
Lors d’une conférence le 22 avril 2026, l’ancienne ministre allemande de la Justice, la professeure Herta Däubler-Gmelin, s’est adressée au Parlement européen, exhortant les dirigeants européens à prendre des mesures décisives pour soutenir la quête de liberté du peuple iranien. Elle a souligné cinq points essentiels pour orienter la politique internationale : l’arrêt immédiat des exécutions, la fin des conflits régionaux et le soutien à l’unification de la résistance iranienne.
La docteure Däubler-Gmelin a apporté son soutien sans réserve au Plan en dix points de Maryam Radjavi, le considérant comme un modèle viable pour une société démocratique et respectueuse de l’État de droit. Elle a fermement mis en garde contre toute tentative de restauration de la monarchie Pahlavi, rappelant l’héritage oppressif de la police de sécurité SAVAK et critiquant les propos discriminatoires tenus récemment par le fils de l’ancien Shah à l’égard des minorités, notamment les Kurdes.
Plaidoyer pour une société nouvelle fondée sur les valeurs européennes et la participation citoyenne, elle a appelé à rompre la trêve fragile et à instaurer une véritable stabilité. Son discours a souligné l’importance de la solidarité internationale pour démanteler la machine à tuer et remplacer l’oppression meurtrière par un cadre démocratique et juste. Son appel à l’action souligne l’urgence pour les gouvernements de soutenir résolument la liberté au Moyen-Orient.
Voici le texte du discours de Herta Däubler-Gmelin :
Madame Radjavi, honorables collègues du Parlement européen, c’est un plaisir d’être parmi vous. Ce n’est pas la première fois que je viens ici, car en tant que ministre allemande de la Justice et parlementaire allemande, je suis venue à de nombreuses reprises. Mais revenir ici est toujours un plaisir ; c’est un lieu propice pour promouvoir, défendre et promouvoir les normes et les valeurs européennes, la liberté, c’est-à-dire bien sûr l’État de droit et la paix, donc l’absence de guerre.
Je vous remercie donc vivement de votre engagement ici, au Parlement européen, pour aider le peuple iranien à accéder enfin à une société qui lui offre davantage de liberté, de participation, l’État de droit et, bien sûr, la fin de l’oppression meurtrière dont il souffre. Merci beaucoup.
Former German Justice Minister Herta Däubler-Gmelin: Iran’s executed youth were not criminals—they were freedom fighters.
She calls them heroes who died for #democracy, rule of law, and a better future for Iran. pic.twitter.com/u3W5vOFm3N— NCRI-FAC (@iran_policy) 20 avril 2026
Et je pense, chers amis, Mesdames et Messieurs, que c’est le moment idéal pour soutenir les revendications du président Radjavi et de ses alliés. Étant en retard, je n’ai pu que lire votre excellent discours. Je crois que tout ce qu’il faut faire est consigné ici. Que devons-nous demander à nos amis et collègues du Parlement européen ? C’est ce que vous avez dit, Monsieur : appeler sans cesse les dirigeants européens et nationaux à prendre des mesures résolues et, bien sûr, plus efficaces pour soutenir la liberté et, disons, une société nouvelle en Iran.
Beaucoup de choses ont été dites, permettez-moi donc de souligner les cinq points qui me semblent les plus importants. Le plus important est d’arrêter cette machine à tuer. Il incombe donc aux dirigeants européens, au sein de l’UE ou de nos gouvernements, de demander non seulement aux ambassadeurs, mais aussi à tous ceux qui négocient, de mettre fin immédiatement aux exécutions. Je pense que c’est notre premier point, et je remercie infiniment mes chers collègues du Parlement européen de votre engagement dans cette situation.
Deuxièmement, je voulais dire que l’Europe doit agir plus efficacement, non pas pour maintenir cette trêve fragile, mais pour mettre fin à la guerre. Cette guerre nous affecte tous, bien sûr, mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle nous devons agir. C’est parce que les Iraniens, les Libanais, les enfants, les écoles et bien d’autres, même nos amis israéliens, souffrent de cette guerre, et il faut y mettre fin, et vite.
Troisièmement, je pense que nous devons demander à notre gouvernement d’aider le mouvement de résistance à s’unir davantage. Je sais que vous faites votre possible, mais il s’agit d’un problème qui nécessite l’aide de tous nos pays. Quatrièmement, je voulais évoquer un bon plan pour un Iran démocratique et respectueux de l’État de droit : votre Plan en dix points. Je pense que vous devriez l’accepter. Il pourrait servir d’outil pour renforcer et appuyer les demandes de mesures plus efficaces de la part de nos gouvernements et des dirigeants européens.
Ce qui est intéressant, à mon sens, c’est que l’on constate aujourd’hui que certains individus ou pouvoirs politiques souhaitent un retour en arrière et réinstaller le fils du Shah, de l’ancien Shah. Pour moi, comme pour vous, lire ses déclarations à la presse a été une catastrophe. Ces derniers jours, des déclarations à la presse ont été faites, dans lesquelles il affirmait que ce qu’avait fait son père était une très bonne chose. Voyez-vous, en tant qu’étudiant à Berlin sous le Shah, je me souviens très bien de la police de sécurité SAVAK et de ses méthodes oppressives, non seulement en Iran, mais aussi envers les jeunes qui manifestaient à Berlin contre le Shah et sa politique.
Former German Justice Minister Herta Däubler-Gmelin on Iran's destruction of the Section 41 mass grave: “The intention of this shameful and heinous crime is very clear: they want to hide their crimes… They mustn't succeed. This has to stop immediately.”pic.twitter.com/7RTbYWr8My https://t.co/bx94w7gaRP
— Ehsan Eghbal Eslami (@Ehsaneghbale) 3 octobre 2025
Et bien sûr, ce que j’ai trouvé révoltant, c’est que nous savons tous combien il sera difficile de créer un Iran démocratique et uni. Ce sera un travail immense que de le faire de manière juste. Nous voyons ce qui se passe actuellement en Syrie. Nous savons donc ce qui nous attend si la mise en œuvre du plan en dix points devient possible. Mais ensuite, affirmer que les minorités devraient être discriminées, comme l’ont fait les déclarations du fils à l’encontre des Kurdes, est non seulement une catastrophe, mais un crime. Je pense donc qu’il est bon que nous soyons ici, unis et que nous soutenions ce que nous souhaitons. Encore une fois, merci à nos collègues du Parlement européen pour leur engagement.
Merci.

