AccueilActualitésActualités: AchrafL'attaque contre le camp d'Achraf - ABC News

L’attaque contre le camp d’Achraf – ABC News

Grève de la faim devant la Maison BlanchePar Jake Tapper (et Kirit Radia) – Correspondent de ABC News auprès de la Maison Blanche

ABC news, 13 août – Dans la rue devant la Maison Blanche, durant les 16 derniers jours, des Iraniens observent une grève de la faim. Ils réclament la justice pour les victimes de l’attaque contre le camp d’Achraf en Irak. Peu d’Américains sont au courant de cet incident.

Aujourd’hui, Amnesty International a demandé au Premier ministre irakien Nouri al-Maliki d’enquêter sur ces attaques.

Alors, quel est le problème?

Depuis 1986, le Camp d’Achraf, a été le lieu de résidence de plus de trois mille membres ou sympathisants du groupe de l’opposition iranienne, l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Le camp d’Achraf a été autorisé à exister sous le règne de Saddam Hussein, mais aussi à l’époque où l’Irak était sous contrôle des États-Unis.

Saddam leur a permis d’y rester, car ils avaient un objectif commun : renverser le régime iranien. Les États-Unis ont trouvé que ce groupe dissident était une source utile d’informations sur le programme nucléaire de l’Iran. Bien que l’OMPI soit toujours classée comme une organisation terroriste par le Département d’Etat, les forces américaines ont octroyé aux résidents du camp d’Achraf le statut de personne protégées, après que ces résidents aient renoncé au terrorisme et rendu leurs armes.

En septembre dernier, le général David Petraeus a dit aux journalistes que « le gouvernement irakien a donné des garanties aux États-Unis que le camp d’Achraf continuera de bénéficier du statut de territoire protégé ».

Mais comme le gouvernement irakien a pris le contrôle de son pays et a noué des liens plus étroits avec le régime iranien, les autorités irakiennes ont déclaré ces derniers mois que les résidents du camp d’Achraf devaient quitter le pays.

Le 28 juillet, les forces irakiennes – en utilisant des armes et des véhicules américains – ont lancé une attaque contre le camp d’Achraf lors de laquelle ils ont tué neuf personnes. En utilisant des matraques, des gaz lacrymogènes et des canons à eau, les forces irakiennes ont battu les résidents du camp et apparemment ont voulu délibérément écraser les résidents sous les roues de leurs véhicules. Plusieurs centaines de personnes ont été blessées et 36 personnes ont été arrêtées. Selon Amnesty International, les personnes arrêtées ont été battues et torturées dans un poste de police se trouvant à proximité du camp.

« Lors de cette attaque, un certains nombre de résidents du camp ont été battus, torturés et blessés par balles. Les blessés ont besoin de soins médicaux », dit le groupe de défense des droits de l’Homme. « Selon les rapports, il a été demandé aux détenus de signer des documents en arabe, mais ils ont refusé. Ils se sont vus refuser le droit d’avoir accès à des avocats de leur choix. Ils ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention et les mauvais traitements. »

Amnesty International craint que le gouvernement irakien ne livre les 36 dissidents iraniens au gouvernement du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, et qu’ils seront torturés et exécutés.

Jeudi soir, plusieurs dizaines de manifestants se sont réunis devant la Maison Blanche. La plupart étaient des citoyens irano-américains. Beaucoup comptent des membres de leur famille parmi les résidents du camp. Ils ont été déçus par l’inaction de l’administration Obama.

« Obama n’a rien fait, zéro, très franchement », affirme Al Arza, l’un des protestataires, originaire de la ville d’Ahwaz en Iran.

Arza, qui travaille dans la bourse et les investissements, et habite maintenant à Los Angeles, en Californie, dit qu’il est déçu d’avoir voté pour le président.

« Il ne défend pas les valeurs humaines fondamentales », dit Arza. « Il ne dit même pas que tuer et kidnapper les gens est mal. Franchement, je veux qu’il me rende mon vote. »

Farideh Goldarre, originaire de Téhéran, commence à pleurer car depuis l’attaque, elle n’a pas pu contacter son beau-frère, Mohammad Kashani, un résident au camp âgé de 60 ans.

« Les Américains ont oublié et brisé leur engagement de protéger toute personne innocente ou groupe qui se trouverait dans l’insécurité après l’occupation de l’Irak », dit Goldarre.

Que reste-t-il à dire à l’administration Obama ?

« Nous regrettons ce qui s’est passé au camp d’Achraf, notamment les morts et les blessées, même si nous comprenons le désir du gouvernement irakien d’étendre sa souveraineté à ce camp », a déclaré aujourd’hui P.J. Crowley, le porte-parole du Département d’État. « Nous avons compris ce qu’ils essayaient de faire. Ils ne l’ont pas fait bien. Cela aura évidemment des conséquences, et nous continuons à parler avec l’Irak sur ce qu’il faut faire à partir de maintenant à l’égard de ce groupe. »

Une grève de la faim similaire a lieu devant l’ambassade américaine à Londres.