lundi, septembre 26, 2022
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La présidentielle des mollahs: les Iraniens comptent boycotter la parodie électorale

Le scrutin pour l’élection présidentielle du régime iranien prend progressivement forme et il est déjà clair que la liste des candidats représente une longue histoire de services loyaux à la dictature théocratique. Parmi ceux qui se sont inscrits, il y a un certain nombre d’officiers de carrière dans le Corps des gardiens de la révolution des mollahs, ainsi que deux anciens chefs des organes de propagande du régime et des individus liés au terrorisme et aux violations des droits de l’homme en Iran.

On s’attend à ce que le processus électoral va consolider le pouvoir de faction «conservateur». Cette prédiction a été confirmée avant même le début de l’inscription des candidats la semaine dernière, car le Guide suprême et le Conseil des gardiens ont découragé et carrément interdit aux candidats «réformistes» de se présenter. Le terme «réformiste» est un abus de langage concernant le régime iranien. Le but du Conseil des Gardiens est de vérifier que tous les candidats sont absolument fidèles au système théocratique et au Guide suprême des mollahs ; il est donc impossible pour un vrai réformiste de pousser pour le changement.

Durant les huit dernières années de son mandat, le présumé président réformiste Hassan Rohani n’a tenu aucune de ses promesses électorales. Cela n’a jamais été aussi évident qu’en novembre 2019, lorsque le peuple iranien s’est soulevé et que les autorités ont répondu en ouvrant le feu sur la foule, tuant 1500 personnes. Ni Rohani ni aucun autre «réformiste» n’a agi pour arrêter ce massacre. Aucun ne l’a même critiqué publiquement ni reconnu un rapport ultérieur d’Amnesty International, qui montrait que des milliers de manifestants avaient été torturés dans les mois qui ont suivi le soulèvement.

Maintenant, la personne qui a supervisé cette torture en tant que chef de la justice iranienne est sur le point de se hisser en tête du scrutin présidentiel le mois prochain. Ebrahim Raisi est le candidat préféré du guide suprême du régime, Ali Khamenei.

Frustré par les crimes et les mensonges des deux factions «réformistes» et «extrémistes», le peuple iranien considère que les élections en Iran servent simplement à acheter de la légitimité pour le régime criminel. C’est pourquoi beaucoup d’Iraniens se sont joints à l’appel lancé par le principal groupe d’opposition, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI / MEK), pour boycotter l’élection et refuser à Téhéran de se parer d’un semblant de légitimité politique.

Une chose que la plupart des manifestations économiques ces dernières semaines ont en commun est qu’elles ont appelé au boycott de l’élection présidentielle. Les retraités et les jeunes ont scandé : «Nous n’avons vu aucune justice; nous ne voterons plus ». Des allusions aux slogans des soulèvements de 2018 et 2019, à savoir : la solution aux terribles problèmes sociaux de l’Iran ne peut pas venir de l’intérieur du régime, mais doit être le résultat d’un changement de régime par le peuple d’Iran.

Ce message a été rendu beaucoup plus explicite ces derniers jours lorsqu’une vidéo a commencé à circuler sur les médias sociaux iraniens, qui présentait l’appel d’un autre mouvement pour le boycott électoral. On y trouve un certain nombre de mères qui ont perdu des enfants à cause de la violence politique du régime lors du soulèvement de novembre 2019. «Nous voulons tous le renversement du régime des mollahs», ont-elles déclaré à l’unisson dans l’enregistrement. «Notre vote est le changement de régime.»

Cette même phrase est apparue dans des graffitis et sur des affiches en Iran ces dernières semaines, résultat des activités des «Unités de résistance» de l’OMPI.

Dans la vidéo mentionnée, une mère en deuil a déclaré que quiconque va voter le mois prochain ne faira que soutenir un régime qui a tué son fils et qu’elle «les tiendra responsables dans ce monde et dans l’au-delà». Un autre s’est adressé directement aux téléspectateurs et a déclaré: « Si vous nous aimez, si vous vous souciez du sang de nos proches, ne votez pas. »

Bien que chacun des participantes à la vidéo s’adresse principalement à leurs compatriotes iraniens, certaines déclarations peuvent être encore plus pertinentes pour les décideurs politiques occidentaux, dont beaucoup se sont accrochés pendant au moins huit ans au mythe selon lequel les responsables réformistes du régime iranien sont préférables que leurs homologues conservateurs.

Une femme a rejeté cette notion lorsqu’elle a déclaré: «Si notre vote était censé régler quoi que ce soit, cela se serait produit au cours des 40 dernières années, mais ce n’est pas le cas.» Elle a ensuite qualifié la répression de novembre 2019 comme le résultat direct de ces 40 ans d’oppression et donc comme un aperçu probable des choses à venir si le régime iranien continue de revendiquer sa légitimité à la suite de la parodie d’élection le 18 juin.

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