jeudi, décembre 8, 2022
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Jean-Pierre Michel met en garde les parlementaires qui iraient en Iran

CNRI – « Je mets en garde les parlementaires et notamment les sénateurs qui iraient actuellement en Iran à l’invitation d’entreprises françaises, y compris de l’ambassade d’Iran à Paris, qui fait toute une série de manœuvres pour inviter ces parlementaires », a déclaré Jean-Pierre Michel.

Le sénateur du Haute-Saöne et co-fondateur du CFID s’exprimait le 21 janvier à Paris lors d’une conférence au Sénat, dans laquelle des sénateurs issus de tous les groupes politiques, en présence de la dirigeante de la Résistance iranienne Maryam Radjavi, ont évoqué la situation préoccupante des droits de l’homme en Iran et les tensions créées par le régime iranien dans les crises du Moyen-Orient, spécialement en Syrie et en Irak. La conférence était organisait par le CFID qui célébrait le septième anniversaire de sa création.

Dans son intervention Jean-Pierre Michel a ajouté:

Le Comité français pour l’Iran démocratique a été créé au Sénat il y a presque sept ans avec François Colcombet et Alain Vivien. Il comprend aujourd’hui un certain nombre de personnalités et plusieurs sénateurs de tous les bancs du Sénat. Et c’est la troisième fois que le comité reçoit Mme Radjavi, la présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne. La première fois c’était dans la salle Gambetta, avec Danielle Mitterrand et Robert Badinter et cela concernait surtout la peine de mort en Iran et les exécutions capitales.

Pendant ces sept années le CFID, a été aux côtés de la seule force d’opposition organisée à la dictature religieuse en Iran. Les progrès ont été intéressants et nous avons eu le soutien d’une grande majorité de sénateurs. Et au même moment à l’Assemblée nationale également un comité s’est créé qui aujourd’hui à une majorité de députés autour de lui.

Ces deux comités parlementaires ont défié un certain nombre d’obstacles pour soutenir, accompagner le CNRI dans son combat d’abord sur le plan intérieur, pour faire en sorte que les procédures qui le concernaient se terminent. Ensuite pour faire en sorte que les Moudjahidine du peuple ne soient sur la liste européenne des organisations terroristes. Cela a été le cas par des décisions de justice de la cour européenne de Luxembourg et ensuite par des décisions aux États-Unis. D’autre part nous avons voulu également nous battre pour la protection et la reconnaissance des 3000 membres de la composante principale du CNRI qui sont les Moudjahidine du peuple dans les camps d’Achraf et aujourd’hui de Liberty en Irak. Les obstacles ont été multiples.

Aujourd’hui la répression et les exécutions en Iran notamment depuis qu’on parle d’un président modéré, se multiplient. Le 1er septembre dernier au camp d’Achraf il y a eu une autre attaque qui a fait 52 morts et 7 enlèvements. Les sept personnes enlevées, notamment six femmes, on n’en est toujours sans nouvelles, on ne sait pas où elles sont. Et ceci par les forces irakiennes à la solde du régime iranien. Et les attaques à la roquette se multiplient également sur le camp qui est aujourd’hui basé à Liberty, tout prés de l’aéroport de Bagdad, et dernièrement il y a eu 4 morts et plusieurs blessés dont certains très graves.

Nous nous sommes mobilisés au Parlement, ici au Sénat et à l’Assemblée nationale qui est représentée par notre collègue Brigitte Allain, pour exiger leur intégrité, leur santé, pour que des mesures concrètes de protection soient prises, pour que la France intervienne et use de son influence au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le paradoxe de ce régime c’est qu’il durcit sa politique de répression à l’intérieur du pays, notamment par la recrudescence des exécutions capitales et on peut dénombrer depuis 2013, quelques 660 exécutions capitales et depuis le 1 janvier 2014, quarante pendaisons. Donc tout ce qu’il a pu dire évidemment est démenti par les faits. Certains l’ont cru, certains qui sont très naïfs qui avait cru avant lui à un autre président de la république, dit réformateur. Donc aujourd’hui nous savons tous qu’il n’y a aucun changement véritable au sein de l’Iran.

La situation économique sociale et désastreuse. Les révoltes, les manifestations intérieures qui se passent font que le régime a lâché un peu de lest apparemment, et qu’il a consenti dans les négociations internationales, une ouverture provisoire sur le nucléaire. Je pense là aussi que dans six mois on devra s’apercevoir que c’était encore un leurre pour qu’un certain nombre de sanctions se desserrent.

Il paraît inconcevable qu’on puisse traiter avec le régime iranien sur le nucléaire sans avoir au préalable exigé du régime iranien la fin des exécutions capitales, la fin des emprisonnements de complaisance, une certaine liberté d’opinion, la fin de la casse des antennes de télévision en pleine rue, des arrestations en pleine rue de femmes parce qu’elles sont mal ou pas assez voilées etc.

Nous sommes la patrie des droits de l’homme, mais nous fermons les yeux sur tout cela pour des raisons qui m’échappent. Je souhaite que les sanctions économiques ne soient pas desserrées avant les six mois, avant qu’on sache vraiment si l’accord qui a été conclu est appliqué par le régime iranien. Et le changement de ton de M. Rohani à New York lors de la session des Nations unies ne doit pas faire illusion.

En fait on voit bien que le régime iranien est une espèce de colosses aux pieds d’argile qui est actuellement en très grosses difficultés sur le plan intérieur et qu’il est vraiment affaibli. Mais il n’a pas changé sa stratégie. Sa stratégie prononcée, c’est l’exportation sur toute la zone de l’islamisme radical.

Pour terminer, je mets en garde ici même les parlementaires et notamment les sénateurs qui iraient actuellement en Iran à l’invitation d’entreprises françaises, y compris de l’ambassade d’Iran à Paris, qui fait toute une série de manœuvres pour inviter ces parlementaires. Je leur rappelle que nous avons ici, comme à l’Assemblée nationale, un règlement qui prévoit que tous les déplacements des parlementaires à l’étranger qui ne se situent pas dans le cadre sénatorial, soit des commissions permanentes soient des groupes d’amitié constitués, doit avoir l’autorisation bureau du Sénat. Je demande solennellement, et je le ferai par lettre, au président du Sénat refuser tout voyage dans ces conditions de sénateurs français. Il y en a déjà eu et nous avons pu voir dans les journaux iraniens comment on se servait des parlementaires français qui peut-être pour certains, avec une certaine ingénuité ou insouciance, ont répondu à ces invitations.

Ne soyons pas naïfs. On ne peut pas traiter avec un dictateur, avec des gens qui ne tiennent pas parole. Soyons vigilants.

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