Agence France Presse – L’Iran continue d’entraîner des militants extrémistes irakiens, a accusé mercredi le général David Petraeus, plus haut gradé américain en Irak.
L’évolution du nombre des attaques liées à l’Iran contre les troupes américaines est cependant "incertaine", a affirmé le général Petraeus à un petit groupe de journalistes, au cours d’une mission d’inspection à Zourbitiyah (200 km au sud-est de Bagdad), sur la frontière entre l’Irak et l’Iran.
Interrogé sur la poursuite d’un soutien iranien présumé en armes et munitions aux extrémistes chiites irakiens, le commandant de la Force multinationale en Irak a répondu: "en toute honnêteté, nous l’ignorons. Cela n’est pas clair".
Mais "nous savons que l’entraînement (en Iran de militants irakiens) continue", a-t-il assuré.
Ces entraînements se poursuivent "à une échelle importante, (…) c’est un problème supplémentaire qui s’ajoute à un ensemble, (…) un accélérateur létal dans une situation en Irak où se posent déjà de nombreux défis", selon le général Petraeus.
Le recours aux "EFP (engins piégés à charge creuse) est resté à un bas niveau, jusqu’aux dix ou douze premiers jours de ce mois où nous avons constaté une hausse sensible de ces attaques. Mais au cours des derniers jours, elles sont à nouveau redescendues", a-t-il par ailleurs expliqué.
"Nous sommes incertains, nous ignorons s’il s’agit d’une véritable tendance, il nous faut attendre et observer la situation encore quelque temps", a ajouté le commandant en chef des troupes de la coalition.
Samedi, à l’issue d’une rencontre au Koweït avec le président américain George W. Bush, le général Petraeus avait fait état d’une nette augmentation depuis début janvier des attaques contre les soldats américains en Irak, perpétrées à l’aide d’engins iraniens, selon Washington.
L’administration américaine accuse régulièrement le gouvernement iranien de soutenir les violences en Irak en y envoyant des armes et en finançant des groupes extrémistes chiites irakiens, ce que les Iraniens démentent.
Les EFP, plus perfectionnés que les engins explosifs artisanaux utilisés sur les bords de routes, sont capables de percer les blindages. Ils ont causé des pertes considérables dans les rangs américains. Le commandement américain estime qu’ils portent la signature iranienne.
En octobre et novembre 2007, des responsables américains avaient fait état d’une diminution constante depuis trois mois de l’utilisation des engins piégés iraniens, y voyant le signe d’une baisse des envois d’armes iraniennes en Irak.
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, avait alors affirmé que cette baisse avait été constatée après une rencontre en août 2007 entre le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l’Iran ayant "donné des assurances" à Bagdad qu’il aiderait à arrêter le flot d’engins explosifs arrivant en Irak.
"Nous espérons évidemment pouvoir confirmer que les Iraniens respectent leur engagement (…) de cesser de financer, entraîner, armer et diriger les groupes extrémistes en Irak. Seul le temps le dira", a souligné mercredi le général Petraeus.

