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L’Amérique doit tenir sa parole

Par Howard Dean

HUFFINGTON POST, 22 août – Il y a eu dernièrement beaucoup de discussion sur ce que la perte de la notation AAA signifie pour l’Amérique. Mais le manquement de l’Amérique à sa promesse envers les résidents du camp d’Achraf en Irak menace également de dénigrer notre grand pays.

Actuellement, il y a 3400 membres de l’opposition iranienne connue sous le nom de l’OMPI qui vivent en Irak dans le camp d’Achraf, dont beaucoup ont eu des membres de leur famille emprisonnés, torturés et exécutés par les mollahs iraniens.

Bien que l’OMPI ait renoncé à la violence depuis 2001, certains pensent et diffusent l’idée que l’OMPI est une organisation terroriste. Il y a des faits d’une importance capitale qui ont été cachés, omis ou ignorés dans les récents articles écrits sur ces 3400 personnes désarmées.

Premièrement, beaucoup de choses ont changé depuis que l’OMPI a été classée comme organisation terroriste en 1997. Dans une déposition récente au Congrès de Martin Indyk, ancien ambassadeur américain en Israël et Secrétaire d’État adjoint pour les affaires du Proche-Orient sous Clinton, il a été révélé que la motivation derrière la classification de 1997 était d’aider à ouvrir un dialogue avec le parti au pouvoir en Iran.

Deuxièmement, en juillet 2010, la cour d’appel américaine de Washington a statué que le groupe n’avait pas bénéficié de procédure juste en 1997 et elle a ordonné au Département d’État de réévaluer la désignation terroriste. Tout particulièrement, les gouvernements français et britannique ainsi que l’Union européenne ont déjà statué que l’OMPI n’est pas une organisation terroriste. Actuellement, les deux seules nations qui restent d’accord sur ce qui est désormais une classification discréditée sont l’Amérique et l’Iran.

Troisièmement, en 2003, l’armée américaine a pacifiquement désarmé les habitants du camp d’Achraf. Des agents américains du FBI se sont rendus à Achraf et ont interrogé chacun des 3400 résidents. Aucun n’a pu être associé à des terroristes ni au terrorisme. L’armée américaine avait alors promis par écrit que chacun des résidents serait protégé contre des menaces extérieures.

Quatrièmement, en 2009 et encore en 2011, les troupes américaines ont reçu l’ordre du gouvernement irakien, dirigé alors par le premier ministre Maliki, de quitter les alentours d’Achraf.
Puis, les troupes irakiennes ont attaqué Achraf et tué de sang froid 47 civils sans armes. La plupart des centaines de blessés n’ont pas eu accès à des soins médicaux, tandis que les troupes américaines restaient à ne rien faire à quelques kilomètres de là.

Cinquièmement, alors que les résidents d’Achraf demandent actuellement à être réinstallés dans d’autres pays, le plan encouragé en ce moment par Lawrence Butler du Département d’État américain serait au contraire de les réinstaller dans une autre zone en Irak pour « garantir » leur sécurité. Pourtant, ni le gouvernement américain ni le gouvernement irakien n’a jusqu’à maintenant tenu sa parole donnée aux résidents d’Achraf.

Certains suggèrent qu’un groupe estimable d’experts américains, très calés et bipartites, de l’anti-terrorisme, dont les anciens directeurs de la CIA, de la NSA, du NSC et du FBI, un ministre de la Justice, un secrétaire à la Sécurité intérieure, des chefs d’état-major des armées, un commandant du Corps des Marines, un Commandant de l’OTAN, un Commandant du CENTCOM, un secrétaire d’État adjoint à l’anti-terrorisme, des gouverneurs, des ambassadeurs, des généraux et bien d’autres encore sont payés pour leur soutien aux résidents d’Achraf.

C’est tout simplement inexact. L’Amérique a donné sa parole à l’OMPI que nous les protégerions. Nous pensons que c’est une erreur de permettre que 3400 personnes soient assassinées de sang froid et de rompre cette promesse. Nous pensons qu’en fin de compte, ce débat concerne l’Amérique et non les résidents d’Achraf. L’Amérique est un pays pour lequel la liberté et l’état de droit comptent. Nous devons tenir notre parole et aider les résidents d’Achraf à sortir d’Irak. Nous devons soutenir ceux qui, pacifiquement et par des moyens démocratiques, se battent pour leur liberté. Si nous échouons et restons encore là à ne rien faire pendant que 3400 hommes, femmes et enfants sans armes sont assassinés par le gouvernement iranien ou ses agents irakiens, nous nous dénigrons nous-mêmes en tant que grande nation. Il est temps pour l’Amérique de tenir sa promesse aux résidents d’Achraf.

Howard Dean, médecin, est ancien gouverneur du Vermont. Alors qu’il a fait des interventions rétribuées pour l’OMPI par le biais de l’Agence Harry Walker, il n’a reçu aucune rétribution pour cet article, et toutes les opinions soutenues sont les siennes propres, fondées par les questions humanitaires engagées.

 

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