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Il est « certain » que le groupe d’Iran Al-Qods fournit des armes à l’Irak

Propos du président Bush et de plusieurs hauts responsables américains

Par Stephen Kaufman, Rédacteur de l’USINFO

USInfo, Washington – Le président Bush a déclaré le 14 février, à l’occasion d’une conférence de presse, qu’il était « certain » qu’un groupe spécial de la Garde révolutionnaire iranienne, la force Al-Qods, fournissait des armes aux groupes qui s’attaquaient en Irak aux forces de la coalition. Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, prendront des mesures à l’égard des réseaux et des agents qui sont impliqués dans la fourniture de ces armes et dans leur utilisation.

Si les États-Unis ne savent pas si le président de l’Iran, M. Mahmoud Ahmadinejad, a ordonné à la force Al-Qods de fournir des engins explosifs incendiaires perfectionnés (EEI) aux Irakiens, ces bombes sont bien présentes sur le sol irakien et, a affirmé le président, les États-Unis « sont bien décidés à faire le nécessaire pour continuer à protéger les forces américaines contre leurs effets».

Qualifiant la force Al-Qods d’élément « fondamental » du gouvernement iranien, M. Bush a précisé que la plus grande préoccupation des États-Unis était « le désir de l’Iran de posséder l’arme nucléaire ».

Il a prôné une suspension « vérifiable » du programme nucléaire de l’Iran afin d’ouvrir la voie au dialogue entre les deux pays et exprimé le désir d’avoir la possibilité d’expliquer au peuple iranien que les États-Unis n’ont nullement l’intention de lui nuire.

La politique des États-Unis à l’égard de l’Iran « vise à convaincre le peuple iranien que de meilleurs moyens existent pour aller de l’avant, et j’espère que leur gouvernement entendra ce message », a-t-il souligné.
Lors de la conférence de presse qu’il a donnée le 14 février à Bagdad, le porte-parole de la force multinationale en Irak, le général William Caldwell, a parlé des preuves montrant que les EEI ou « explosifs perforants » étaient fabriqués en Iran et fournis à divers groupes extrémistes en Irak.

« Nous demandons au gouvernement iranien d’aider à mettre fin à cet état de chose », a-t-il indiqué, en ajoutant que la décision de parler publiquement du problème des EEI, qui avaient des conséquences dévastatrices lorsqu’ils étaient employés contre les forces de sécurité en Irak, reposait sur le fait que d’autres moyens de trouver une solution avaient échoué.

Le recours à ces engins contre les forces irakiennes et les forces de la coalition a augmenté de 150 % depuis janvier 2005. Ces engins ont causé la mort de 170 membres des forces de la coalition et fait plus de 620 blessés depuis 2004.

Selon le général Caldwell, outre les preuves matérielles d’armes d’origine iranienne, les forces de la coalition ont arrêté plusieurs officiers de la force Al-Qods qui « travaillaient manifestement pour le gouvernement iranien ».

Les détenus iraniens et irakiens interrogés, a-t-il indiqué, « nous ont d’ailleurs dit que la force Al-Qods soutenait les groupes extrémistes en Irak, tant avec de l’argent qu’avec des armes ».

Le message du président Bush à l’Iran, a expliqué le sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, M. Nicholas Burns, à l’occasion d’une conférence organisée le 14 février à l’Institut Brookings de Washington, est que les États-Unis « ne le toléreront pas » et que le gouvernement iranien doit y mettre fin.

Les activités terroristes n’épargnent ni les régions sunnites ni les régions chiites de l’Irak, ce qui est une cause de préoccupation pour les États-Unis, a dit M. Burns, ajoutant : « Ce qui rend le rôle de l’Iran si particulier, c’est qu’il s’agit d’un État », et c’est le gouvernement iranien qui est responsable des activités de la force Al-Qods, puisqu’elle est un « organe » de l’État.

« Le fait qu’un État intervienne pour fournir ces dispositifs est quelque chose de très important, quelque chose qu’on ne peut pas ignorer car l’une de nos principales responsabilités, c’est non seulement d’assurer la sécurité en Irak, mais aussi de protéger la vie de nos soldats », a-t-il rappelé.

Admettant qu’il est « inévitable » que l’Iran joue un rôle dans les affaires de son voisin, M. Burns a fait observer : « Nous n’avons jamais contesté un rôle pacifique de l’Iran destiné à aider les Irakiens à établir un Etat et à remettre sur pied leur économie. Mais nous réagirons, et continuerons de le faire, chaque fois qu’on essaye de s’en prendre à nos soldats ou lorsque l’Iran joue, peut-être indirectement dans ce cas, un rôle militaire. »

Il a réfuté les allégations selon lesquelles les États-Unis tentaient de provoquer un conflit armé avec l’Iran, déclarant que le gouvernement Bush pensait qu’au bout du compte ses initiatives diplomatiques en ce qui concerne les activités nucléaires de l’Iran seraient couronnées de succès.

« Il n’y a aucune raison pour que nous devenions impatients, et il y a tout lieu pour nous de faire preuve de patience et d’habileté et de concentrer notre attention sur une optique internationale », a-t-il déclaré. La proposition faite à l’Iran en juin 2006 par plusieurs pays, dont les États-Unis, de lui offrir des incitations, notamment un programme nucléaire civil en contrepartie d’une suspension temporaire de ses activités d’enrichissement et de retraitement de l’uranium, est« toujours valable ».

« Nous essayons d’engager le dialogue avec les Iraniens », a-t-il dit, en faisant état de l’offre de la secrétaire d’État, Mme Condoleezza Rice, de négocier personnellement avec le gouvernement iranien s’il acceptait ces incitations, et même d’aborder des questions autres que celles de ses activités nucléaires.
Selon M. Burns, un nombre croissant de pays sont en train de réagir au refus du gouvernement iranien d’écouter les préoccupations exprimées par la communauté internationale, y compris l’Agence internationale de l’énergie atomique et l’ONU, en ce qui concerne ses activités nucléaires.

« L’Iran s’écarte du compromis, et je pense qu’on commence à constater une tentative, de la part de l’Union européenne et d’autres pays, d’intensifier les pressions sur ce pays », a-t-il indiqué. Il pourrait être nécessaire, selon lui, que le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une seconde résolution à cet effet.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d’information internationale du département d’Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)