AccueilActualitésActualités: Droits humainsRapport de l'ONU : Ciblage systématique des sympathisants de l’OMPI dans un...

Rapport de l’ONU : Ciblage systématique des sympathisants de l’OMPI dans un contexte d’augmentation des exécutions en Iran

Rapport de l'ONU : Ciblage systématique des sympathisants de l’OMPI dans un contexte d'augmentation des exécutions en Iran
Conférence de presse du Conseil des droits de l’homme – Rapport de la Mission d’établissement des faits sur l’Iran – 18 mars 2024 | Photo ONU

Un rapport exhaustif de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le régime clérical iranien, présenté à la soixante et unième session du Conseil des droits de l’homme, documente une grave escalade du recours à la peine de mort contre des personnes en raison de leur sympathie présumée aux Moudjahidine du peuple (OMPI ou MEK). Les conclusions de la Mission mettent en lumière un système de discrimination structurelle et d’impunité persistante au sein du système judiciaire iranien, en particulier après les hostilités de juin 2025 et les vagues de manifestations qui ont suivi.

Le rapport constate une forte augmentation des exécutions tout au long de l’année 2025, soulignant qu’au moins 16 personnes ont été exécutées en raison de leur appartenance présumée à des groupes politiques, notamment ceux liés à l’OMPI. Selon ce rapport, début 2026, au moins 16 autres personnes, dont deux femmes, étaient toujours dans le couloir de la mort pour des accusations similaires. La Mission a noté que ces procédures judiciaires sont souvent menées sans garanties juridiques adéquates ni transparence.

Parmi les cas les plus marquants figurent les exécutions, le 27 juillet 2025, de Mehdi Hassani, 49 ans, et de Behrouz Ehsani, 79 ans, à Karaj. Le rapport détaille que Hassani a subi de graves sévices physiques lors de ses interrogatoires à la prison d’Evin, ce qui lui a causé des lésions médullaires permanentes. De plus, son exécution a eu lieu alors qu’une demande de nouveau procès était encore pendante devant la Cour suprême, et, fait notable, ni son avocat ni sa famille n’en ont été préalablement informés. La Mission a également documenté le cas de Behrouz Ehsani, détenu à l’isolement pendant plusieurs mois avant sa condamnation.

Le rapport examine plus en détail les conséquences fatales de la négligence médicale au sein du système pénitentiaire iranien, notamment en ce qui concerne le décès de Somayeh Rashidi en septembre 2025. Après son arrestation pour activités liées aux manifestations, Rashidi s’est vue refuser des soins médicaux adéquats malgré une dégradation rapide de son état de santé. Alors que l’agence de presse officielle du pouvoir judiciaire a par la suite justifié sa détention par une association avec l’OMPI, la Mission de l’ONU a souligné que le retard pris dans son transfert à l’hôpital avait causé un préjudice irréversible.

Malgré le climat de répression ambiant, la Mission a mis en lumière le rôle crucial de l’intervention internationale. La suspension de la peine de mort d’Ehsan Faridi est directement imputable au plaidoyer des procédures spéciales de l’ONU et des organisations internationales de défense des droits humains. La Mission a conclu que le maintien de cette pression internationale est essentiel pour empêcher le rétablissement de nouvelles condamnations à mort actuellement en appel.