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Le système fiscal iranien : exploiter les travailleurs et protéger les riches

Le système fiscal iranien : exploiter les travailleurs tout en protégeant les plus riches

Les impôts représentent une part importante des dépenses des Iraniens démunis
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Un article du journal d’État, Bahar News, paru le 31 août 2025, met en lumière la dure réalité du système fiscal iranien, révélant que le fardeau pèse presque entièrement sur les travailleurs et les salariés. Le journal écrit : « Les impôts constituent un fardeau supplémentaire imposé à la classe ouvrière épuisée. Les salaires sont insuffisants, les loyers excèdent les salaires des travailleurs, et acheter la plupart des biens, y compris certains produits alimentaires de base, est devenu un rêve pour de nombreux salariés et retraités.»

Cette rare reconnaissance met en lumière la stratégie du régime visant à soutirer des revenus directement et indirectement aux travailleurs. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA), désormais de 10 %, s’applique même aux services de base tels que le ménage et la restauration, aggravant la pression quotidienne sur les familles à faibles revenus. Les statistiques officielles confirment cette pression : « En août, l’inflation ponctuelle pour les ménages a atteint 42,4 %, tandis que l’inflation annuelle s’élevait à 36,3 %.»

En conséquence, les travailleurs paient ce que les économistes appellent une « taxe inflationniste », tandis que, comme l’admet le rapport, « les riches, ceux qui profitent de la recherche de rente, les spéculateurs et les cambistes accumulent davantage de richesse à chaque hausse des prix.»

Les travailleurs portent le fardeau, les riches s’en tirent
Selon les chiffres officiels, au cours des quatre premiers mois de l’année en cours, le gouvernement a perçu 396 000 milliards de tomans de recettes fiscales. Une grande partie de ces recettes proviennent de l’impôt direct et indirect sur les salariés. En revanche, l’impôt sur la fortune ne s’est élevé qu’à 12 500 milliards de tomans, tandis que les ouvriers et employés des secteurs privé et public ont payé 70 000 milliards de tomans d’impôts.

Le militant syndical Kazem Farajollahi a résumé l’injustice sans détour : « L’Iran est probablement le seul pays au monde où les pauvres payent olus d’impôt que les riches. Le pourcentage et le montant de l’impôt, comparés aux revenus des travailleurs, sont supérieurs à ceux imposés aux riches.» Il a pointé du doigt les taxes cachées liées à l’inflation et la taxe à la consommation (TVA) comme les deux principaux outils d’exploitation, soulignant : « Les travailleurs perdent 10 % de la totalité de leurs salaires à cause de la TVA, tandis que la majeure partie des revenus des classes supérieures échappe généralement à l’impôt.»

Le rapport a également révélé une contradiction flagrante : les propriétaires de propriétés de luxe d’une valeur de plus de 100 à 200 milliards de tomans n’ont payé collectivement que 98 milliards de tomans d’impôts, tandis que les salariés vivant sous le seuil de pauvreté ont payé 70 000 milliards de tomans. Ces chiffres témoignent d’une politique délibérée visant à épuiser les pauvres et protéger les riches.

Les réseaux de pouvoir intouchables
Cependant, Bahar News évite d’aborder les racines profondes de cette inégalité. Pourquoi les propriétés de luxe et les véhicules à un milliard de tomans contribuent-ils si peu aux recettes fiscales ? La réponse réside dans les vastes empires financiers opérant sous la protection du Guide suprême du régime. Des institutions telles que l’Exécution de l’Ordre de l’Imam Khomeini (EIKO), la Fondation des Opprimés, l’Astan Qods Razavi et d’autres conglomérats contrôlés par le régime bénéficient d’exonérations fiscales considérables tout en bafouant la transparence économique. Cette « rente structurelle » bien ancrée permet à l’élite dirigeante d’amasser des fortunes colossales sans contribuer aux dépenses de la nation.

Le problème va bien au-delà des impôts injustes sur les travailleurs. Il reflète un système d’exploitation et de discrimination qui protège les affiliés du régime par des exonérations fiscales tout en prélevant sans relâche les ressources des salariés. Tant que ces exonérations et ces rentes perdurent, tout débat public au sein du régime sur la fiscalité ne sert qu’à entretenir ce système de pillage fondé sur les classes.

La question demeure : un tel arrangement peut-il empêcher une explosion de colère publique ? Lorsque la majorité de la société croule sous l’inflation, la flambée des prix et des impôts exorbitants, tandis qu’une minorité privilégiée liée à Khamenei accumule des richesses intouchables, la fracture sociale se creuse inévitablement et dégénère en crise.

Tout en exposant certains aspects de la pression fiscale sur les travailleurs, Bahar News évite de franchir la ligne rouge ultime : l’empire exonéré d’impôts des institutions liées à Khamenei et au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Pourtant, c’est précisément là que se trouvent les racines des inégalités et de l’exploitation.