
À l’occasion du quarantième jour de commémoration des victimes du soulèvement iranien de janvier, la campagne des mardis contre les exécutions en Iran a publié son 108e communiqué hebdomadaire, exprimant sa solidarité avec les familles des personnes tuées et réaffirmant son soutien aux manifestations nationales contre le régime en place.
La campagne a rendu hommage aux « familles courageuses » qui, lors des cérémonies commémoratives, ont choisi non pas le deuil, mais la détermination. Dans son communiqué, le groupe a exprimé ses « plus sincères condoléances aux familles et au peuple courageux qui, avec une ferme résolution, honorent la mémoire de leurs martyrs et, au lieu de se laisser submerger par le chagrin, ont renforcé leur détermination à poursuivre le combat jusqu’à la victoire. »
Révélations sur les crimes et échos des massacres des années 1980
Se référant à des documents, vidéos et photographies récemment publiés concernant la répression de janvier, la campagne affirme que ces éléments révèlent « des aspects du grand crime de janvier perpétré par le régime oppressif ».
Le communiqué cite directement une remarque du Guide suprême Ali Khamenei, affirmant que les preuves « confirment la déclaration inquiétante de Khamenei selon laquelle “le Dieu d’aujourd’hui est le même que celui des années 1980” ».
107th Week of #NoToExecutionTuesdays | Feb 10, 2026
Prisoners in 56 prisons continue hunger strikes as repression intensifies.
After the January uprising, tens of thousands arrested and many forced into confessions.
207+ executed in the past 3 weeks, including 2 women.
Lawyers… pic.twitter.com/GzYBvPqs0M— SIMAY AZADI TV (@en_simayazadi) 10 février 2026
Selon la campagne, l’ampleur de la violence rappelle « la dimension des crimes contre l’humanité et les massacres secrets des années 1980 et 1988 dans les prisons, dissimulés aux caméras et dont l’étendue reste encore inconnue ».
Des dizaines de milliers de personnes détenues, des centaines exécutées
Le communiqué avertit que « des dizaines de milliers de personnes détenues lors des récentes manifestations subissent des pressions et des tortures », les autorités envisageant de prononcer des condamnations à mort et de longues peines de prison.
La campagne a lancé un appel urgent : « Nous appelons toutes les instances internationales à agir immédiatement pour sauver ces prisonniers.»
In Iran, the “No to Execution Tuesdays” campaign marked its 108th week as prisoners in 56 prisons went on hunger strike, standing united against the regime’s killing machine.
Honoring the 40th day of the martyrs of the uprising, they warn of a return to the mass crimes of the…— IRAN HRM (@IranHrm) 17 février 2026
Elle a également indiqué que « depuis le début du mois de Bahman [fin janvier], plus de 300 prisonniers, dont trois femmes, ont été pendus.»
Parmi les personnes menacées figure Saleh Mohammadi, un lutteur de 18 ans arrêté lors des manifestations de janvier. Le communiqué précise qu’il « est condamné à mort à la prison de Qom et que sa vie est gravement en danger.»
Appel à la mobilisation citoyenne
S’adressant à la population iranienne, et en particulier aux familles des détenus, la campagne a exhorté : « Ne restez pas silencieux. Diffussez les noms et les nouvelles de vos proches. Faites entendre leur voix.»
Le mardi 17 février 2026, marquant la 108e semaine de la campagne, les prisonniers participant à l’initiative « Non aux exécutions le mardi » ont annoncé une grève de la faim coordonnée dans 56 prisons à travers l’Iran.
Ces établissements comprennent d’importants centres de détention tels que la prison d’Evin (quartiers pour hommes et femmes), la prison de Ghezel Hesar (unités 2, 3 et 4), les prisons d’Adelabad, de Sepidar, de Vakilabad et de Dizel Abad, ainsi que des dizaines d’autres prisons réparties dans tout le pays, de Téhéran et Karaj à Zahedan, Tabriz, Urmia, Sanandaj et Ilam.
La campagne a souligné que la grève de la faim représente une protestation collective des détenus contre le recours croissant à la peine capitale et la répression plus générale de la dissidence politique.

