mercredi, février 21, 2024
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André Chassaigne : l’élan révolutionnaire en Iran continue malgré la répression et nous le devons pour beaucoup aux unités de résistance

André Chassaigne : l'élan révolutionnaire en Iran continue malgré la répression et nous le devons pour beaucoup aux unités de résistance

« La révolution démocratique déclenchée en Iran depuis cinq mois contre la dictature religieuse poursuit les mêmes objectifs que la révolution qui a renversé le régime du chah en février 1979, c’est à dire la liberté, la démocratie, l’indépendance vis à vis des puissances étrangères », a déclaré André Chassaigne, vice-président du Comité parlementaire pour un Iran démocratique. Le CPID à l’Assemblée nationale française a tenu mardi une réunion sur la situation en Iran. Réunis à salle Colbert de l’Assemblée nationale, des parlementaires et des personnalités engagées pour la cause de la liberté en Iran ont apporté leur soutien précieux au peuple iranien et à sa révolution démocratique pour un Iran libre. Dans son intervention, le député du Puy-de-Dôme – Président du groupe Gauche Démocrate et Républicaine à l’Assemblée Nationale, a déclaré :

« Bonjour à tous, je voudrais vous saluer, saluer aussi les anciens députés qui sont présents. Je vois mon vieux camarade Jean-Pierre Brard, c’est lui qui, il y a quinze ans, m’a pris par la main et m’a fait découvrir la cause iranienne et je ne le remercierais jamais assez par rapport à ça. Ce n’était pas forcément facile de faire ce choix-là. Et moi je l’ai fait malgré des oppositions, malgré effectivement des tentatives de déstabilisation, comme si je n’étais pas suffisamment intelligent pour comprendre ce qui se passait. Et encore, on écoute très couramment, régulièrement des remises en cause, des choix que l’on a fait, que j’ai fait personnellement, que d’autres ont fait, que je ne regrette pas.

Je vais d’abord vous parler de la répression. C’est vrai, c’est une répression qui a franchi un cap terrible avec la multiplication des condamnations à mort. Depuis, la jeune Kurde Mahsa Amini, cette colère qui se développe avec les femmes, les étudiants, les salariés et le soutien d’une immense majorité de la population. Et pourtant une répression qui est sanglante. Et on se demande même comment, malgré cette répression, le peuple continue à être autant mobilisé. Il faut savoir qu’en Iran, vous le savez mieux que moi, constituer des syndicats, manifester, faire grève, exprimer des opinions, des convictions déplaisants aux gouvernants, c’est considéré comme des crimes, des crimes!

Que le régime iranien réprime en généralisant les sévices, la torture, en appliquant des peines terribles, en effectuant des exécutions arbitraires… et malgré cette répression incroyable, le peuple résiste. Et cette répression s’inscrit dans une volonté de créer une atmosphère de peur pour dissuader toutes celles et ceux qui voudraient lutter pour de justes revendications. Et quand même, le mouvement continue et s’amplifie et la détermination du peuple iranien est intacte.

En appelant à la chute du régime, tout en refusant bien évidemment un éventuel retour de la monarchie que certains verraient d’un très bon œil – soyons conscients en effet – que la révolution démocratique déclenchée en Iran depuis cinq mois contre la dictature religieuse poursuit les mêmes objectifs que la révolution qui a renversé le régime du chah en février 1979, c’est à dire la liberté, la démocratie, l’indépendance vis à vis des puissances étrangères. Faut-il préciser que cela signifie bien évidemment de refuser toute nostalgie pour les dynasties du passé. Et ce n’est pas un hasard.

C’est le deuxième point que je voulais développer. Si la colère et l’élan révolutionnaire continuent dans cette société malgré la répression, je tiens à le dire, nous le devons pour beaucoup aux unités de résistance formées depuis plusieurs années à l’intérieur du pays par l’opposition organisée et par les Moudjahidine du Peuple d’Iran, OMPI. Jamais ils n’ont cessé de défier la répression. Ils ont lutté continuellement contre le régime et ne font pas partie de ceux qui aujourd’hui sortent la tête sans avoir rien fait depuis des années.

L’OMPI, qui a lutté contre les régimes et aussi en s’attaquant aux symboles du régime pour encourager la population, je le dis en compagnon de route, je le dis en connaissance de cause puisque j’accompagne depuis sa création le Comité parlementaire pour un Iran démocratique, je peux témoigner, puisque je suis sans doute le plus ancien du CPD ici présent, je peux témoigner que malgré d’énormes obstacles sur son chemin, le mouvement CNRI/ l’OMPI n’a jamais relâché ses efforts.

Face aux obstacles tels que les exécutions et arrestations de ses membres, le terrorisme d’Etat, des diplomaties hostiles pour étouffer la cause de la démocratie en Iran, la diabolisation par les lobbies des mollahs dans les médias et je pourrais même dire l’instrumentalisation de certains opposants pour neutraliser le mouvement. C’est des choses qu’il faut dire.

Aujourd’hui, l’évolution du temps nous a donné raison en faisant ce choix-là. L’Iran est allé dans le sens de l’analyse que nous présentait ici même en janvier 2022, Madame Radjavi. Certains étaient présents lors de cette rencontre, elle nous disait qu’on avait en Iran une situation explosive sur le plan économique et social, que le régime se durcissait, devenait plus brutal et répressif et déjà laissait monter l’espoir d’une révolte que j’appellerais plutôt révolution.

Il est donc temps de tourner la page de ce régime anachronique que les Iraniens cherchent à jeter dans les poubelles de l’histoire. Il faut employer des mots forts. »

Il est donc temps que le gouvernement français et les gouvernements européens se placent aux côtés du peuple iranien et reconnaissent son droit à résister devant un tel régime et le droit de se défendre légitimement devant les forces répressives. Il faut que chacun prenne ses responsabilités. Nous, ici, les députés membres du CPID nous prenons nos responsabilités. Nous continuerons à marcher sur ce chemin. »