mercredi, décembre 7, 2022
AccueilActualitésActualités: Achraf« Nous avons le devoir particulier de radier l’opposition démocratique iranienne de...

« Nous avons le devoir particulier de radier l’opposition démocratique iranienne de la liste terroriste » – Howard Dean

CNRI – « Madame Radjavi s’est exprimée il y a environ une semaine, à Paris, sur son programme de suffrage universel, des droits des femmes, du bulletin de vote comme seul déterminant légitime de l’avenir d’un peuple et des droits de l’homme partout dans le monde. Ce n’est pas un programme terroriste et l’OMPI ne devrait pas être listée comme une organisation terroriste », a déclaré à Genève le 87 mars Howard Dean, qui a été président du parti démocrate américain de 2005 à 2009.

Cet ancien gouverneur de l’Etat du Vermont s’exprimait dans une conférence internationale à Genève sur les obligations de la communauté internationales vis-à-vis de l’Iran et du camp d’Achraf. De nombreux parlementaires suisses étaient venus témoigner de leur soutien à un changement démocratique en Iran par le peuple iranien et sa résistance et en faveur de la protection d’Achraf.

Voici les moments forts de l’intervention d’Howard Dean :

Je me rends souvent en Europe prononcer des discours et une chose que j’entends toujours de la part des Européens, c’est que nous, les Américains, sommes très difficiles car nous agissons toujours sans réfléchir. Mais nous voici dans une nouvelle conférence européenne et il est important que l’on ne fasse pas ce que l’on fait si souvent en Europe, autrement dit de réfléchir dans agir. Ça ne peut pas être une autre conférence où l’on déclare beaucoup de choses, mais où rien ne se produit.

La situation au camp d’Achraf a le potentiel nécessaire pour être une catastrophe humaine et il y a certaines choses que nous pouvons faire dès à présent pour nous assurer que cela n’arrivera pas. Il ne s’agit pas simplement d’exiger la protection de leurs droits de l’homme. Mais la communauté internationale avance très lentement. La communauté internationale avance presque toujours trop lentement.

Il est temps à présent que les choses se produisent rapidement. Il y a un ou deux jours, ici, la Secrétaire Clinton a déclaré : « permettez-moi d’exprimer clairement notre soutien direct aux aspirations des gens qui sont dans les rues, en Iran et au Moyen-Orient ». Et elle a déclaré « nous sommes contre la violence. Nous demanderons des comptes au gouvernement iranien qui utilise une fois de plus ses forces de sécurité et a recours à la violence pour empêcher la libre expression des idées de son propre peuple ».

Deuxièmement, nous soutenons les droits humains universels du peuple iranien. Il mérite de jouir des mêmes droits que ceux vus en Égypte et en Tunisie et qui font partie de ses droits inaliénables. Et troisièmement nous pensons qu’il doit y avoir un engagement à ouvrir le système politique en Iran pour entendre les voix de l’opposition et de la société civile. Aujourd’hui nous entendons les voix de l’opposition et de la société civile.

Madame Radjavi s’est exprimée il y a environ une semaine, à Paris, sur son programme de suffrage universel, des droits des femmes, du bulletin de vote comme seul déterminant légitime de l’avenir d’un peuple et des droits de l’homme partout dans le monde. Ce n’est pas un programme terroriste et l’OMPI ne devrait pas être listée comme une organisation terroriste et cela comporte des implications pratiques. La plupart d’entre vous le savent, j’étais opposé à l’invasion de l’Irak. La raison en était que je pensais que cela augmenterait l’influence de l’Iran ailleurs dans la région et c’est malheureusement ce qui s’est produit. Et l’idée que le premier ministre Maliki, qui n’occuperait pas ce poste aujourd’hui sans les troupes américaines, s’empare de la constitution américaine pour la mettre à l’envers quand il s’agit du peuple du camp d’Achraf, est mauvaise et nous ne devrions pas le tolérer. Nous avons mis Maliki là où il est, et il se doit de respecter les droits de l’homme et la constitution américaine.

Grâce au président Obama nous allons quitter l’Irak, comme nous le devons. Mais nous devons nous assurer que la population d’Achraf ne paie pas le prix de notre départ d’Irak. Même si les garnisons américaines ne protègent plus Achraf et même s’il existe déjà des violations des droits de l’homme avec les haut-parleurs, le harcèlement et les restrictions sur les soins médicaux, cela ne fera qu’empirer si nous partons. C’est une catastrophe humaine qui peut être évitée et la communauté internationale doit agir maintenant.

Assez de réunions et de débats, nous devons agir maintenant. Nos institutions, les Nations Unies et la communauté internationale ici à Genève et ailleurs doivent faire quelque chose à ce sujet. Car si les résidents du camp d’Achraf sont expulsés, ils seront tués. Ils n’ont aucun endroit où aller et l’une des raisons, c’est parce qu’en dépit du fait qu’ils aient embrassé la démocratie, les droits des femmes et les droits de l’homme, qu’ils aient fait toutes les choses que le régime iranien ne fera pas, ils sont inscrits sur une liste d’organisations terroristes aux États-Unis, au Canada, en Australie et ironiquement en Iran. Nous pouvons faire un monde meilleur que celui-ci. Nous devons à ces 3 400 âmes la possibilité et l’occasion qu’ils auraient s’ils étaient protégés comme ils le devaient. On attend de la Haut commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies qu’elle condamne publiquement l’utilisation des haut-parleurs, de la torture et le refus des soins médicaux. Cette question doit être, et je crois qu’elle le sera, renvoyée devant le Conseil de sécurité des Nations Unies pour l’adoption de mesures contraignantes. Nous ne pouvons tolérer la torture publique de 3 400 êtres humains. Nous avons déjà suivi cette voie auparavant, nous savons ce qui se passe si l’on apaise et tolère des exactions. Comme on disait pendant la Seconde Guerre mondiale : lorsqu’ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit, car je n’étais pas juif. Lorsqu’ils sont venus chercher les homosexuels, je n’ai rien dit, car je n’étais pas homosexuel. Lorsqu’ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai rien dit, car je n’étais pas catholique. Lorsqu’ils sont venus me chercher, il ne restait personne pour me défendre.

Nous ne pouvons laisser cela arriver à la population d’Achraf, nous sommes tous un même peuple et nous sommes solidaires de toute personne intervenant en faveur des droits de l’homme et pensant que le changement non-violent est la voie à suivre.

Je veux, en tant qu’Américain, aborder un instant la notion selon laquelle il s’agit d’une république islamique. Ce n’en est pas une. Je m’exprime en tant que chrétien, dont l’épouse est juive et qui a des amis musulmans. On sait que quasiment chaque religion sur la Terre a à un moment ou à un autre, a été utilisée afin de justifier la violence et les violations des droits de l’homme.

Ils se qualifient eux-mêmes de république islamique. J’ai étudié le Coran à l’université, ça ne fait pas de moi un expert, mais je ne reconnais pas l’islam dans les violations des droits de l’homme des mollahs et des ayatollahs. Je n’y reconnais pas l’islam. Ils affirment avoir un mandat de Dieu. Dieu décidera qui aura une autorité pour agir selon les souhaits de Dieu et ce n’est pas ce qui se passe dans les prisons iraniennes.

Les personnes sur la place Tahrir étaient de bons musulmans et nous nous réjouissons de leur souhait pour un changement humain, les droits de l’homme et la soumission aux urnes en Égypte. Les personnes qui se sont dressées en Tunisie sont des musulmans. Les personnes qui se dressent en Libye contre un dictateur qui commet un génocide contre son propre peuple sont de bons musulmans. Et en tant qu’Américains, nous nous tenons aux côtés de toute personne de toute religion, notamment les musulmans, défendant les droits de l’homme de chacun d’entre nous, c’est exactement ce qu’il se passe en Tunisie, en Égypte et en Libye.

C’est donc un moment qui exige des actes et non seulement des discussions. C’est un moment où la communauté internationale peut envisager l’avenir dans probablement moins d’un an, lorsque les dernières troupes américaines, je l’espère, quitteront l’Irak. Nous devons quitter l’Irak. Mais nous ne pouvons pas laisser derrière nous 3 400 personnes persécutées par un régime que nous avons aidé à mettre en place. L’Amérique a une charge particulière ici, nous avons également le devoir particulier de supprimer la classification d’organisation terroriste de l’opposition démocratique en Iran afin qu’elle puisse être libres de réaliser ses rêves.

 

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe