lundi, février 6, 2023
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Les familles des résidents du camp Liberty: L’ONU doit exhorter le gouvernement irakien à accorder des visas aux familles des Iraniens résidant au camp Liberty

L’ONU doit exhorter le gouvernement irakien à accorder des visas aux familles des Iraniens résidant au camp Liberty en Irak

Lettre les familles des résidents du camp Liberty au Secrétaire général des Nations Unies pour exhorter l’ONU d’agir auprès du gouvernement irakien afin qu’il accorde des visas aux familles des résistants iraniens du camp Liberty en Irak:

Son Excellence, Monsieur Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies,

En tant que parents et membres de familles des résidents du camp Liberty habitant en Europe et aux États-Unis, nous sommes gravement préoccupés par les dangers qui pèsent sur la vie de nos enfants, en particulier après l’attaque à la roquette du 29 octobre dans laquelle 24 résidents de ce camp ont été tués.

Entre 2003 et 2009, quand les forces américaines avaient la responsabilité d’assurer sur le terrain la sécurité du camp d’Achraf, beaucoup d’entre nous avons eu l’occasion de nous rendre à Achraf et d’y rester pendant une période de temps illimitée pour voir nos enfants. Or, depuis que le gouvernement américain a transmis de façon illégale la responsabilité de la sécurité de nos enfants au gouvernement de Nouri al-Maliki proche du régime iranien, malgré nos multiples demandes de visas d’entrée en Irak auprès des ambassades de ce pays dans notre pays respectif de résidence, l’Irak a refusé de nous accorder des visas.

Nos enfants et nos proches sont reconnus comme des personnes protégées en vertu de la Quatrième Convention de Genève. Ils ont été interrogés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés et ils sont reconnus comme des personnes protégées par le droit international.

Nos proches ont été transférés du camp d’Achraf au camp Liberty, censé être un « Lieu Temporaire de Transit », avant d’être réinstallés dans des pays tiers en l’espace de quelques mois. Pourtant, après trois ans et demi, ils sont toujours soumis à des pressions insupportables dans ce camp et ils n’ont pas encore été réinstallés. Le gouvernement irakien a pratiquement transformé le camp Liberty en une prison.

Par contre, les agents du ministère des Renseignements du régime des mollahs, déguisés en « familles des résidents », n’ont aucun problème pour entrer en Irak et se rendre devant le camp Liberty.

La mission de ces agents est d’exercer des tortures psychologiques contre nos enfants et nos proches. Leurs voyages en Irak sont entièrement financés par le régime iranien.

Nos expériences dans le passée, notamment à la veille de l’attaque du 29 octobre, montrent que ces activités sont souvent les signes avant coureurs d’un nouveau bain de sang au camp Liberty.

En 2010 et 2011, le même type d’agents sous la même couverture de « familles des résidents » ont campé autour de la ville d’Achraf pendant 23 mois consécutifs pour torturer psychologiquement les résidents de cette ville. Ils utilisaient 320 haut-parleurs pour crier à longueur de journée des menaces de mort contre nos enfants. Ils hurlaient à travers les haut-parleurs : « Nous allons verser votre sang», « Nous allons vous exécuter à Achraf un à un ».

Il est très regrettable que depuis plus de 6 ans, les droits les plus fondamentaux de nos proches soient violés à la demande du régime des mollahs au pouvoir en Iran. Actuellement, un blocus médical et alimentaire inhumain est imposé au camp Liberty. Les résidents sont privés du droit de rencontrer leurs avocats. Dans 6 attaques meurtrières contre ce camp, 120 résidents ont été tués et 27 autres ont perdu la vie en raison de manque de soins médicaux.

Nous vous conseillons vivement d’exhorter le gouvernement irakien à nous accorder des visas d’entrée pour que nous puissions nous rendre au camp Liberty et y revoir nos enfants et nos proches bien-aimés après tant d’années.

Le gouvernement d’Irak, le Premier ministre al-Ebadi, le gouvernement américain et les Nations Unies doivent reconnaître et protéger les droits des résidents du camp Liberty, assurer leur sécurité et empêcher que les agents du régime iranien s’approchent de ce camp.

Respectueusement,

Les familles des résidents du camp Liberty

Copies à :
Son Excellence Antonio Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés
Son Excellence Zeid Al-Hussein, Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’Homme
L’Ambassadeur Brett McGurk, le sous-secrétaire d’Etat adjoint pour l’Irak et l’Iran, au Département d’Etats américain
Monsieur Stuart Jones, l’ambassadeur des Etats-Unis en Irak
Monsieur Ján Kubiš, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Irak
Monsieur Volker Türk, Directeur de la protection internationale, au HCR
Monsieur Jonathan Winer, Conseiller principal pour la réinstallation des Moudjahidine du peuple (OMPI), au Département d’État américain
Monsieur Bruno Geddo, Représentant du Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés en Irak