

Ces hommes et ces femmes ne cherchent qu’à trouver un refuge hors d’Irak et sont détenus là-bas contre leur gré. Ce sont d’innocents pions pris dans le viseur d’un régime irakien apparemment prêt à suivre aveuglement les ordres d’un ayatollah déterminé à éliminer jusqu’au dernier membre de l’OMPI.

Les États-Unis ne peuvent plus autoriser le statu quo à continuer. Les résidents ont acquis toutes les raisons imaginables de recevoir immédiatement la probation humanitaire en vertu du droit américain pour entrer aux États-Unis et sont des personnes qui ont beaucoup donné pour aider les États-Unis ces dernières années.

Plus les Américains et le monde entier apprendront ce qui s’est passé au camp d’Achraf, plus ils se demanderont pourquoi les contribuables paient l’addition pour fournir à Maliki une quelconque aide étrangère si c’est là que finissent leurs dollars.

Ambassadeur Marc Ginsberg
Ancien ambassadeur américain au Maroc et Conseiller à la Maison Blanche sur le Moyen-Orient

Suivez l’ambassadeur Marc Ginsberg sur Twitter : www.twitter.com/@ambmcg

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