vendredi, février 3, 2023
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Iran : un condamné à mort répond à son juge

Ali Saremi, prisonnier politique, condamné à mort"les peines de mort prononcées contre les prisonniers politiques traduisent l’instabilité du régime des mollahs"

CNRI – Prisonnier politique, âgé de 62 ans, Ali Saremi a écrit depuis la prison de Gohardacht dans la ville de Karadj en banlieue téhéranaise. Il se moque de sa condamnation à mort prononcée par Dolatabadi, le procureur criminel des mollahs, dans un message où il met l'accent sur l’idéal de la liberté du peuple :

« Parmi le peuple, un groupe honnête, fidèle à l’engagement et à l’alliance passés avec Dieu et le peuple est parvenu au martyre et d'autres attendent » (Coran) et moi, je suis dans l’attente. Tout droit violé suscite la résistance à l'injustice, poussant le tyran à la bassesse et à la répression.
 
Le procureur de Téhéran Dowlatabadi, dans une interview avec le magazine « Panjereh» (Fenêtre)  publié dans le quotidien Keyhan du 16 mai, a annoncé que j’ai été accusé de contact avec l’OMPI et que j’avais été arrêté en septembre 2009, après les événements électoraux. Or mon arrestation, à moi Ali Saremi, date du 4 septembre 2007 soit deux ans avant l’élection. Mon voyage à la Cité d’Achraf pour y voir mon fils remonte à 2005 et c’est à cause de cette visite de quelques jours, que j’ai été condamné un an de prison. J’ai été arrêté en 2007 pour m’être rendu au cimetière de Khavaran me recueillir sur les tombes des exécutés de 1988.

Mais est-ce que vous considérez vraiment que se recueillir sur une tombe, soutenir une organisation ou la visite d’un père à son fils relèvent de la guerre contre Dieu et doivent être punis de mort ? C'est pourquoi les déclarations du procureur de Téhéran sont tellement dénuées de fondement qui ne mérite aucun commentaire, et ces accusations sont si infondées qu’ils ne sont pas prêts à notifier le jugement à mon avocat. L’ordre a été donné à la cour d'appel et confirmé, pour sauver les apparences, alors que le jugement n'avait ni ma signature, ni celle de mon avocat. 

Cependant, je leur crie que même en m’exécutant par pendaison, ils ne peuvent pas nous effrayer, ni moi, ni mon peuple épris de liberté parce que je leur ai tellement fait peur qu’ils sont obligés de m’exécuter. Car la seule raison pour prononcer de tels jugements, c’est la crainte que leur inspire leur instabilité, et non le soucis d’équité et de justice.

Or, comme un père dont ont a exécuté les enfants, comme Farzad [Kamangar], Ali [Heydarian], Farhad [Vakili], Chirine [Alma-Houli] et Mehdi [Eslamian] qu’ils viennent de pendre et comme des milliers d'autres exécutés auparavant, que peut-on attendre de moi sinon le cri d’un Iranien croyant et épris de liberté :

Si tu brûles mon corps, ou si tu le transperces de balle
Où et quand pourras-tu
me voler mon cœur et mon amour pour ma patrie?

Si tout au long de ma vie j’ai passé 23 ans en prison, je n’ai pas réussi à remplir mon devoir vis-à-vis de Dieu, de mon peuple et de ma patrie. Peut-être que mon exécution contribuera à éveiller notre peuple.
A l’attention de mon peuple et de ma patrie je crie à nouveau

Que vaut ma vie, dans l'accomplissement de ta voie?
Vive la terre d’Iran !

Ainsi soit-il

Ali Saremi prisonnier politique
mai 2010

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