Par Brian Binley, député britannique*
The Hill, 5 mai – Avec le remplacement du secrétaire à la Défense Robert Gates par l’actuel directeur de la CIA, Leon Panetta, dans le cadre d’un plus large remaniement par le président Obama de son équipe de sécurité nationale, des questions se poseront quant à l’héritage que Gates a laissé au Moyen-Orient et plus particulièrement en Irak. Cet héritage est malheureusement peu louable pour lui.
Dans le paysage peu reconnaissable d’un Moyen-Orient changeant depuis le début de l’année, Gates et Obama ont semblé être perdus dans la tourmente des protestations. L’administration a été molle dans sa condamnation des gouvernements du Moyen-Orient réprimant les manifestants et a laissé la communauté internationale perplexe sur la position de l’administration d’Obama par rapport à l’ensemble du mouvement démocratique dans la région.
La situation en Irak est encore moins rose. Les liens étroits de Nouri Al-Maliki avec le régime iranien et la mainmise de ce régime sur le Premier Ministre irakien font que l’Irak tend à devenir un avocat du régime d’Iran, pas moins dans la manière que l’Irak traite le camp d’Achraf, qui abrite 3400 membres de l’opposition iranienne, l’OMPI, en Irak.
Le 8 avril, les forces irakiennes ont investi le camp d’Achraf et commis un massacre, faisant 35 tués parmi les habitants et plus de 350 autres blessés. Des jeunes hommes et femmes ont été touchés par balles à la nuque, la colonne vertébrale, au cou et aux poumons et au cœur avec l’intention de tuer. Cette intention est soutenue par l’emploi d’armes que l’on ne peut voir que dans un conflit armé contre une force ennemie, et pas contre un camp de réfugiés désarmés. Ce massacre est en fait l’aboutissement de deux années de harcèlement délibéré que les habitants du camp d’Achraf ont subi depuis que les militaires américains ont transféré le contrôle du camp aux autorités irakiennes.
Des députés britanniques et politiciens américains ont décrit l’assassinat des 35 civils non armés par les forces irakiennes comme un « massacre à la manière de Gestapo » et un crime contre l’humanité dont les auteurs doivent être punis. Nouri Al-Maliki a le sang de 35 résidents d’Achraf assassinés sur les mains et doit être traduit en justice pour répondre des crimes qu’il a commis.
Encore plus inquiétant est le fait que Robert Gates était en Irak au moment de l’attaque, comme il l’était en 2009 quand un massacre similaire a été perpétré, ce qui laisse croire qu’il savait pour l’attaque en cours et, en substance, avait donné son feu vert avec son silence aux autorités irakiennes.
Depuis l’assaut, les États-Unis n’ont accordé leur aide médicale qu’à 7 blessés, soit environ 2% de ceux qui ont besoin d’être soignés. Avec l’Irak refusant aux blessés les soins médicaux nécessaires, davantage de blessés pourraient mourir, faisant honte à Robert Gates en personne.
Robert Gates a laissé à ce jour un héritage profondément troublant en Irak, mais même à cette heure tardive, il peut sauver un peu d’honneur en veillant à ce que l’armée américaine fournisse toutes les mesures nécessaires pour soigner les blessés du camp d’Achraf et qu’elle garantisse la sécurité des résidents contre une attaque irakienne en prenant le contrôle de la sécurité du camp en présence de l’ONU. En agissant dès maintenant Robert Gates peut encore conserver un semblant de décence. S’il échoue, au contraire, alors il sera à jamais le Secrétaire américain à la Défense ayant abandonné des réfugiés qui ont été massacrés sous ses yeux.
Le personnel militaire américain n’a certainement pas versé son sang pour permettre à l’Irak de tomber toujours plus profondément dans les mains du régime corrompu de Téhéran. Leur sacrifice mérite mieux.
* Brian Binley est un membre du Parlement du Royaume-Uni Parti conservateur du Royaume.

