Radio 1 (Italie), 3 septembre – Aldo Forbice présentateur vedette de l’émission Zapping sur Radio1 a fait une interview avec un résident de la Cité d’Achraf en Irak :
Nous venons d’établir une liaison directe avec le camp d’Achraf en Irak. D’abord, je tiens à donner à nos auditeurs un bref rappel historique sur le camp, puis nous aurons une interview en direct avec un résident du camp. Il y a environ 3500 habitants dans ce camp. Ils y vivent en exil depuis de nombreuses années.
Radio 1 (Italie), 3 septembre – Aldo Forbice présentateur vedette de l’émission Zapping sur Radio1 a fait une interview avec un résident de la Cité d’Achraf en Irak :
Nous venons d’établir une liaison directe avec le camp d’Achraf en Irak. D’abord, je tiens à donner à nos auditeurs un bref rappel historique sur le camp, puis nous aurons une interview en direct avec un résident du camp. Il y a environ 3500 habitants dans ce camp. Ils y vivent en exil depuis de nombreuses années.
Ils sont tous membres du principal groupe d’opposition iranien. Depuis l’occupation de l’Irak par les forces américaines et britanniques, ces personnes qui sont membres de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI / MEK) ont rendu leurs armes et ne sont plus engagées dans des activités armées. En retour, les forces d’occupation ont assuré la protection et la sécurité des résidents du camp.
Dernièrement, il y a eu des attaques armées contre le camp par les forces irakiennes qui sont littéralement sous influence iranienne. Les Irakiens tentent de faire partir de force d’Irak les habitants du camp vers l’Iran ou un autre pays étranger. S’ils retournent en Iran, ils seront certainement torturés et exécutés. C’est désormais devenu une affaire internationale impliquant les Nations Unies, la communauté européenne ainsi que les pays occidentaux. Pour l’instant aucune solution n’a été trouvée. Dans la dernière attaque des forces irakiennes contre le camp, de nombreuses personnes ont été blessées. M. Ahmad Foruqi qui est un résident, nous raconte ce qui s’est passé là-bas.
Question : M. Forouqi, pourriez-vous nous dire quelle est la situation au camp d’Achraf, maintenant ?
Réponse : Nous sommes encerclés par les forces irakiennes qui ne permettent pas aux journalistes ou aux organisations de droits humains d’entrer dans le camp.
Question : j’ai parlé de 3500 hommes et femmes de nationalité iranienne qui sont membres de la Résistance iranienne. Quel est le nombre réel ?
Réponse : Nous sommes environ 3400 ici.
Question : Récemment, les forces militaires irakiennes ont lancé une opération militaire contre vous. Combien de personnes du camp ont été blessées ?
Réponse : Lors de l’attaque, que j’appelle plutôt un massacre et qui a eu lieu le 28 juillet, 500 personnes ont été grièvement blessées. Un des blessés est dans un état très critique. 11 autres ont été tuées et 36 personnes prises en otage. Pour protester contre cette attaque sauvage, les gens ici sont en grève de la faim depuis lors.
Question : M. Foruqi, lorsque l’attaque a eu lieu, est-ce que le camp n’était pas sous la protection des forces américaines ?
Réponse : Malheureusement, la seule action engagée par les forces américaines a été de prendre des photos et des vidéos de cette attaque sauvage par les forces loyales à Khamenei, pour leurs archives. Elles se sont simplement tenues à l’écart et n’ont rien fait !
Question : Êtes-vous en train de nous dire qu’elles n’ont rien fait pour empêcher cette catastrophe ?
Ahmad Foruqi : Non, rien fait. Chacun d’entre nous dans le camp a signé un accord avec les forces américaines en 2003. Selon cet accord, elles étaient responsables de notre sécurité. Cependant elles n’ont rien fait quand nous avons été attaqués.
Question : Est-ce que les blessés sont restés dans le camp ou transportés dans des hôpitaux irakiens ?
Réponse : Personne n’est allé dans un hôpital irakien. Plus de 90 pour cent des blessés sont à l’hôpital du camp. L’hôpital dans le camp est très petit et a un nombre limité de médecins et d’infirmières et d’équipement médical. Nous sommes confrontés à une grave pénurie dans ce domaine.
Question : Avez-vous demandé une aide à la Croix-Rouge internationale ?
Réponse : Comme je l’ai dit plus tôt, le gouvernement irakien à la demande du dictateur iranien, Ali Khamenei, a interdit à toute organisation internationale des droits de l’homme de se rendre dans le camp. Ils ne permettent même pas aux journalistes de venir. Cela montre que le gouvernement envisage un autre massacre.
Question : Donc vous voulez dire que le gouvernement irakien actuel mène des plans élaborés par Téhéran ?
Réponse : Les résidents du camp n’ont pas d’armes pour se défendre. En fait, comme l’a indiqué en février la télévision iranienne, les gouvernements de l’Irak et de l’Iran ont signé un accord pour mettre la pression sur les résidents du camp, car Achraf est l’obstacle le plus sérieux au développement de l’intégrisme islamique du régime iranien.
Question : Dans le passé, il y a eu des négociations sur la réinstallation des résidents du camp dans des pays européens et l’envoi de certains d’entre eux en l’Iran à condition que leur bien-être soit garanti. Je suis au courant de ces négociations. Avez-vous quelque chose à nous dire à ce sujet ?
Réponse : Comme je l’ai déjà dit, les Irakiens détiennent actuellement 36 de nos amis en otage. Bien que le tribunal de la ville de Khalis, et un juge indépendant ait ordonné la libération de ces personnes reconnues innocentes, malheureusement, Nouri al-Maliki, le Premier ministre irakien, à la demande du régime iranien s’est immiscé dans le système judiciaire et a empêché leur libération. Les 36 otages sont en grève de la faim depuis 37 jours et certains sont dans un état critique.
Question : Alors comme vous l’avez mentionné, une intervention internationale est nécessaire. Je veux dire, peut-être que l’ONU et l’UE doivent s’impliquer pour résoudre ce problème. Il s’agit d’une question humanitaire vu que les vies de quelque 3500 personnes sont en jeu et il est possible que ces gens meurent en Irak et personne ne veux intervenir. C’est vraiment une situation inacceptable. La vie de 3500 personnes est en danger et personne ne dit ou ne fait quelque chose et aucun journal n’écrit à ce sujet. Est-ce exact ?
Réponse : Oui. C’est exactement ça. Nous sommes dans une situation gravissime à présent et nous avons appelé à une action immédiate pour sauver la vie de ces personnes. Sinon, nous assisterons très prochainement à une tragédie humaine. Un des otages a perdu la vue en raison de la grève de la faim. Deux autres sont dans un état critique. En fait, je voudrais saisir l’occasion pour appeler toutes les organisations des droits de l’homme et l’ONU à intervenir de toute urgence. J’ai personnellement écrit une lettre à l’ambassadeur d’Italie à Bagdad et demandé qu’une délégation soit envoyée au camp dès que possible car je suis certain que si les pays démocratiques comme l’Italie ne condamnent pas ces crimes, les Irakiens vont en commettre d’autres encore plus sauvage. Si nous restons silencieux sur ces crimes, un gouvernement comme celui d’al-Maliki poursuivra ces actions criminelles.
Question : Malheureusement, les gouvernements et les pays ont gardé beaucoup de fois le silence sur ces questions. M. Foruqi, je vous remercie d’avoir participé à ce programme et de nous avoir fourni ces faits très intéressants. Nous ne resterons pas silencieux et vous recontacterons prochainement. S’il vous plaît continuer à faire ce que vous avez fait. Écrire des lettres aux ambassades et aux parlements de l’UE, aux gouvernements italien, français, britannique et à tous les gouvernements occidentaux, en particulier au gouvernement américain pour leur demander d’intervenir. Nous devons le faire savoir au monde entier car pour sauver la vie des 3500 hommes et femmes du camp d’Achraf il faut l’implication des gouvernements et des organisations internationales.

