mercredi, février 8, 2023
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Iran: Bush voit dans la livraison russe une raison de plus de faire pression

Agence France Presse – Le président George W. Bush a signifié lundi que le monde avait encore plus de raisons de faire pression sur l’Iran pour qu’il renonce à son attitude de défi, à présent que la Russie a commencé à lui livrer le combustible de sa première centrale nucléaire.

Si les Russes fournissent aux Iraniens l’uranium pour faire tourner leurs centrales civiles – "une idée que je soutiens -, les Iraniens n’ont pas besoin d’apprendre à enrichir" l’uranium eux-mêmes, a déclaré M. Bush à Fredericksburg, près de Washington.

"L’Iran est une menace pour la paix, et l’Iran sera une menace pour la paix si nous n’arrêtons pas" ses activités d’enrichissement, a-t-il dit.

Ainsi les Etats-Unis poursuivront mardi lors d’une conférence téléphonique leurs consultations avec les quatre autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne, pour s’entendre sur un troisième train de sanctions punissant le refus iranien de suspendre l’enrichissement.

L’administration Bush a assuré que la communauté internationale était unie dans la volonté d’obtenir une suspension et s’est employée à dissiper les inquiétudes que pourrait soulever la livraison de combustible nucléaire russe à l’Iran.

La Russie a annoncé lundi avoir commencé à livrer à l’Iran l’uranium devant servir de combustible à la première centrale nucléaire civile que les Russes construisent avec les Iraniens à Bouchehr (sud de l’Iran).

Parallèlement à la construction de Bouchehr, l’Iran mène son propre programme d’enrichissement pour produire son combustible et ne pas dépendre de l’étranger.

Les Etats-Unis et une partie de la communauté internationale s’inquiètent que ces activités ne soient détournées pour produire la matière nécessaire à la bombe atomique.

L’administration Bush a longtemps été réticente à la fourniture à l’Iran d’uranium russe, redoutant que l’Iran ne se serve du combustible usagé, une autre méthode pour fabriquer le matériau nécessaire à l’arme nucléaire.
 
Mais elle s’est montrée relativement confiante lundi dans le fait que la Russie avait pris ses précautions. La porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino a noté les assurances russes selon lesquelles la livraison s’était opérée sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui veille à la non-prolifération.

Elle a aussi fait valoir que la Russie s’était concertée avec ses partenaires "dès le premier jour".

"Nous n’avons donc pas d’objection", a-t-elle dit.

La Maison Blanche a répété son soutien à la proposition russe d’un consortium qui fournirait à l’Iran l’uranium nécessaire à ses futures centrales civiles et le récupèrerait une fois qu’il aurait servi. L’offre est censée convaincre le régime islamique de renoncer à enrichir lui-même.

M. Bush a fait valoir qu’avec le développement en cours de nouveaux missiles, l’Iran remplirait une grande partie des exigences pour avoir la bombe atomique et frapper Israël, le grand allié des Etats-Unis, s’il maîtrisait l’enrichissement.

"L’Iran représente un danger. Et nous allons continuer à travailler avec nos amis et nos alliés" pour obtenir la suspension de l’enrichissement, a-t-il dit.

Les Etats-Unis devaient avoir de nouvelles discussions mardi avec la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne sur le texte d’une résolution du Conseil de sécurité imposant de nouvelles sanctions, a dit un porte-parole du département d’Etat, Tom Casey.

La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a cependant elle-même reconnu récemment les divergences avec la Russie et la Chine sur de nouvelles sanctions.

Elles risquent d’avoir été accentuées par la publication récente d’un rapport du Renseignement américain. Celui-ci indique que l’Iran aurait arrêté en 2003 un programme secret de fabrication de l’arme nucléaire et paraît moins déterminé aujourd’hui à se doter de la bombe atomique que le Renseignement ne le pensait il y a deux ans.