samedi, février 4, 2023
AccueilActualitésActualités: NucléaireIran : Aveux sans précédent de Rafsandjani sur les efforts du régime pour...

Iran : Aveux sans précédent de Rafsandjani sur les efforts du régime pour l’acquisition de l’arme nucléaire

Iran : Aveux sans précédent de Rafsandjani sur les efforts du régime pour l’acquisition de l’arme nucléaire

 Rafsandjani : « Au début nous cherchions à obtenir cette capacité» 

Khamenei et Rafsandjani ont tous deux cherché à rencontrer Abdul Qadeer Khan 

Un quart de siècle plus tard, Rafsandjani confirme les révélations de la Résistance Iranienne sur les projets nucléaires du régime 

L’AIEA ne peut pas déterminer les PDM sans interroger Rafsandjani et Khamenei 

Ali-Akbar Hashemi Rafsandjani, ancien Président du régime iranien et actuel président du Conseil de détermination des intérêts de l’État et considéré le n°2 du régime depuis ses débuts, a fait des aveux sans précédent dans une interview sur les efforts du régime pour acquérir l’arme stratégique dès le début de son programme nucléaire et sur le fait qu’il n’a jamais abandonné cette idée.

On apprend dans cette interview publiée par l’agence de presse officielle IRNA le 26 octobre 2015, que Rafsandjani, tant à l’époque de sa présidence à la tête du Majlis et puis du gouvernement, ainsi que Khamenei tant à l’époque de sa présidence à la tête du gouvernement et puis en tant que Guide Suprême, ont tout deux personnellement suivi ce programme d’arme nucléaire du régime. 

Rafsandjani a reconnu que dès les première années du régime, il y a bien eu un programme clandestin nucléaire exhaustif, incluant la construction de sites secrets, l’enrichissement d’uranium, la fabrication de pièces de centrifugeuses, de la technologie laser et un réacteur d’eau lourde. 

Rafsandjani a également admis que « 80 à 90% du peuple iranien… adhéraient à l’accord [nucléaire] et en avaient assez [du programme nucléaire]. » Ainsi, il désavoue implicitement la propagande frauduleuse du régime qui prétendait pendant des années que le programme nucléaire était souhaité par le peuple iranien. 

Après un quart de siècle, il a également révélé des informations qui confirment la validité des révélations faites par la Résistance depuis 1991. Un grand nombre de faits reconnus par Rafsandjani, y compris son propre rôle dans ce programme depuis les années 1990 et pendant son mandat de Président, ont été mentionnés dans la série de révélations de la Résistance Iranienne, ainsi que dans un livre du CNRI intitulé « L’intégrisme islamiste, la nouvelle menace mondiale » (pp. 133-139). À présent, un haut dirigeant du régime vient admettre ce que celui-ci a  toujours contesté dans le passé. 

1. Dans cette interview, Rafsandjani  affirme : « Au moment où nous avons commencé, nous étions en guerre (Iran-Irak) et cherchions à obtenir cette capacité pour le jour où notre ennemi aurait recours à ce moyen. » Il poursuit impudemment : « Notre doctrine basique était de faire un usage pacifique de la technologie nucléaire bien que nous n’ayons jamais abandonné l’idée que si nous étions un jour menacés et que cela devenait impératif, nous aurions également la capacité de changer de cap [vers la bombe nucléaire]. »

2. Rafsandjani reconnaît dans son interview que Khamenei et lui ont cherché tous deux à rencontrer Abdul Qadeer Khan (le père de la bombe atomique pakistanaise) : « Il y a eu quelques discussions avec les Pakistanais. Il y avait un scientifique nucléaire du nom d’Abdul Qadeer Khan au Pakistan… Lors d’une visite au Pakistan, j’ai demandé à le rencontrer. Ils ne me l’ont pas présenté… Je me suis rendu deux fois au Pakistan.

Je ne l’y ai jamais rencontré. L’ayatollah Khamenei ne l’a pas vu non plus. Quoi qu’il en soit, pendant la guerre, nous cherchions tous deux à commencer le travail. Il semblait que M. Abdul Qadeer Khan lui-même pensait que le Monde musulman devait posséder l’arme nucléaire. Il croyait en cela et c’est lui qui a construit la bombe nucléaire pakistanaise, bien que cela ait pris beaucoup de temps. En tout cas, ils ont accepté de nous aider un peu. »

La Résistance iranienne avait précédemment annoncé que des commandants des pasdarans avaient rencontré Abdul Qadeer Khan au moins deux fois. En outre, selon les révélations du CNRI, Abdul Qadeer Khan a également rencontré une délégation de l’Organisation de l’Énergie Atomique du régime (OEAI).

3. A la question de savoir si « quelqu’un dans le pays vous a suggéré de vous diriger vers l’arme nucléaire ? Quelle a été votre réponse et quelle était l’opinion de Khomeiny et Khamenei ? » Rafsandjani a répondu avec imprudence : « Nous avons mis en œuvre une partie de notre activité nucléaire quand nous étions toujours en guerre, et l’Irak était proche d’accéder à l’enrichissement, quand Israël a subitement tout détruit.

Or, la première fois c’est notre force aérienne qui a utilisé quatre avions de chasse pour bombarder, le 20 septembre 1980, l’installation nucléaire irakienne d’Osirak qui était presque terminée et prête à recevoir du combustible… À cette époque, nous pensions tous devoir nous armer avec des moyens dissuasifs étant donné que la guerre n’était pas prête d’être terminée. Dans notre stratégie de défense nous gardions à l’esprit les paroles de l’imam Khomeiny qui avait dit que la guerre pourrait durer encore 20 ans ».

Ces déclarations de Rafsandjani révèlent indéniablement les intentions du régime pour l’obtention de l’arme nucléaire.

4. La confirmation de l’implication directe de Khamenei dans le projet de fabrication de la bombe intervient alors que le fascisme religieux prétend, dans sa propagande à l’étranger, qu’il a publié une fatwa interdisant l’arme nucléaire pour motif religieux. Une fatwa dont il n’y a aucune trace dans les documents écrits du régime et ne trompe que ceux qui cherchent un prétexte pour justifier leur complaisance à l’égard des mollahs.

Quelle étrange fatwa dont Rafsandjani n’est pas au courant et n’en fait jamais mention, mais dont les responsables diplomatiques du régime en font constamment référence et le Secrétaire d’État américain décrit comme «une déclaration extrêmement puissante sur les intentions de l’Iran». Une fatwa que les complaisants utilisent pour justifier leurs concessions au régime ?

5. Rafsandjani explique : « Pour le premier enrichissement ils ont préparé un lieu à Amir-Abad à partir de ce qu’ils avaient obtenus du Pakistan. Ils ont fait des préparatifs et nous sommes allés visiter. Nous avons préparé un atelier à côté de la salle pour construire nous-mêmes les pièces. Nous avons fournis les pièces spéciales, les matériaux et les métaux nécessaires. »

En novembre 1991, l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI) a dévoilé les communications secrètes entre Téhéran et le Pakistan sur les projets nucléaires, et a révélé que le régime avait attribué 5 milliards de dollars à sa coopération avec le Pakistan dans le domaine nucléaire (AFP, 16 novembre 1991).

6. Rafsandjani souligne que le projet secret de construction d’un réacteur d’eau lourde sous les massifs montagneux a débuté dans la vallée d’Alamut près de Qazvin. Il convient de rappeler que M. Mohammad Mohaddessin (un responsable du CNRI) a révélé pour la première fois, en juin 1991 (Washington Post, 26 juin 1991), que le régime avait commencé la mise en œuvre de son plan appelé « Grand Projet » pour fabriquer l’arme nucléaire à Alamut. Ce plan était connu dans les cercles du régime comme le projet « Mo’alem Kelayeh »

7. Rafsandjani ajoute : « La Corée du Nord faisait partie de ces pays qui étaient d’une certaine façon en avance dans ce domaine. Ils nous ont fait des propositions (…) Pour Ispahan nous avons signé un accord avec les Chinois pour construire l’UCF [Uranium Conversion Facility – Usine de conversion d’uranium]. Ils l’ont conçue en entier et ont commencé le travail et sont parvenus à quelques accomplissements. Lors de mon second voyage en Chine, le Président chinois… a signé un accord avec moi pour construire deux réacteurs nucléaires. »

Depuis 1991, la Résistance Iranienne a révélé à plusieurs reprises l’existence de collaboration entre l’Iran et la Chine dans le domaine nucléaire (Washington Post, 18 novembre 1991). Selon ces révélations, le 10 septembre 1992, lors d’une visite de Rafsandjani en Chine accompagné de plusieurs experts nucléaires, un accord secret global sur la coopération nucléaire avec la Chine a été signé, dont seulement quelques éléments avaient été rendues publiques. Le CNRI a révélé qu’un élément important de cet accord concernait le projet Ispahan. De plus, la Résistance a réussi, au fil du temps, à découvrir et révéler d’autres détails de la coopération nucléaire avec la Corée du Nord, dont la dernière en date remonte au mois de juin 2015.

8. Rafsandjani explique : « Nous avons construit un atelier sur la route de Damavand [route Téhéran-Damavand] et nous sommes parvenus au stade de la réalisation du premier test. »

Dans une conférence de presse à Washington le 20 février 2003, le Conseil National de la Résistance Iranienne a dévoilé cette entreprise nommée Kala Electric et son atelier fonctionnant sous la couverture d’une société de construction d’horloge. Malgré le fait que le régime ait interdit à l’AIEA d’accéder à ce site pendant de nombreux mois, finalement le prélèvement d’un échantillon environnemental dans la zone par les inspecteurs de l’AIEA a permis de confirmer que des centrifugeuses avaient été assemblées secrètement et testées à cette endroit. Des traces d’uranium hautement enrichi, utilisé habituellement dans la construction de la bombe nucléaire, ont été découvertes sur le site.

9. L’intervieweur, qui appartient au même clan que Rafsandjani, le décrit comme «un savant dans le domaine nucléaire » et écrit : « Lorsqu’il parle de laser et de fusion nucléaire et de sa différence avec la fission nucléaire, son savoir sur le sujet est étonnant. Bien que logiquement cela ne doive pas nous surprendre, sachant que dans l’histoire de la science nucléaire et de la formation de son industrie en Iran après la Révolution Islamique, Rafsandjani a incontestablement joué le rôle de principal soutien et fondateur. »

10. Les déclarations de Rafsandjani indiquent clairement que le régime a toujours cherché à tromper l’AIEA : « Nous n’avions aucun problème avec l’AIEA dans nos activités nucléaires. Parce que nous étions membre de l’AIEA et ils venaient et parfois signalaient certains problèmes et M. Amrollahi et ses amis leur répondaient. Pendant les premières années des activités, l’agence ne nous a jamais importunés, bien qu’elle ne nous ait pas aidé non plus ». Il ajoute « après mon gouvernement l’Occident a soudainement réalisé les avancées que nous avions faites dans de nombreuses domaines.»

11. Rafsandjani  révèle qu’il n’a négligé aucun effort pour l’aboutissement du programme nucléaire : « Cela m’importait tellement qu’à la fin de mon mandat, j’ai personnellement accordé, non pas de façon dactylographiée mais rédigée à la main, une allocation de 25 millions de dollars pour [le réacteur d’] eau lourde qui ne se trouvait pas encore à Arak, mais devait être construit dans la vallée d’Alamut de Qazvin. »

12. Rafsandjani, dont l’insolence est sans borne, ajoute : « Je pense qu’ils ont fait tout un vacarme pour rien. C’est dû au fait que les Monafeghine (terme péjoratif utilisé pour désigner l’OMPI) ont forgé un rapport sur Natanz où nous étions tout juste en train de creuser le site pour bâtir une installation souterraine. Et un vacarme international a commencé. L’Occident a utilisé cela comme prétexte pour affirmer que le site n’avait pas été déclaré à l’AIEA et que nous aurions dû le signaler. Ils ont déclenché un scandale. C’est après cela qu’ils ont commencé à faire obstruction à nos actions sous prétexte de transparence. »

A ce propos, dans son livre intitulé « Sécurité Nationale et Diplomatie Nucléaire », l’actuel Président du régime, Hassan Rohani, a écrit : « Tout se déroulait bien à Natanz et les experts avaient établi des plans pour faire fonctionner 54 000 centrifugeuses pour février 2003. Cela était avant qu’une conférence de presse de l’OMPI à l’été 2002 ne déclenche un vacarme. »

Selon la Résistance Iranienne, les déclarations de Rafsandjani représentent une preuve sans équivoque sur le fait que le régime iranien, sous la supervision directe de Khamenei et de Rafsandjani, a eu le projet d’obtenir l’arme nucléaire et ne l’a pas abandonné. La Résistance iranienne appelle le Conseil de sécurité de l’ONU, les pays du P5+1 et l’AIEA à demander immédiatement à interroger Khamenei et Rafsandjani et les autres dirigeants du régime. Sans quoi les investigations de l’AIEA sur les Possibles Dimensions Militaires (PDM) du programme nucléaire resteront incomplètes.

Secrétariat du Conseil National de la Résistance Iranienne

Le 27 octobre 2015