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Les fanfaronnades des dirigeants iraniens face à l’affaiblissement de leur pouvoir

Les fanfaronnades des dirigeants iraniens face à l'affaiblissement de leur pouvoir
Des dizaines de cercueils drapés du drapeau du régime portent les visages des commandants du CGRI et des scientifiques nucléaires assassinés.

« Ils nous ont suppliés de ne pas frapper. Ils nous ont même donné les coordonnées de leurs propres bases. »

Par cette déclaration, Mahmoud Nabavian, directeur adjoint de la Commission de sécurité nationale iranienne, a affirmé que les États-Unis, craignant la riposte de Téhéran aux frappes israéliennes, leur avaient proposé une cible à frapper. « Nous n’avons pas accepté », a-t-il déclaré fièrement. « Nous avons frappé où bon nous semblait. » Pour les partisans les plus radicaux du régime, cela a été perçu comme une preuve de triomphe. Mais pour des yeux plus perspicaces, c’était une performance pathétique et creuse. Un régime qui parle fort non pas parce qu’il est fort, mais parce qu’il est terrifié à l’idée d’être vu pour ce qu’il est : acculé, affaibli et n’étant plus craint par ses propres fantassins.

Ce à quoi les dirigeants iraniens sont aujourd’hui confrontés n’est pas seulement un revers militaire, ni une simple réprimande internationale. C’est une convergence de crises – intérieures, régionales et mondiales – qui a privé la dictature cléricale de la profondeur stratégique qu’elle a mis des décennies à construire. Du palais présidentiel aux casernes du CGRI, la panique est indéniable. Et c’est l’effondrement de leur propre base de pouvoir, et non Washington ou Tel-Aviv, qui les effraie le plus.

Les plus hauts responsables du régime ont pris la parole sur les ondes avec un étrange mélange de fanfaronnade et de paranoïa. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a affirmé que Téhéran était « victorieux » après la guerre de 12 jours et a insisté sur le fait que ses « positions de principe » en matière de diplomatie demeurent inchangées. L’AIEA est désormais exclue des installations nucléaires iraniennes. À la télévision d’État, Mohammad-Javad Larijani a averti que l’Europe pourrait ne plus être en sécurité et que « cinq drones » pourraient bientôt frapper une ville européenne dont il n’a pas identifié le nom. Il a même évoqué avec scepticisme le fait que le président américain Donald Trump puisse être « touché au nombril » par un drone alors qu’il est en vacances en Floride – une rhétorique à la frontière entre fantasme et menace. Parallèlement, le quotidien Kayhan, dont la ligne éditoriale est perçue comme proche du Guide suprême Ali Khamenei, a ouvertement appelé à l’exécution du directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, l’accusant de complicité dans les frappes israéliennes.

Effondrement stratégique
Ces déclarations tonitruantes ne sont pas des signes de puissance. Elles sont le son d’un régime qui tente désespérément de projeter son autorité à un moment où il perd le contrôle.

Au niveau régional, les piliers de l’empire par procuration de Téhéran s’érodent. Le règne de Bachar el-Assad en Syrie, autrefois un allié acharné du régime, a disparu. Le Hezbollah est gravement affaibli et politiquement acculé au Liban. Les Houthis au Yémen, désormais contraints à un repli tactique, sont confrontés à une coalition fracturée et à des ressources en baisse. En Irak, même les milices chiites, autrefois obéissantes, se réorganisent – certaines prenant ouvertement leurs distances avec Téhéran afin de préserver leur légitimité locale. L’idée d’un front régional uni sous commandement iranien s’effrite.

À l’intérieur du pays, l’érosion est encore plus prononcée. La guerre de douze jours, quels que soient ses détails tactiques, a révélé à la base du pouvoir iranien sa vulnérabilité. Leurs célèbres arsenaux de missiles se sont révélés insuffisants.

Fissures dans la poigne de fer
Le régime n’ignore pas que les forces mêmes sur lesquelles il compte pour écraser la dissidence – commandants des Gardiens de la révolution, agents de renseignement, forces de l’ordre du Bassidj – sont désormais en difficulté morale. Ce ne sont pas des idéologues. Ce sont des survivants. Et ils doutent de plus en plus que le régime qu’ils défendent puisse survivre encore longtemps.

C’est pourquoi les dirigeants de Téhéran crient plus fort que jamais. Le Parlement vient d’adopter une loi radicale criminalisant pratiquement tout contact avec les gouvernements ou les médias occidentaux, prévoyant la peine de mort ou la réclusion à perpétuité pour tout, du partage de renseignements au partage de vidéos en ligne. L’utilisation de l’internet par satellite est interdite. La société civile est réduite au silence. Tout cela ne signifie pas une résolution, mais un recul. Non pas une force, mais du désespoir.

Il ne s’agit pas de glorifier les coups portés au régime par ses adversaires. L’enjeu n’est pas le pouvoir des autres, mais l’effondrement du régime lui-même. Pendant des décennies, Téhéran a subvenu à ses besoins en exportant la violence, en manipulant la diplomatie et en écrasant la dissidence sur son territoire.

Il ne reste qu’une dictature qui perçoit la peur dans les yeux de ses propres gardiens. Alors, elle se produit, haut et fort, sans relâche. Elle se vante de sa victoire tout en ignorant son propre isolement. Elle célèbre sa résilience alors que son économie s’effondre. Elle proclame sa force alors que les murs se resserrent.

Le monde ferait mieux d’écouter, non pas ce que dit le régime, mais ce qu’il révèle. Car derrière chaque rugissement se cache un tremblement. Et derrière chaque vantardise, un aveu. Plus les gardiens du régime perdent espoir, plus ceux qui ont résisté à cette tyrannie pendant près d’un demi-siècle gagneront en élan, poussés non pas par la fantaisie, mais par le sentiment croissant que la fin de la dictature cléricale est non seulement possible, mais à portée de main.