vendredi, décembre 2, 2022
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Iran : Le gouvernement de Raïssi face à un véritable dilemme pour supprimer le taux de change préférentiel

Iran : Le gouvernement de Raïssi face à un véritable dilemme pour supprimer le taux de change préférentiel

Depuis qu’il a annoncé qu’il allait supprimer le taux de change officiel, le gouvernement d’Ebrahim Raïssi hésite à appliquer ou non cette décision. La montée en flèche des prix indique que le « juge pendu » et son gouvernement ont effectivement supprimé le taux préférentiel, mais qu’ils jouent à cache-cache pour éviter la colère populaire.

Quelques jours après l’approbation hâtive de la suppression du taux de change officiel par le Majlis (parlement des mollahs), Bahadori Jahromi, le porte-parole du gouvernement de Raïssi, a annoncé le 16 mars que la « monnaie préférentielle n’est pas encore éliminée », comme le rapporte le journal officiel Tejarat News.

La volte-face de Raïssi concernant la suppression ou le maintien du taux préférentiel a été raillée par les médias officiels et les économistes du régime.

« En supprimant le taux préférentiel, notre société perdra la capacité de fournir des médicaments. M. Raïssi a déclaré aux économistes qu’il ne supprimerait pas le taux de change officiel de 4200 tomans pour un dollar. Pourtant, il a fait marche arrière le lendemain et a envoyé un projet de loi visant à supprimer le taux préférentiel », a déclaré Hossain
Raghfar, économiste, cité par le journal officiel Did-e ban Iran le 28 avril.

« Les prix augmentaient quotidiennement avant l’élimination du taux de change officiel.

Maintenant, grâce au gouvernement qui se vante d’aider les pauvres [et de supprimer le taux préférentiel], les prix montent en flèche toutes les heures », a ajouté M. Raghfar.

Il a également reconnu que Raïssi se surpasse en parlant d’économie et s’est moqué de ses affirmations bidon, comme l’éradication de la pauvreté en deux semaines.

« Même un adolescent sait qu’on ne peut pas éradiquer la pauvreté en deux semaines. Le comportement de Raïssi ne peut être excusé. Comment le président d’un pays peut-il se permettre de dire des bêtises quand les gens parlent de leurs problèmes ? ». a demandé M. Raghfar.

Mohsen Zangeneh, membre de la Commission parlementaire du programme et du budget, a également reconnu les effets négatifs de la suppression du taux préférentiel.

« Nous devrions également tenir compte des prévisions d’inflation. Les annonces continues de Raïssi et de ses ministres sur la suppression ou le maintien du taux préférentiel ont des effets négatifs sur l’inflation et accélèrent son augmentation », a-t-il déclaré le 23 avril, cité par l’agence de presse officiel Mehr News Agency, un média affilié au ministère du Renseignement du régime.

« Parfois, le gouvernement doit mettre en œuvre certaines politiques de manière décisive. Retarder la mise en œuvre des décisions peut perturber la communauté et le marché et avoir des effets destructeurs », a-t-il mis en garde contre la réaction de la population.
Introduit pour la première fois en 2018, le taux dit préférentiel est devenu le taux de change officiel du pays pour contrôler la flambée des prix des biens de consommation.

La montée en flèche des prix a conduit aux premières grandes manifestations iraniennes en 2018, qui ont ébranlé les fondements du régime. Ces protestations se sont produites peu de temps après que le gouvernement soi-disant « modéré » d’Hassan Rohani ait trompé la communauté mondiale en remettant à Tehan une manne d’argent, confirmant une fois de plus que les sanctions ne sont pas principalement à l’origine du marasme économique de l’Iran.

Hassan Rohani et son gouvernement ont choisi de contrôler la fluctuation du cours de la monnaie. Eshagh Jahangiri, le vice-président de Rouhani, a d’abord annoncé l’existence d’un taux de change de 42 000 rials pour un dollar. C’est pourquoi ce taux est également connu sous le nom de « monnaie de Jahangiri ».

Faute de monnaie suffisante, le gouvernement Rouhani a commencé à imprimer des billets de banque, augmentant ainsi les liquidités alors que la production du pays restait inférieure à 3 %. Par conséquent, l’inflation et les prix ont commencé à grimper.

En outre, le taux de change officiel était initialement destiné à l’importation de produits de première nécessité tels que les médicaments et les denrées alimentaires. Or, comme toujours, les initiés du régime ont eu le privilège d’importer ces produits, qu’ils ont parfois revendus trois fois plus cher sur le marché.

« La corruption due à cette monnaie est estimée à 5,9 quadrillions de rials. Il convient de noter que le budget total du développement pour 2021-2022 est d’environ 1,4 quadrillion de rials », a-t-il ajouté, selon le quotidien officiel Keyhan du 10 novembre 2021.

L’objectif premier de Raïssi, en supprimant le taux de change officiel, est de diriger les ressources limitées de Téhéran vers la guerre régionale et le terrorisme et de maintenir l’appareil oppressif du régime en place. Mais la raison qui a retardé la décision du régime de mettre en œuvre la nouvelle politique monétaire est l’impact social et la peur des protestations du peuple.

Les protestations s’étendent à travers l’Iran et sont le fait de personnes de tous horizons, ce qui illustre la volatilité de la société. Les gens accusent le régime et ses politiques désastreuses d’être responsables de la sombre crise économique. Ils ne supportent plus la flambée des prix, ce qui donne froid dans le dos au régime.

« Nous devrions être sensibles à la hausse de l’inflation car elle rend la vie plus difficile pour les gens. L’inflation provoque une pauvreté absolue, brise le dos des pères et fait pleurer les mères honteuses qui ne peuvent pas nourrir leurs enfants », écrivait le 30 avril le quotidien officiel Etemad.

Et le régime craint que le chagrin des gens s’ajoute à leur colère envers le régime les déverse dans les rues comme ils l’ont fait en novembre 2019, et mette cette fois fin au fléau qui a détruit le pays ces 43 dernières années.

Alors, Raïssi pourrait-il continuer à donner des coups de pied dans la fourche ? Ou tout retard pourrait déclencher de nouvelles protestations ?

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