mercredi, février 21, 2024
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Les universités iraniennes et leurs étudiants constituent une menace éternelle pour les dictateurs

Les universités iraniennes et leurs étudiants constituent une menace éternelle pour les dictateurs
Attaque de la milice bassidj contre l’université en Iran

Des étudiants d’une université en Iran ont été attaqués par des membres des unités paramilitaires Bassidj – Soulèvement de 2022

Le 7 décembre marquait la Journée nationale des étudiants en Iran. Le 7 décembre 1953, trois étudiants furent abattus par les forces d’oppression du régime du Shah Pahlavi devant l’université de Téhéran. Ce jour-là, les universités iraniennes sont devenues le « bastion de la liberté » et sont restées fidèles à leur rôle d’avant-garde.

Le souvenir de cette journée nationale, également connue sous le nom de « 16 Azar », est resté vivant grâce aux cérémonies et aux manifestations organisées par les étudiants dans presque toutes les universités iraniennes. Malgré la répression brutale des manifestations étudiantes de 1953 par le Shah, les universités iraniennes sont restées le centre de la résistance, où d’innombrables jeunes rebelles ont été attirés par les mouvements d’opposition du pays, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) et les guérilleros Fedayine du peuple iranien. Ces étudiants sont ensuite devenus les figures de proue de ces mouvements, contribuant à sensibiliser la société iranienne et menant la révolution anti-monarchique de 1979.

Alors que Rouhollah Khomeini, le fondateur de la théocratie au pouvoir, a réussi à détourner la révolution, les universités ont été les derniers bastions de la liberté, s’opposant au régime arriéré des mollahs. Pendant que Khomeini tentait d’imposer son règne de terreur, déformant le véritable message de l’Islam, des dizaines de milliers d’étudiants universitaires iraniens assistaient aux cours du leader de l’OMPI, Massoud Radjavi, où il transmettait le message sur l’essence de l’Islam anti intégriste : la liberté.

Voyant la légitimité de son régime en jeu, Khomeini a appelé à la soi-disant « Révolution culturelle », et ses nervis ont pris d’assaut les universités, tuant et arrêtant ceux qui recherchaient l’objectif de longue date du peuple iranien : la démocratie, pendant la révolution de 1979. Des dizaines de milliers de ces étudiants et universitaires, pour la plupart des partisans dr l’OMPI, ont été brutalement massacrés au début des années 1980. Beaucoup d’entre eux constituent une grande partie de plus de 30 000 victimes du massacre de 1988.

Pour renforcer son emprise sur les universités, le régime des mollahs a créé plusieurs institutions et organes d’oppression dans les universités, chargés d’identifier et d’opprimer les dissidents. De nombreux agents du régime ont été envoyés dans les universités iraniennes en tant que « professeurs » ou « étudiants », sans aucune formation scientifique.

Pourtant, les mollahs n’ont pas réussi à contrôler le « bastion de la liberté ». En 1998, des milliers d’étudiants iraniens ont manifesté à Téhéran et se sont affrontés avec les forces de sécurité du régime. Malgré la forte répression du régime, les étudiants universitaires ont continué à s’opposer au régime. Ils ont joué un rôle de premier plan dans les soulèvements suivants de 2009, 2011, 2018 et 2019, ainsi que dans les grandes manifestations de 2022. En d’autres termes, le flambeau et l’étendard de la lutte pour la liberté se sont transmis de génération en génération dans les universités iraniennes.

Les étudiants iraniens ont joué un rôle très important lors des grandes manifestations de 2022, qui ont éclaté après la mort tragique de Mahsa Amini en septembre 2022 et ont duré environ sept mois.

Tandis que le régime et ses alliés, tentaient de ressusciter la monarchie depuis longtemps déchue, pour détourner les objectifs du soulèvement, les universités et les étudiants iraniens préservaient le caractère démocratique de la révolution en popularisant le slogan «à bas l’oppresseur, qu’il soit le Shah ou Mollah. »

La lettre écrite par Amir Hossein Moradi et Ali Younesi, deux étudiants d’élite arrêtés il y a quelques années pour l’accusation de soutien à l’OMPI, témoigne du courage et de l’engagement des étudiants en faveur de la démocratie et de la liberté en Iran.

« Nous célébrons le 16 Azar de cette année dans un contexte où la République islamique, craignant un soulèvement potentiel persistant jusqu’à l’obtention de la liberté, a procédé à des arrestations et à des exécutions massives. Simultanément, il vise à perpétuer un cycle de désespoir, avec peut-être l’intention de prolonger son maintien au pouvoir au milieu de cette interaction de peur et de désespoir. Cet effort s’est cependant révélé vain, incapable de contrecarrer les soulèvements de 1998, 2009, 2018 et 2019. Le régime est incapable d’empêcher le prochain soulèvement imminent », ont-ils écrit.

Moradi et Younesi ont expliqué en outre : « Les étudiants universitaires ont démontré leur importance pendant et après les soulèvements. Aujourd’hui, en tant que jeunes individus et intellectuels, ils ont la capacité de dissiper toutes les hésitations et théories infondées, telles que les spéculations du genre : « qui succédera au régime actuel ». La réalité est que personne n’est prêt à réussir. En effet, les régimes dictatoriaux, qu’il s’agisse de celui du Shah ou de celui des Mollahs, sont voués à l’effondrement, laissant la place à l’établissement d’une république véritable et démocratique. Cela souligne le rôle potentiel et impactant des étudiants universitaires, une force qui déstabilise le régime, l’incitant à intensifier son oppression contre les étudiants et leurs professeurs.

En un mot, les étudiants iraniens jouent non seulement un rôle majeur dans l’orientation de la société iranienne vers la liberté et la démocratie, mais ils sont également les gardiens de l’essence démocratique de la révolution. Comme l’ont écrit Ali et Amir Hossein : « Les étudiants ont montré qu’ils ne se rendraient pas dans ce combat, qui est notre véritable combat. »