vendredi, décembre 2, 2022
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Iran – Deuxième anniversaire du massacre de membres de l’OMPI dans le camp d’Achraf – Vidéo

L'équipe du SWAT irakien qui a assassiné des membres de l'OMPI (Mujaheddin-e-Khalq, MeK) au camp d'Achraf le 1er septembre 2013

CNRI – Mardi a marqué le deuxième anniversaire du massacre du camp d’Achraf. Cinquante-deux dissidents iraniens non armés et sans défense, tous membres du principal groupe d’opposition iranien, l’Organisation des moudjahiddines du peuple d’Iran – OMPI (Mujaheddin-e-Khalq, MeK), ont été abattus et sept autres personnes, dont six femmes, ont été enlevées par les forces irakiennes à la demande du régime de Téhéran.

Les forces militaires du Premier Ministre irakien de l’époque, Nouri al-Maliki, ont ainsi exécuté de nombreux habitants au cours du massacre du 1er septembre 2013, via leur modus operandi habituel : en leur attachant les mains derrière le dos. Les résidents blessés, ceux qui avaient le statut de « personnes protégées » en vertu de la Quatrième Convention de Genève et ceux dont la sécurité était « garantie » sous la protection des Etats-Unis et des Nations Unies, ont ensuite été abattus y compris dans la clinique du camp.

Le 1er septembre, au moment du massacre, un très haut fonctionnaire de Washington, a reconnu dans un courriel, que l’administration Obama avait été alertée de l’attaque dès le début et était en contact avec l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad à ce sujet.

Le lendemain du massacre, György Busztin, représentant spécial adjoint du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Irak, visita le camp d’Achraf, et le 3 septembre, l’UNAMI (United Nations Assistance Mission for Iraq ndt) déclara:  » la délégation a constaté la présence de 52 corps dans une morgue improvisée à l’intérieur du camp. Tous les défunts semblaient avoir succombé à des blessures par balles, la majorité d’entre elles dans la tête et le haut du corps, et plusieurs avaient les mains attachées. La délégation a également constaté plusieurs bâtiments endommagés, dont un brûlé, et a pu observer une grande quantité d’explosifs. »

Le 19 septembre 2013, Catherine Ashton, représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères de l’époque, a confirmé que les otages étaient effectivement détenus dans une prison irakienne et étaient confrontés à une menace d’extradition vers l’Iran en violation du principe de non-refoulement. Le 19 novembre 2013, Amnesty International publia une Action Urgente : « les sept exilés iraniens enlevés le 1er septembre sont détenus par les forces de sécurité irakiennes dans un centre de détention non-officiel dans le centre de Bagdad. Ils risquent d’être torturés, de subir d’autres mauvais traitements et pourraient être renvoyés de force en Iran. »

Struan Stevenson, ancien Président de la Délégation pour les relations avec l’Iraq au Parlement Européen (2009-2014) et actuel Président de l’Association européenne pour la Liberté de l’Irak (AELI), a relaté de manière authentique le massacre du 1er septembre 2013 dans son livre « Self-Sacrifice: Life with the Iranian Mojahedin », publié en juin 2015. Dans le chapitre « Achraf : l’ultime cruauté », M. Stevenson raconte :

« Avec l’accord de l’ONU et des Etats-Unis, 101 habitants étaient restés dans le camp d’Achraf pour gérer les propriétés mobiles et fixes du camp, équivalent d’une valeur de plusieurs millions de dollars. Les avocats employés par les résidents d’Achraf pour négocier la vente de leurs propriétés ont été menacés et intimidés par le régime irakien, pendant que le Premier Ministre al-Maliki, agissant sous les instructions de ses commanditaires à Téhéran, et a coupé l’approvisionnement du camp en eau, en nourriture et en électricité fin août, pour tenter de chasser les habitants restants et pouvoir piller leurs biens.

« Le samedi 31 août 2013, vers minuit, plusieurs bataillons des forces militaires et spéciales du SWAT irakien, agissant directement sous les ordres du Premier Ministre Nouri al-Maliki, ont pris d’assaut le camp sous le couvert de l’obscurité. L’attaque a commencé à 6 heures du matin le 1er septembre. Des grenades antichars et des mortiers lance-roquettes ont été tirés dans les dortoirs du camp de réfugiés, et les résidents qui ont tenté de fuir ont ensuite été mitraillés et froidement abattus par des coups de grâce. Résultat : 52 morts et des dizaines de blessés graves. Beaucoup de résidents ont été menottés puis exécutés sommairement par une balle derrière la tête. Neuf résidents grièvement blessés ont été transportés à la clinique du camp par leurs collègues, mais ont ensuite été exécutés par des militaires irakiens sur leur lit d’hôpital. Sept résidents blessés, six femmes et un homme, ont été enlevés.

« Leur mission était clairement de prendre quelques otages et tuer tous les autres. Les 42 survivants étaient ceux que les tueurs n’avaient pas réussi à trouver, ce qui explique pourquoi le Général Jamil Shemeri, commandant de la police de Diyala qui avait personnellement pris part à cette opération, en apprenant qu’il y avait des survivants, avait exigé de savoir ‘comment diable ils avaient pu survivre ?’

« Le massacre méthodique se poursuivit le dimanche 1er septembre pendant quelques heures, et malgré des appels répétés à l’ONU et aux Etats-Unis pour les faire intervenir, aucun n’a réagit et n’est intervenu. Pendant les attaques, les résidents d’Achraf, eux, ont directement téléphoné à l’UNAMI, à l’ambassade américaine et au siège du CNRI à Paris.

En effet, certains des corps retrouvés plus tard, avaient encore un portable à la main. Le deuxième secrétaire à l’ambassade américaine de Bagdad, qui a été informé du massacre 30 minutes après son début, a répondu qu’il suivrait cette affaire de toute urgence. Mais ce ne fut que 12 heures plus tard, qu’un responsable local de l’ONU s’est finalement rendu sur les lieux.

Le massacre avait alors déjà pris fin. A ce moment-là, le gouvernement irakien était déjà en train de nier la présence de son armée dans le camp. Les médias internationaux, alors concentrés sur la guerre civile qui se déroule à ce moment-là en Syrie, ont complètement ignoré cette nouvelle atrocité à Achraf, pour laquelle il n’y a alors eu que peu ou pas de couverture. J’ai regardé des vidéos horribles, filmées lors des atrocités d’Achraf par certains résidents.

Dans l’un de ces films, on peut voir des soldats irakiens tirer à mort sur des civils non armés, puis repérer le caméraman et courir vers lui en lui tirant dessus. On peut aussi y voir des soldats défoncer une porte derrière laquelle le cameraman s’était caché. Sur la dernière image, on les voit élever leurs kalachnikovs et tirer directement sur la caméra, qui tombe alors au sol. Ce brave résident d’Achraf est mort en filmant ses propres assassins.

« Cet ultime massacre à Achraf était à la fois évitable et prévisible ; moi-même, ainsi que de nombreux membres du Parlement, des membres du Congrès, des sénateurs et des personnalités judiciaires et militaires en Europe et en Amérique, avertissions depuis des mois de l’imminence du massacre.

Fin août, les rapports de renseignement au sein de l’Iran ont clairement indiqué que les Mollahs ont vu dans la crise syrienne et dans l’inefficacité de l’Occident, une couverture idéale pour leur frappe brutale. Malgré les avertissements du Secrétaire d’Etat américain John Kerry et d’autres personnalités de l’inévitabilité d’une attaque, aucune mesure n’a été prise pour protéger les hommes et les femmes non armés d’Achraf, qui ont perdu la vie par la suite.

« Après qu’ils aient atteint leurs objectifs à Achraf et tandis que l’Occident continuait de débattre et de tergiverser sur la crise en Syrie, j’ai mis en garde sur la possibilité qu’ils prennent des mesures préventives similaires contre les 3000 résidents du camp Liberty.

Malgré le fait qu’ils soient théoriquement sous la protection de l’ONU, ces réfugiés avaient subi plusieurs attaques vicieuses au mortier, ayant engendré 10 décès. Toutes les preuves ont montré l’implication du régime irakien et de leurs alliés iraniens dans ces attaques.

« J’ai averti que si Ban Ki-moon, Ashton et Obama se tordent les mains en signe d’impuissance, l’assassinat d’innocents se poursuivra au même rythme. Téhéran et Bagdad, tous deux partisans du régime brutal d’el-Assad en Syrie, se réjouissaient du fait que l’Occident puisse simplement ignorer le gazage à l’aide d’armes chimiques de plus de 1400 personnes à Damas et l’assassinat par brûlure au napalm d’enfants dans une école d’Alep.

Quelle parfaite couverture pour leur propre assaut sauvage contre Achraf ! Je pense que le fait d’ignorer cette attaque criminelle et barbare contre Achraf équivaut à donner le feu vert pour un massacre à grande échelle au camp Liberty. Le supplice d’Achraf aurait pu être évité si l’Occident avait tenu compte des différents avertissements.

La liquidation du camp Liberty suivrait inévitablement, sauf si al-Maliki et ses commanditaires iraniens rendent des comptes. ‘Al-Maliki et ses voyous nazis doivent être inculpés pour crimes de guerre,’ dis-je. ‘L’Occident doit interrompre toute ai
de à l’Irak jusqu’à ce qu’al-Maliki soit arrêté.’

« L’affaire des sept otages n’a pas encore été résolu. Leur sort reste un mystère. Malgré des preuves claires indiquant qu’ils étaient détenus à Bagdad par le gouvernement irakien après le massacre, les Américains n’ont pas pris les mesures appropriées pour obtenir leur libération. »

Malgré la brutalité du massacre et le chœur des condamnations internationales, aucune enquête n’a jamais été menée par les Nations Unies et personne n’a jamais été tenu responsable, même si les identités des instigateurs et principaux coupables étaient évidentes dès le départ. « 

Au cours des deux dernières années, la Résistance iranienne a appelé à plusieurs reprises le Secrétaire Général des Nations Unies et le Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme à mener une enquête indépendante et exhaustive du massacre du 1er septembre, à traduire les coupables en justice et à ne pas permettre à Nouri al-Maliki et à Ali Khamenei (le Guide Suprême du régime iranien) de dissimuler ce grand crime contre l’Humanité.

 

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