mercredi, novembre 30, 2022
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Il y a eu crime contre l’humanité prémédité à Achraf – Sid Ahmed Ghozali

CNRI – « Il m’échoit l’honneur dans ces circonstances vraiment pénibles d’ouvrir cette séance que nous tenons grâce à l’hospitalité de l’Association Internationale pour les Droits Humains des Femmes, aussi la Fondation Danielle Mitterrand-France Libertés, le MRAP et l’International Educational Development (IED) », a déclaré l’ancien premier ministre Algérien Sid Ahmed Gozali à Genève le 19 septembre.

Il s’exprimait dans une conférence internationale en marge de la session actuelle du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, réuni pour condamner le massacre de 52 réfugiés iraniens à Achraf le 1er septembre par les forces irakiennes, et demander la libération de 7 autres pris en otages par les mêmes forces. Il était entouré notamment de Maryam Radjavi, présidente élue de la résistance iranienne et de Bernard Kouchner, ancien ministre français des Affaires étrangères.

Voici les moments forts de son intervention :

Au moment où j’ouvre cette rencontre, je dois, à la vérité, réprimer, surmonter un sentiment de douleur et de peine, pour pouvoir vous exprimer, en mon nom personnel, au nom du Comité Arabo-musulman pour la Défense des Habitants d’Achraf, nos condoléances.

En réalité, nous sommes de la même famille. Donc, nous nous présentons mutuellement nos condoléances. Que peut-on faire d’autre ? Que puis-je dire à Madame Bolourtchi quand elle m’apprend que son fils Rahman, 33 ans, faisait partie des personnes exécutées ? Ou bien la maman de Saïd, pour ne citer que les plus jeunes ? Au moment de l’établissement de l’OMPI à Achraf, il n’était pas encore né, il n’était pas encore né. Et ils étaient partis là-bas, décidés à ne partir que lorsque justice aura été rendue à la résistance iranienne.

Cette tragédie ne peut pas avoir pris par surprise les principaux acteurs de la communauté internationale. Car ce n’est qu’une des étapes d’une opération de génocide planifiée, préméditée, exécutée par phases, depuis au moins cinq années.

Achraf a été démilitarisé et désarmé par l’armée américaine en 2003. Et à travers des accords, des engagements que l’armée américaine a pris avec chacun des habitants d’Achraf, il était reconnu à cette population le droit à la protection par les Conventions de Genève. Et au moment de la passation de pouvoir en 2008 par les accords SOFA, quand l’armée américaine a passé le pouvoir à l’armée irakienne, c’était l’armée irakienne qui devenait responsable de la sécurité des habitants d’Achraf.

Mais ceci n’exonérait pas ni les États-Unis d’Amérique, ni la communauté internationale de leurs engagements et de leurs devoirs de protection de cette population.

Et c’est dès le départ des Américains, dès la passation de pouvoir, que cette action a commencé. La torture psychique, les attaques militaires. Cela a été l’embargo grandissant contre la cité d’Achraf. Cela a été en juillet 2009, l’incursion des forces militaires. Cela a été les 300 haut-parleurs pour torturer psychiquement et physiquement les habitants. Cela a été avril 2011. Et j’en passe. Cela a été février, et juin 2013. Et le 1er septembre 2013. Et chacune de ces incursions s’est traduite par des morts, des blessés.

Il est clair qu’aucun des acteurs ne peut s’exonérer de la responsabilité. Il y a crime contre l’humanité prémédité, planifié et exécuté durant des années. Et je suis témoin que l’OMPI et la direction de la résistance, depuis huit ans, n’a jamais cessé, quotidiennement, d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les risques et les menaces qui pesaient quotidiennement sur cette population.

Mais nous devons surmonter ce sentiment de douleur, parce que ceux qui sont morts, ils sont morts. Et il faudra bien un jour que ceux qui ont exécuté le massacre, ceux qui ont donné les ordres, ceux qui ont commandité, ceux qui ont cautionné, répondent devant la justice internationale pour crime contre l’humanité.

Ce qui nous préoccupe aujourd’hui, l’urgence, c’est les sept otages qui ont été pris et qui sont plus que jamais en danger. C’est pour cela que nous ne nous tairons pas. Nous ne cesserons pas d’interpeller le Haut-commissariat aux Droits de l’Homme dont les attributions précisément que comportent les cas de tortures et de massacres pour qu’il accomplisse ses devoirs.

Nous savons très bien les difficultés, nous savons très bien que le Haut-commissariat n’a pas tous les moyens physiques pour faire cela. Mais il y a un minimum, sur le plan de prise de position, sur le plan des alertes, que nous sommes en droit d’attendre de madame Pillay et du Haut commissariat qu’elle dirige.

Et c’est pour cela que nous lançons un appel très pressant, parce que ces personnes sont en danger. Ceux qui ont exécuté ces opérations étaient sûrs – nous avons des informations – étaient sûrs qu’ils avaient éradiqué tout le monde dans le camp. C’est ça le plan du régime iranien qui est à la base de tout cela, et qui agit pour éliminer la seule organisation de résistance qui est l’incarnation d’un islam moderne, de la démocratie, de la liberté d’expression, de la liberté de croyance.

Alors, Madame Maryam Radjavi, chère sœur, nous avons été de tout temps à vos côtés et nous les sommes et particulièrement maintenant. Nous devons savoir mobiliser toutes nos énergies pour sauver ces êtres humains. Et nous continuerons ensuite à réclamer justice, car il y a crime contre l’humanité, et ceux qui l’ont commandité, ceux qui l’ont conçu, doivent répondre.
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